Après la procédure de canonisation la plus expéditive de l’histoire du Vatican, José Maria Escriva de Balaguer (il a été anobli par Franco) siège aujourd’hui à l’extrême droite de Dieu. C’est un grand encouragement pour tous les financiers de ce monde car, oui, Balaguer nous l’a promis, on peut devenir saint en consacrant sa vie aux affaires et en étant membre de l’Opus Dei.
Cette organisation appelée par les uns « maçonnerie blanche » (du fait de la réserve imposée à ses membres), et par d’autres « mafia blanche » (allusion aux milliards brassés) a été fondée par Balaguer en 1928. Il a alors 26 ans. Issu d’un milieu misérable dont il a honte et ne parlera jamais, il ressent très tôt un attrait irrésistible pour l’argent et le pouvoir. Traumatisé par ce qu’il ressent comme une montée du marxisme en Espagne, il vouera sa vie à la lutte contre le communisme. Allié inconditionnel de Franco depuis le début de la guerre civile, Hitler a droit à toute son indulgence. « Hitler contre les Juifs, Hitler contre les slaves, cela signifiait surtout Hitler contre les communistes ».
Sur le plan moral, les membres de l’Opus se doivent d’obéir aux injonctions purificatrices de leur fondateur. Tout en ressassant jusqu’à l’écœurement les mots de viril et virilité, celui-ci prône pour ses fidèles le célibat et la haine du corps qu’il faut mortifier.
Voici quelques extraits de son livre « Camino » qui est la bible de ses adeptes. Sur le mariage : « Le mariage est bon pour les troupiers, pas pour l’État-Major du Christ ». Sur les enfants : « Le désir d’enfants ? Mais nous laisserons des enfants, beaucoup d’enfants si nous sacrifions l’égoïsme de la chair ». Sur la place des femmes dans l’Opus. « Les femmes n’ont pas besoin d’être savantes. Il leur suffit d’être sensées ». Sur le corps : « Si tu sais que ton corps est ton ennemi et l’ennemi de la gloire de Dieu et de ta propre sanctification, pourquoi le traites-tu avec tant de mollesse ? ». Sur le combat à mener : « La Sainte Église est comme une grande armée. Nous, nous n’échouerons jamais ».




