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Football et violence, les noces barbares

2002

Révélé au monde entier par le drame du Heysel, le phénomène de la violence dans et autour des stades de football est, 17 ans après les 39 morts de Bruxelles, loin de refluer. La sécurisation des stades grâce à leur modernisation, l’installation de caméras et l’omniprésence des forces de l’ordre a permis d’éviter de nouvelles tragédies dans les tribunes. Le hooliganisme s’est toutefois adapté pour conquérir de nouveaux espaces. Quels sont les ressorts de cette violence et qui en sont les acteurs ?

Du skinhead apparu à la fin des années ’60 au casual en polo Ralph Lauren des années ’90, le profil du hooligan a évolué, même si la violence est restée sa « marque de fabrique ».

Né, au cours des années ’60, dans les faubourgs populaires de Londres et dans les villes industrielles de Grande-Bretagne, le hooliganisme a rassemblé au départ les jeunes issus de la classe ouvrière. À une époque de profonde mutation sociale, les tribunes sont devenues le dernier lieu où défendre une identité propre liée à un espace (un quartier, une ville, une région, un pays) ou à des valeurs en crise (la masculinité, la nation).

Parallèlement, en réaction au courant hippie, un mouvement de mode apparaît dans l’est et le nord de Londres. Le crâne rasé, en jeans et Doc Martens, les skinheads déboulent dans les gradins et finissent par associer durablement leur image ultra agressive au football anglais.

Le hooliganisme BCBG

Aujourd’hui, le hooligan du week-end est souvent un personnage beaucoup plus ordinaire. Si les cheveux sont souvent courts, le hool des années ’90 porte des vêtements BCBG - la chemise polo Ralph Lauren a la cote - et se qualifie lui-même, en référence à ses vêtements, de casual [1].

Face au renforcement du contrôle policier dans son propre pays, c’est désormais à l’étranger, dans le cadre des déplacements de son club favori, qu’il assouvit sa soif de violence. Ne portant ni écharpe ni drapeau, les nouveaux hooligans voyagent incognito, hors des contingents habituels de supporters, et délaissent les transports en commun au profit de véhicules privés. Loin du cliché du jeune chômeur désœuvré des années 80, le casual est souvent bien intégré socialement. S’il est apparenté aux classes populaires de par ses origines, il a évolué vers les classes moyennes : il travaille et gagne suffisamment bien sa vie pour financer ses lointains et coûteux voyages. Parmi les hooligans arrêtés lors de la Coupe du Monde en France, figuraient des travailleurs du tertiaire, pères de famille presque quadragénaire et dotés d’un crédit immobilier.

Quant à la violence, elle aussi a changé, s’orientant résolument vers une forme de guérilla urbaine plus organisée que la traditionnelle émeute des années ’80. Le stade et ses alentours devenant un espace totalement contrôlé par la police, les affrontements se font en ville, près des gares, voire dans des endroits isolés lors de rendez-vous fixés à l’avance. Les tribunes servent à rassembler les « troupes », à se compter et à partager, tout comme leurs aînés des années ’60, le sentiment de former un groupe de « résistants » à une inéluctable évolution vers une société mondialisée et multiculturelle.

Les curve et les kops sont des lieux de défi à la légitimité. Leurs occupants reprennent à leur compte ce que les autres méprisent : aimer un vieux sport, être un groupe de jeunes mâles, faire masse, être dur, raciste, fier de son appartenance au monde de petits Blancs, mais aussi ouvert à tous les exclus des évolutions de la société, analyse Patrick Mignon, sociologue à l’université de Paris-VI [2].

Foot et extrême droite

Rassemblement d’hommes jeunes cherchant à s’affirmer au sein d’un groupe par la violence et une virilité exacerbée, les noyaux durs des clubs de foot peuvent apparaître comme de véritables viviers pour l’extrême droite.

La réalité est pourtant plus nuancée, suivant les pays et les clubs. C’est en Italie que la politique a le plus profondément pénétré les tribunes. Depuis plusieurs années, lors de chaque match à domicile de la Lazio de Rome, un virage entier du stade olympique, soit au moins 10.000 supporters, est presqu’exclusivement occupé par les Irriducibili. Ces ultras revendiquent ostensiblement leurs sympathies néo-fascistes en arborant des croix celtiques et en entonnant des hymnes mussoliniens [3]. Les dérives racistes contaminent bien d’autres clubs italiens, surtout dans les villes du nord. À un tel point que le président du club de Vérone a, pour ne pas hypothéquer le soutien des supporters locaux, souvent dû renoncer à recruter de très bons footballeurs mais à la peau noire.

En Angleterre, les militants du National Front, du British National Party et du groupuscule néo-nazi Combat 18, recrutent dans les rangs des fans britanniques lors des déplacements de l’équipe à la rose. Les violents affrontements qui ont éclaté à Marseille entre supporters et jeunes beurs, en marge du match Tunisie-Angleterre du Mondial 98, auraient été déclenchés par les provocations des militants de l’extrême droite britannique.

L’Allemagne n’échappe pas aux dérives droitières du hooliganisme. La réunification a drainé vers la Nationalmannschaft un important contingent de jeunes supporters de l’Est, fascinés par le passé nazi, ses symboles et sa « liturgie » [4]. Encadrées par des hools plus anciens, utilisant le GSM pour préparer leurs actions, ces jeunes recrues constituent de véritables petits bataillons très mobiles qui frappent avec une rare violence à des endroits précis contre des cibles bien identifiées. C’est au cours d’une de ces attaques qu’un gendarme français est passé très près de la mort en 1998, à Lens, avant la rencontre Allemagne-Yougoslavie.

Si cette inquiétante évolution y est moins prononcée, la Belgique n’est cependant pas totalement épargnée. En octobre dernier, un supporter anderlechtois a été frappé à mort par des hooligans du club de Lommel.

Dans un tel contexte, l’amour du foot n’est plus qu’une vague évocation et le football lui-même, un prétexte assez grossier à l’expression d’un malaise social qui dépasse largement l’univers du ballon rond.

Notes

[1] Casual wear signifie vêtement de sport

[2] Agressions dans les tribunes, par Patrick Mignon in Manière de voir, n° 39, mai-juin 1998

[3] Quand l’extrême droite s’invite au stade, par Pierre Broussard in Le Monde, 27 mars 2001

[4] Pourquoi les nazillons ont investi le foot, par Claude Askolovitch, in Marianne, 29 juin-5 juillet 1998.

10 Messages de forum

  • > Football et violence, les noces barbares Le 30 septembre 2002 à 18:26 , par charle

    je sais que je vais vous ennuyer mais je suis interesser par tout cela car je fais mon dossier de fin d’année sur le hooliganisme, si vous vouler bien me donner tout ce que vous saver sur le hooligan meme ou meme sur leur leader se serais vraiment génial de votre par. par email sur lochllann hotmail.com ou à mon adresse Charle Plaisant, rue lambillotte, n°77, 6040 charleroi.
    merci d’avance

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    • > Football et violence, les noces barbares Le 22 février 2003 à 12:22

      Salut Charle, j’espère que plusieurs personnes t’on déjà donner des documents pour t’aider dans ton dossier. Moi aussi j’en ai un a faire pour la fin de l’année. Si jamais tu pouvais m’envoyer quelques documents que tu a récolté à mon adresse E-meil : gabi.lelievre wanadoo.fr se serait vraiment super sympa. Merci d’avance et bonne chance pour ton dossier.

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  • > Football et violence, les noces barbares Le 30 septembre 2002 à 18:28 , par charle

    je sais que je vais vous ennuyer mais je suis interesser par tout cela car je fais mon dossier de fin d’année sur le hooliganisme, si vous vouler bien me donner tout ce que vous saver sur le hooligan meme ou meme sur leur leader se serais vraiment génial de votre par. par email sur lochllann hotmail.com ou à mon adresse Charle Plaisant, rue lambillotte, n°77, 6040 charleroi.
    merci d’avance

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    • > > Football et violence, les noces barbares Le 12 novembre 2002 à 17:10 , par kayu

      moi aussi je sui interéssé par le hooliganisme dans le cadre de mes études si tu pourrai m’envoyer quelques fichiers ce serait sympa.
      merci

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    • > > Football et violence, les noces barbares Le 13 novembre 2002 à 16:30

      Cher Charles,

      J’ai réuni une série de documents via l’Internet (il y énormément de hools qui entretiennent des sites webs - via le moteur de recheche google tu devrais trouver pas mal d’infos).

      En juin dernier, la BBC a par ailleurs diffusé une série de trois documentaires (que je n’ai malheureusement pas enregistrés) très intéressants sur le hooliganisme en Grande-Bretagne, en Italie et en Argentine. Le reportage sur la résurgence du hooliganisme dans les division 2 et 3 anglaises insiste notamment sur les liens entre les hooligans et le groupe néonazi Combat 18 (en particulier dans le club londien de Milwall) ou l’extrême droite britannique (notamment à Cardiff City, club gallois connu pour la violence extrême de son noyau dur qui aurait été à l’origine des émeutes provoquées à Bruxelles par les supporters de l’équipe anglaise lors du Championnat d’Europe 2000).

      Des versions en realaudio étaient à l’époque téléchargeables sur le site web de la BBC.

      Les auteurs que je mentionne dans l’article (notamment Patrick Mignon) ont publié de nombreux ouvrages sur la question (disponibles en librairie).

      j’espère que ces pistes te seront utiles.

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  • > Football et violence, les noces barbares Le 18 décembre 2002 à 19:37 , par stephane

    salut moi c stephane je suis de france en savoie et je suis tres intereser par tes doc sur le hooliganisme et as tu des video sur les hooligans
    merci de me contacter au
    sebti.stephane caramail.com

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  • > Football et violence, les noces barbares Le 4 janvier 2005 à 19:59 , par manchester united hooligan

    je vais te dire charle je suis un hooligan et fier de l’etre et je nai que 15ans en angleterre c’est normal pour defendre son club ya pas mieux que detre hooligan je suis nai a marseille mais mes parent mon envoyer en angleterre pour y etudier et c comme ca qe je suis devenu hooligan tout pour te dire charle que les hooligan son des gen bien et on qune chose en tete defendre leur honneur jaimerai avoir une reaction de ta part merci

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    • > > Football et violence, les noces barbares Le 6 mai 2005 à 17:12 , par candy

      Je visite ce site pour composer un travail dans le cadre de mes études et je ne peux m’empêcher de réagir à votre message. Comment peut-on être fier de se dire hooligan. ça me répugne. La violence gratuite c’est tout ce que vous êtes capable de faire. Des gens bien, tu parles. Et les dérives ? L’extrême droite ? Enfin, moi, je suis désolée mais c’est une constatation. Cependant, il arrive que quelqu’un soit fan, mais fan ne veut pas dire hooligan.

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  • Football et violence, les noces barbares Le 6 février 2006 à 13:18

    Je suis du KOP DE BOULOGNE eT FIER de l etre maintenant les bourgeois kom vous ki parle me font rire venez vs tapez avec des crs vous manger des lacrymo etc apres on verra ...

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    • Football et violence, les noces barbares Le 15 décembre 2006 à 19:18 , par max

      Génial, si tu crois que la vie c est de se taper mais mon pauvre mec t as rien compris à la vie !S t es mal dans ta peau ou que t es pas heureux dans ta vie ou que t as d autres problèmes ASUMES !c ets pas la faute des autres donc ça sert à rien de se taper dessus !Pas besoin de se taper dessus pour un être un homme un vrai !pas un pauvre gars qui joue à la bagarre avec ses copains !

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