Depuis le 11 septembre, le gouvernement a intensifié la campagne de répression extrêmement dure qu’il mène, au nom de la « lutte antiterroriste », contre les Ouïghours suspectés d’activités « séparatistes ». Dans un document récemment publié, Amnesty International évoque les nouvelles dispositions antiterroristes intégrées dans la législation chinoise, ainsi que la campagne de répression contre les « activités terroristes, séparatistes et religieuses illégales » menée actuellement dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang [1].
Le gouvernement chinois affirme que les individus qu’il accuse de « séparatisme ethnique » sont liés à des « terroristes » internationaux, et a demandé le soutien de la communauté internationale dans le cadre de sa politique de répression. Or, les autorités chinoises utilisent la notion très subjective de « terrorisme » pour justifier l’arrestation d’un large éventail de personnes, dont certaines ont peut-être eu pour seul tort de pratiquer leur religion ou de défendre leur culture.
Le clergé islamique fait l’objet d’une étroite surveillance et de mesures d’« éducation politique ». Selon des sources officielles, à la fin de l’année dernière, 8 000 imams avaient été « formés » afin d’avoir « une meilleure compréhension de la politique du parti en matière ethnique et religieuse ». Certains religieux musulmans ont été arrêtés pour avoir enseigné le Coran.
Le jeûne durant le mois saint du Ramadan a été interdit dans les écoles, les hôpitaux et les bâtiments administratifs. Par ailleurs, des mosquées ont été fermées parce qu’elles se trouvaient à proximité d’écoles et qu’elles avaient, selon les autorités, une « mauvaise influence » sur les jeunes.
Au début de l’année, cette campagne de répression s’est élargie à d’autres catégories socioprofessionnelles. Des « séminaires d’étude » ont été créés pour des personnes occupant des postes clés dans les domaines de la littérature et de l’art, des médias, de la gestion culturelle et de la recherche en sciences sociales, entre autres. Toutes les formes de dissidence ou d’opposition potentielles, y compris l’expression pacifique d’opinions dans des poèmes, des chansons, des livres, des tracts et des lettres, ou sur internet, sont visées.
La Chine, en chœur avec beaucoup d’autres Etats dans le monde, n’a pas fini d’appeler à la « lutte contre le terrorisme », aux dépens des Ouïghours .




