Fondé en 1992 par Li-Honghzi, un simple fonctionnaire, le Falun gong est un mélange de bouddhisme et de taoïsme, joint à des pratiques traditionnelles visant à contrôler son énergie vitale afin de préserver santé physique et santé mentale. En un mot, selon son fondateur, c’est un enseignement permettant d’atteindre l’harmonie avec la nature fondamentale de l’univers. Point de vue qui n’est pas nécessairement partagé par certains observateurs des mouvements de type sectaire [1]
Quel que soit le « statut » de cette organisation, rien ne justifie les très graves atteintes aux droits humains perpétrées par les autorités chinoises à l’ encontre de ses adeptes.
La progression fulgurante du Falun Gong
Le Falun gong a rapidement réuni de nombreux adeptes issus de toutes les classes de la société. Il en compte actuellement des millions non seulement en Chine, mais aussi un peu partout dans le monde. Toléré jusqu’en 1998, il fait ensuite l’objet d’une campagne de dénigrement dans la presse officielle et est accusé, entre autres, de manipulations mentales. Les mesures de répression vont alors se multipliant jusqu’à atteindre un point culminant en avril 1999. Le 25 de ce mois, plus de 10.000 personnes venues de tous les coins du pays manifestent pacifiquement à Pékin, encerclant la résidence officielle du Bureau politique du parti communiste pour réclamer la reconnaissance de leur organisation et la fin de la persécution dont ils sont les victimes. Résultat, en juillet 1999, le Falun gong est interdit.
En octobre de la même année, le Comité permanent du Parlement adopte une résolution « sur l’interdiction des écoles hérétiques et sur les mesures de prévention et de condamnation de leurs activités ». Ceci ne décourage pas les adeptes qui continuent à manifester par petits groupes. Le 23 janvier 2001, à la veille du Nouvel-An chinois, cinq fidèles, dont une petite fille de 12 ans qui survivra, s’immolent par le feu sur la place Tian’anmen. Le 31 janvier, la télévision officielle diffuse à une heure de grande audience les images très choquantes de l’immolation et lance une campagne de diabolisation de la « secte ». Depuis lors, c’est quotidiennement que des membres du Falun gong sont arrêtés, battus, torturés, envoyés dans des camps de travail ou obligés de fréquenter des « séminaires d’étude » pour y être « reconvertis ».
On estime à plus de dix mille le nombre de ceux qui sont incarcérés un peu partout en Chine. Amnesty International est profondément préoccupé par la persécution dirigée contre les membres du Falun gong, et a publié plusieurs rapports précis à ce sujet. Dans l’un d’eux, paru en février 2001, Amnesty relate certains témoignages relatifs à des cas de morts en détention - au moins 120 - recensés entre juillet 1999 et la mi-janvier 2001, chiffre qui aurait plus que doublé depuis. Dans la plupart des cas, il s’agirait de mauvais traitements ou d’actes de torture. Souvent, les autorités tenteraient de couvrir les responsables de ces morts ou de détruire les preuves éventuelles de leur culpabilité. Ainsi, les corps de certains seraient incinérés à la hâte. D’autres décès sont présentés comme étant des suicides.
Des persécutions « légales » et bien orchestrées
Un article très détaillé, paru en août 2001 dans le journal Washington Post, affirme que les persécutions contre les pratiquants du Falun gong sont désormais approuvées et orchestrées par les autorités chinoises selon trois étapes bien définies : d’abord, l’aval donné par le pouvoir central au recours généralisé à la violence envers tous ceux qui refuseraient de renoncer à leurs convictions. Ensuite, une technique nouvelle, « les séminaires d’étude » obligatoires qui présentent le mouvement comme une « secte ». Enfin, une campagne de propagande visant à le discréditer aux yeux de l’opinion publique. Celle-ci s’appuie surtout sur le suicide par le feu de certains adeptes en janvier 2001.
On peut se demander pourquoi les autorités chinoises s’acharnent à ce point sur les membres d’une organisation résolument pacifique. Selon des articles parus dans la presse officielle, le Falun gong serait dangereux, car il perturbe l’ordre public, allusion aux manifestations tenues par ses membres. Il nuit à la société en l’induisant en erreur, par exemple en préconisant le refus de la médecine traditionnelle. Il serait aussi un instrument des forces occidentales anti-chinoises et, dernière accusation, aurait pour but secret de renverser le parti communiste. En réponse à ceci, Li Honghzi a déclaré, en juillet 1999 : « Ni maintenant ni dans le futur, nous ne nous opposerons au gouvernement ». On peut supposer que le très rapide succès populaire du mouvement, en particulier sa capacité à rassembler des millions de personnes, a pu faire naître parmi les membres du gouvernement des craintes pour la stabilité du régime.
Amnesty lance un appel au gouvernement chinois afin qu’il mette un terme aux violences exercées contre les pratiquants du Falun gong, lui demande de libérer tous ceux qui sont arbitrairement détenus et de faire en sorte que des enquêtes soient ouvertes sur les allégations de torture dont auraient été victimes des membres de cette organisation.





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