Népal
Ça chauffe au Népal. Des dizaines de civils sont arrêtés quotidiennement. On leur reproche un soutien aux maoïstes. On retrouve donc des universitaires, des juristes et des défenseurs des droits humains dans les prisons népalaises... Ils y restent trop longtemps. Il ne s’agit pas d’arrestations administratives qui viseraient à « calmer le jeu », mais bien de détentions qui peuvent durer plusieurs semaines... Et qui peuvent déboucher sur la torture. Ces arrestations font suite à l’état d’urgence décrété en novembre dernier. Cet état d’urgence met fin de facto aux libertés d’expression, d’association et de mouvement… Ce que nous déplorons. Par ailleurs, qu’on ne s’y trompe pas, ces comportements ne justifient pas les actes des maoïstes qui exécutent, prennent des civils en otages et enrôlent des enfants en tant que combattants... (Index : ASA 31/023/02)
Pakistan : Drôles de magistrats !
C’est ce que doivent penser les juristes pakistanais en apprenant les dispositions prises par leur gouvernement. Ce dernier a en effet décidé de mettre des militaires dans des collèges de magistrats. Cela aura pour effet de diminuer, voire de supprimer, l’indépendance de la justice, et donc d’enlever des garanties essentielles des droits humains.
Dans un pays où les magistrats et les témoins appelé à la barre sont couramment soumis à des pressions, voire à des violences, il faut sans doute prendre des mesures pour les protéger. De là à leur imposer une « belle-mère », il y a un pas... Notons que cette disposition est prise dans le cadre de la lutte contre le terrorisme... Mais, au fait, qu’est-ce qu’un terroriste ? (Index : ASA 33/004/02)
Guatemala : on n’a pas tous les jours vingt ans
Il y a vingt ans, le général Efrain Rios Montt prenait le pouvoir. Cette prise de pouvoir s’est traduite par la mort ou la disparition de 200.000 personnes. Aucun des responsables de ces assassinats et de ces disparitions n’a jusqu’à présent été inquiété.
Pour faire bonne mesure, le gouvernement guatémaltèque continue à exercer des violences à l’égard des experts médico-légaux chargés de mettre à jour les preuves du génocide. Les représentants du gouvernement n’en ont pas moins reçu les membres d’une délégation d’A.I.On a l’élégance qu’on peut...
Enfin, ce même gouvernement, dont le caractère mafieux n’échappe à personne, se livre à des exactions contre ceux qui s’efforcent d’améliorer le quotidien de la population guatémaltèque qui vit dans la misère... Parmi les premiers touchés, les descendants des Mayas qui forment la majorité de la population (Index : AMR 34/018/02)
Peine de mort : le nombre d’exécutions a doublé en 2001
Le nombre d’exécutions a doublé dans le monde en 2001. Dans son rapport annuel sur la peine de mort, A.I. estime qu’au cours de l’année écoulée, plus de 3048 personnes ont été exécutées dans 31 pays. Ce chiffre est une estimation car la plupart des Etats gardent secret le nombre d’individus exécutés. Le nombre des condamnations à mort est encore plus impressionnant : au cours de l’année 2001, 5.265 personnes ont été condamnées à la peine capitale dans 68 pays. De plus, il faut savoir que l’Arabie saoudite, la Chine, les États-Unis et l’Iran sont responsables à eux seuls de 90 % des exécutions recensées dans le monde en 2001. Mais ces chiffres risquent de masquer bien des aspects sordides liés à la peine de mort : de nombreux pays soumettent les condamnés à la torture avant leur exécution de manière à leur extorquer des aveux. Certains Etats procèdent aux exécutions devant un large public, dans des stades ou, de manière plus « intimiste », à la télévision comme aux Etats-Unis. Non content de leur enlever la vie, certains condamnés sont d’abord enchaînés, battus et humiliés. On s’y reprend à deux, trois fois, voire plus, pour décapiter quelqu’un, le piquer, le pendre, etc. Amnesty ne se contente pas de ce constat : elle montre aussi que des avancées ont été obtenues, grâce notamment à la mobilisation de l’opinion publique, au travail de certains Etats et d’institutions intergouvernementales. A la fin de l’année 2001, 111 Etats avaient aboli ce châtiment « de jure ou de facto ». Amnesty continue inlassablement à faire campagne contre la peine de mort et rappelle qu’elle constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu’une violation du droit à la vie.




