Dynasties et empires se sont succédé dans ce vaste territoire hindouiste au cours des siècles, jusqu’à ce que l’Inde accède à l’indépendance en 1947. Les États musulmans de l’ancien empire des Indes font sécession et donnent naissance au Pakistan. Mais dans un contexte de semi-autonomie, le Maharaja refuse de se soumettre : les troupes pakistanaises envahissent une partie de la région en 1947, incitant le souverain à demander assistance à Nehru. Ce dernier offre son appui militaire moyennant l’intégration à l’Inde. En 1948, alors que le Pakistan occupe le nord et l’Inde le sud, les Nations Unies négocient un cessez-le-feu. Une résolution préconise un referendum sur l’appartenance à l’Inde ou au Pakistan, et le retrait des forces pakistanaises.
Durant la guerre froide, les alliances s’étendent, vers l’Occident et le Moyen-Orient pour le Pakistan, et l’URSS pour l’Inde. C’est sans compter sur la Chine qui, entre 1960 et 1962, récupère une partie de l’est du territoire. Inquiète face à ce voisin puissant, l’Inde mise désormais sur un programme nucléaire ; Islamabad embraie…
Fin des années ’80, à l’issue de la victoire afghane contre l’Union soviétique, le mouvement insurrectionnel s’islamise et s’équipe avec l’aide du Pakistan. Une scission s’opère entre les pro-Pakistanais et les pro-Cachemiris. À partir de 1995, des combattants du jihad venus de l’extérieur accentuent la pression. L’Inde crée un corps d’élite spécial chargé de lutter contre l’insurrection, implique une division de la police pour donner l’impression d’un support local et récupère d’anciens militants qui opèrent en toute liberté, les fameux « renegades ».
Les attentats du 11 septembre 2001 provoquent un véritable séisme. Le mouvement indépendantiste se fractionne au sujet de l’alliance entre Musharraf et les USA. Certains groupes armés sont désormais bannis par l’admnistration Bush et les tensions entre différentes factions s’accentuent. La croisade américano-pakistanaise contre le terrorisme déstabilise l’Inde qui tentait justement un rapprochement avec les USA. Prétextant la fuite de terroristes depuis le Pakistan et l’Afghanistan, l’Inde tente désespérément d’impliquer l’ « Oncle Sam » dans le conflit indépendantiste.
Le Pakistan estime que ce territoire à majorité musulmane lui revient de droit, ce qui ne résout par le problème d’identité de la population. Bien que les troupes se renforcent de part et d’autre de la ligne de contrôle, les avis sont partagés quant à l’éventualité d’une nouvelle guerre qui déstabiliserait la région : des spécialistes l’envisagent sérieusement pour les prochains mois, alors que l’Occident croit plutôt en une réaction épidermique.
Quant à la violence interne, elle s’intensifiait encore lors du lancement du scrutin régional qui doit s’ étaler sur les mois de septembre et octobre.
Boycotté par les séparatistes musulmans, le processus électoral se déroule dans un climat de peur, de violences et de craintes de fraudes électorales.




