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Religion et Peine de mort

mercredi 1er janvier 2003

Si les religions monothéistes du Livre (juive, chrétienne, islamique) ont poussé peu à peu les hommes à prendre conscience du caractère sacré de la vie, il faut bien reconnaître qu’elles ont amené aussi pendant des siècles, le fanatisme, l’intolérance, les guerres saintes, les massacres... Faisons un tour dans le passé et le présent.

Le judaïsme

Selon l’Ancien testament, meurtres, sacrilège, idôlatrie, débauche, adultère sont punis de mort. Cette peine apparaît cependant comme si répugnante qu’elle est effacée des statuts judaïques dès l’an 30 de notre ère. Aujourd’hui des voix critiques s’élèvent dans la communauté. En 1980, des organisations juives (Congrès juif mondial et associations de femmes) ont adressé à l’ONU une déclaration commune en faveur de l’abolition.

Le christianisme

A l’origine, les chrétiens s’opposaient à la peine de mort, mais dès le 4ème sièce, ils reconnaissent à l’Etat le droit de la prononcer et de l’appliquer. Au 13ème siècle St Thomas d’Aquin la justifie comme étant « pour le bien de la société ». Le mouvement abolitionniste se manifeste au 18e siècle mais, considéré par l’Eglise comme appartenant à l’esprit des Lumières, il est dit opposé à la tradition chrétienne. Ce n’est qu’après Vatican II (1962-1965) qu’on constate un revirement. En 1969, l’Etat du vatican abolit la peine de mort pour tous les crimes mais continue à reconnaître aux autorités civiles le droit de la prononcer. Toutefois, Rome a appelé à plusieurs reprises à la grâce pour des condamnés à mort. En 1974, la conférence des évêques américains se déclare contre cette peine, suivie en 1976, par les évêques canadiens et en 1978, par les évêques français. En 1987, les évêques belges déclaraient : « une société démocratique devrait être assez forte pour n’avoir pas besoin de la peine de mort pour faire régner la justice ». Lors de la parution en 1993 du nouveau catéchisme de nombreuses voix s’élevèrent regrettant que le texte relatif à la peine de mort n’exclue par le meurtre légal mais l’autorise « dans des cas d’extrême gravité »

Le protestantisme

Selon martin Luther, « la main du bourreau est celle de Dieu. C’est Dieu qui pend... ». Au XXe siècle, Barth et les théologiens protestants : la société est co-responsable de la criminalité. Le but de la punition doit être la réhabilitation du criminel. La peine de mort doit être exclue... sauf cas extrêmes. De tous temps dans la tradition protestante il y a eu des courants abolitionnistes. Par exemple, les Quakers, précurseurs en la matière.

Presque toutes les églises américaines sauf les baptistes du Sud sont en faveur de l’abolition, mais le « Mouvement de la majorité morale » (d’inspiration protestante) demande la réintroduction du châtiment dans les Etats où il était supprimé.

Le Bouddhisme

Cette religion n’a pas de Dieu. Bouddha est un guide et ses enseignements sont des conseils pour arriver à l’ Illumination. Le bouddhisme est totalement étranger à l’idée de vengeance, haine, désir matériel. Dans la société bouddhiste, le code des punitions tend uniquement à donner une protection contre les activités criminelles. Le châtiment doit améliorer le criminel, lui donner une chance de rachat. Prendre la vie de qui que ce soit est condamnable et la peine de mort est répugnante pour tout bouddhiste.

L’ Islam

Si la loi islamique (la Char’ia) prescrit la peine de mort comme l’une des nombreuses punitions possibles, elle n’a pas un caractère automatique. Il n’y a pas unanimité quant à savoir pourquoi et quand elle doit être appliquée. Un débat existe à ce sujet parmi les juristes et dans certaines sociétés musulmanes. La peine de mort reste cependant un châtiment exceptionnel répondant à des règles strictes ( plusieurs témoins par exemple, en cas d’adultère). Selon le Coran, il existe une alternative, c’est « le prix du sang » c’est-à-dire une amende remise à la famille de la victime qui peut la refuser et réclamer la mort.

En 1980, le Congrès mondial musulman s’est élevé contre la peine de mort de même que l’Union des Juristes arabes.

Citations

Celui qui anéantit un homme, c’est comme s’il avait anéanti le monde entier. Et celui qui sauve la vie d’un homme, c’est comme s’il avait sauvé le monde entier (Mishna)

Mon credo de non violence ne favorise pas le châtiment des voleurs ni même des assassins. Je ne peux en toute conscience être d’accord pour qu’un être humain soit envoyé au gibet. dieu seul peut prendre la vie car il est le seul à l’avoir donnée (mahatma Ghandi)

La haine ne sera pas vaincue par la haine, elle sera vaincue seulement par l’amour, elle est la loi éternelle (Dhammapada, texte bouddhique)

1 Message

  • Abolir Le 3 mai 2006 à 18:43

    Votre article était très bien,concis, clair et net. Cela m’a beaucoup aidé pour une recherche qui m’avait été confié et je vous en remercie encore.

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