« Je pense en avoir soulagé plusieurs. Je sais n’en avoir guéri aucun ». Patrick Declerck, psychanalyste et anthropologue, a côtoyé les clochards de Paris pendant plus de 15 ans. Sa thèse de doctorat, publiée chez Plon, est le best-seller le plus inattendu de l’année. On ne sort pas indemne de son ouvrage, qui répond de façon approfondie à nos questions sur ce monde de l’extrême exclusion : Qui sont les clochards ? Comment sont-ils aidés (s’ils le sont) ? Comment vivent-ils ? Des récits incroyables, des zones de non-droit à nos portes : on repense aux récits de Jack London, datant d’un siècle et visiblement encore d’actualité.
On se rend compte que les clochards sont des êtres en profonde souffrance, physique et mentale, qu’ils survivent à grand-peine, avec des moyens a-pragmatiques. Qu’il est néanmoins difficile, voire malsain, de s’identifier à eux et des les trouver sympathiques. À ce sujet, l’analyse des services d’aide (sociale, médicale, etc.) faite dans l’ouvrage est assez complète et surtout innovante. Elle s’applique à de nombreuses autres populations fragilisées, mais aussi à tous ceux qui ont envie de réfléchir à ce qui est proposé comme aide aux populations fragilisées qui sont très, très proches de nous : Que pouvons, que devons-nous faire ? En avons-nous envie ?




