Le territoire de Hong Kong est soumis, depuis le 1er juillet 1997, à la Basic Law, une Constitution a priori libérale rédigée par la Chine. Elle garantit les droits humains fondamentaux (libertés d’opinion, de presse, d’expression, etc.), mais son article 23 a toujours inquiété les démocrates. Il précise en effet que la région sous administration spéciale de Hong Kong, qui dispose de son parlement, « promulguera ses propres lois visant à interdire tout acte de trahison, de sécession, de sédition, de subversion à l’encontre du gouvernement central du peuple ». Il ajoute que ces lois devront « interdire à toute organisation d’origine étrangère de mener des activités politiques dans la région, et interdire aux organisations de la région de nouer des liens avec des organes politiques étrangers ».
Une période de consultations sur les propositions concernant la mise en œuvre de l’article 23 a commencé le 25 septembre. Amnesty s’inquiète du fait que la nouvelle loi ressortira pleinement ses effets d’ici le milieu de l’année 2003 sans tenir compte de l’avis des habitants de Hong Kong. Les termes des propositions actuelles sont très vagues et laissent craindre un recul du respect des libertés fondamentales. Elles envisagent par exemple de permettre à la police de mener des perquisitions et de procéder à des saisies de matériel sans délivrance d’un mandat par un tribunal. La même préoccupation prévaut à Macao, une autre ex-colonie retournée récemment sous le giron chinois, et qui doit elle aussi adopter ce type de législation.
Les organisations de défense des droits humains qui utilisent Hong Kong comme base pour étudier ce qui se passe dans le reste de la Chine sont fortement inquiètes, tout comme les syndicats indépendants. « Il est clair que des abus, qu’il s’agisse de manœuvres d’intimidation ou de harcèlements, seront possible », a récemment déclaré Lee Cheuk-Yan, Secrétaire général de la HKCTU (Confédération des syndicats de Hong Kong) à la CISL (Confédération internationale des syndicats libres).




