Cuba : sanctions globales unilatérales. L’embargo des États-Unis contre Cuba a été instauré en 1961, en réaction à la révolution cubaine de 1959 et dans l’objectif de déstabiliser le gouvernement de Fidel Castro. Jusqu’à présent, les sanctions ont été un échec total. Le gouvernement cubain et le régime restent solidement en place, tandis que la santé et le bien-être de la population cubaine sont de plus en plus gravement affectés par les sanctions. En outre, Fidel Castro a exploité cette politique de sanctions à son propre avantage à l’intérieur du pays, notamment pour justifier ses violations des droits civils et politiques.
Angola : sanctions ciblées (armes, pétrole, diamants) multilatérales (ONU) contre le groupe d’opposition União Nacional para a Independência Total de Angola (UNITA, Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) depuis septembre 1993. Jusqu’à présent, les résultats ont été peu concluants. Cependant, aujourd’hui, avec un contrôle plus strict du régime des sanctions et de réels moyens pour veiller à la gestion efficace de ces sanctions, le comité chargé des sanctions contre l’Angola estime que les sanctions contre l’UNITA pourraient constituer un modèle à suivre. Le jugement final sur l’efficacité de ces sanctions doit donc être réservé.
Afrique du Sud : sanctions ciblées multilatérales (ONU), boycott culturel et sportif, boycotts lancés par des ONG sur des biens de consommation, de 1985 à 1991.
Ces sanctions sont particulièrement remarquables par le soutien dont elles ont bénéficié à l’intérieur du pays, de la part de la population noire majoritaire, d’Églises, de syndicats et de leaders en exil. Elles ont atteint leurs objectifs, puisqu’elles ont largement contribué au démantèlement du régime d’apartheid.
Yougoslavie : sanctions globales multilatérales (ONU) de 1992 à 1995, pendant la guerre de Bosnie. Une coopération internationale efficace a été mise en place pour l’application et le contrôle de ces sanctions.Ces sanctions ont eu un impact important sur le processus de négociation qui a abouti à l’accord de paix de Dayton, car elles ont contribué aux pressions exercées sur les hauts responsables serbes ; elles ont constitué le cadre des négociations et le principal moyen par lequel les négociateurs ont essayé d’obtenir des concessions de Slobodan Milosevic, et ont été levées après la signature de l’accord. Le régime de sanctions a eu un impact contre-productif sur la dynamique politique interne en Yougoslavie. En effet, beaucoup de groupes démocratiques réformateurs ont adopté une attitude ambivalente à l’égard des sanctions, les forces progressistes ont été affaiblies, et les forces nationalistes et extrémistes pures et dures renforcées.
Libye : sanctions ciblées multilatérales (ONU) de 1992 à 1999, sur l’aviation et l’armement, dans l’objectif de combattre le terrorisme international après l’attentat à la bombe contre un avion de ligne civil. Dans l’ensemble, on peut considérer que ces sanctions ont obtenu un succès partiel. Elles n’ont pas résolu le conflit, mais elles ont fourni un cadre de négociation essentiel dans lequel un accord a finalement été trouvé - exemple de l’efficacité que peuvent avoir les sanctions ciblées visant un objectif spécifique.
Rwanda : embargo multilatéral (ONU) sur les armes en mai 1994. Trop limité et trop tardif, cet embargo a été pratiquement inexistant. On peut affirmer qu’en matière de prévention du génocide, l’embargo sur les armes imposé au Rwanda a été un échec total.




