Pour porter un coup décisif à la criminalité, pour enrayer le séparatisme, pour éradiquer les religions illégales, il faut, disent les autorités chinoises, « Frapper fort ».
On comprend mieux la portée de l’expression quand on examine les derniers chiffres publiés par Amnesty International dans son tout récent rapport annuel sur la peine de mort. En 2001, au moins 2468 personnes ont été exécutées dont 1781 au cours de la seule période d’avril à juillet 2001 – ce qui représente plus de la moitié du nombre d’individus ayant subi le même sort dans le reste du monde au cours des trois années précédentes. 2 609 sentences de mort ont également été prononcées au cours de la même période. A titre de comparaison, en 1999, pour toute l’année cette fois, 1.263 exécutions avaient eu lieu.
L’éventail des infractions passibles de la peine de mort est très large et comprend nombre de crimes non violents, tels que la corruption, le proxénétisme, le détournement de fonds, la fraude financière, la contrefaçon. S’y ajoute plus récemment le crime de « séparatisme » (un membre de la minorité ethnique ouïghoure a été exécuté en octobre dernier pour « avoir tenté de diviser le pays ») et en décembre 2001, après une modification du Code pénal, celui de « terrorisme ». L’appartenance à une religion décrétée « illégale » peut aussi être punie de mort. C’est ainsi qu’en décembre dernier, cinq hommes appartenant à une organisation chrétienne non reconnue, l’Eglise de Chine du Sud, ont été condamnés à la peine capitale. Sentence assortie d’un sursis de deux ans pour l’un d’entre eux.
Le plus souvent, les prisonniers sont exhibés avant d’être abattus d’une balle dans la nuque, et des foules énormes assistent à ces tueries. C’est ainsi qu’à Pékin, le stade des Travailleurs où se dérouleront en partie les Jeux Olympiques de 2008 a servi plusieurs fois de lieu d’exécution…




