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ABOLIR

La peine de mort est un châtiment dangereux car la violence engendre la violence

mercredi 10 avril 2002, par Suzanne Welles

« Pour la plupart des gens, la peine de mort est un spectacle et, pour quelques-uns, l’objet d’une compassion mêlée de mépris. Chacun de ces sentiments occupe l’esprit des spectateurs, au lieu de la terreur solitaire que la loi prévoit. »(Beccaria)

La peine de mort est un acte de violence. Elle ôte la vie à un être humain de façon brutale, quel que soit le mode d’exécution choisi. Elle est dangereuse, car elle entretient un climat de violence trouble, et a une influence néfaste sur tous ceux qui en sont les participants.

Effets non désirés

À l’origine des temps, vengeance privée, la peine de mort pâssa progressivement d’un réflexe instinctif à une organisation rationnelle et scientifique de la procédure pénale.

Actuellement, dans certains pays, la mise à mort des condamnés est encore toujours un spectacle. C’est le cas, par exemple, en Arabie saoudite, en Chine. Mais l’effet que l’on attend peut être surprenant. Certaines recherches ont pu prouver que les exécutions pouvaient, provisoirement, entraîner une augmentation du nombre des homicides.

Une analyse a été faite par deux chercheurs, à partir du taux mensuel d’homicides dans l’État de New York entre 1907 et 1963. La conclusion en a été qu’il y avait eu, en moyenne, deux homicides de plus dans le mois qui avait suivi une exécution, ceci étant attribué à l’effet « brutal et violent » des exécutions, effet semblable à celui causé par d’autres événements violents rendus publics, comme les suicides, les massacres et les assassinats [1]

En public

Dix-huit pays au moins, dans le monde, maintiennent les exécutions publiques. Elles ont lieu souvent en présence de milliers de personnes. Parfois, la police doit charger la foule lorsque, excitée par le spectacle, elle rompt tous les barrages. Une exécution en Chine, près de Zengzhou, en septembre 1983, est restée dans les mémoires. Quarante-cinq condamnés devaient être mis à mort. Un témoin oculaire a raconté : « Après l’exécution, les premiers rangs ont rompu le cordon de policiers pour s’approcher des corps, et se sont brusquement arrêtés, saisis d’horreur, une fois parvenus assez près que pour voir les détails. Mais la pression derrière eux était si forte que beaucoup ont été projetés vers l’avant et forcés de piétiner les cadavres. Certains sont même tombés sur eux » (Liu Fong da et John Creger, American Spectator, décembre 1986).

Au Pakistan, après des exécutions devant plus de 10 000 personnes, en février 1988, le quotidien « Dawn » commentait l’événement dans les termes suivants : « Nous pouvons être certains que l’effet déshumanisant de tels spectacles sur l’esprit des gens (…) Nous sommes surpris que les autorités ne pensent pas aux conséquences sociales à long terme que peut avoir l’étalage public de la cruauté (…) De tels châtiments vont donner de l’État une image empreinte de violence »

L’effet sur les participants

Il est bien évident que tous les acteurs d’une exécution, tous les fonctionnaires policiers, procureurs, juges, gardiens de prison, ou encore, les avocats, les experts appelés à témoigner lors du procès, les jurés qui doivent décider du verdict, subissent durant le processus de la condamnation ou de l’exécution d’un prisonnier, une épreuve souvent pénible.

L’exécution peut constituer un trouble profond pour ceux qui ont appris à connaître le condamné ( [2]). Elle affecte également les proches de la victime du crime pour lequel le prisonnier est exécuté.

On prétend parfois que la peine capitale était le seul moyen de compenser les souffrances causées par un meurtre. Mais une exécution ne peut rendre la vie à la victime, ni atténuer la peine ressentie par la famille. Bien souvent, la longueur du procès prolonge l’angoisse des proches de la victime et entrave leur apaisement. Si certaines familles ont assuré que l’exécution du coupable les avait soulagées, d’autres ont déclaré qu’elles ne pensaient pas que la peine capitale doive être infligée ( [3]).

La cruauté de la peine de mort s’étend aussi à la famille et aux amis du condamné. Si l’exécution a lieu en secret, comme au Japon par exemple, il n’y aura pas de dernier adieu. Si l’exécution est annoncée, la douleur sera accentuée par l’humiliation résultant des conditions dégradantes de la mise à mort.

Le droit de tuer

Les répercussions de la peine de mort vont bien au-delà de la mise à mort d’un criminel. Lorsque l’État prend une vie, il envoie un signal disant qu’il y a des situations dans lesquelles le fait de tuer est acceptable, lorsqu’il est prévu par le droit. (…) S’il est bien de tuer un criminel violent, peut-être est-il également acceptable de tuer des opposants politiques, des membres des minorités, des pauvres ou d’autres personnes.

Cette logique est inacceptable dans une société démocratique, en ce sens qu’elle ouvre la porte à l’usage arbitraire du pouvoir comme substitution à la démocratie et à l’État de droit. (La peine de mort hors la loi : Conseil de l’Europe ; octobre 2001)

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Notes

[1] W.J. Bower et G.L. Pierce – Detenee & brumisation : What is the effect of executions, crime and delinquency, 1980

[2] « Toute la prison en est traumatisée. Après avoir appris la nouvelle : les gardiens et les détenus sont en état de choc pendant plus de 24 heures. Les aumôniers et les fonctionnaires de la prison, qui assistent à l’exécution, souhaitent que cette épreuve leur soit épargnée ». (Trinité et Tobago. Rapport de la Commission sur la réforme pénitentiaire, 1980)

[3] Ella Juri, mère d’un jeune policier tué en 1975, déclare dix ans après, à propos des deux meurtriers condamnés à mort : « je dis : Libérez-les. Donnez-leur une chance, car ils ont déjà suffisamment souffert ». (Trinitad Express 08/02/85)

1 Message

  • ABOLIR Le 22 juillet 2006 à 08:00 , par 8119

    A propos de la peine de mort

    Le but :
    prévenir le crime

    La méthode :
    En l’absence de méthode ou de choix de méthodes, la plus primitive est choisie par défaut - en d’autres termes la moins élaborée.
    La « Nature » (humaine) inspire dans ce cas à prévenir le crime au moyen d’une méthode que l’humanité découvre peu à peu comme procédant d’une certaine intelligence, dans le fond, mais également d’une certaine maladresse, justifiant ainsi que la Pensée peut lui permettre une amélioration légitime.

    Ainsi la Peine de mort peut être définie comme appartenant à un ultime recours, par exemple en cas de guerre généralisée. Cela implique que le contexte de son application est la barbarie. Si cette barbarie n’est qu’imaginaire mais que cette méthode est choisie, la barbarie devient réelle afin d’enseigner qu’elle n’était précédemment qu’imaginaire, afin de faire naître cette distinction flagrante et salvatrice, dans les esprits de ces pauvres fous primitifs.
    En d’autres termes l’appeler de ses voeux revient à donner vie à la barbarie qu’elle veut pourtant combattre.
    Cela est sans équivoque.

    La science, a permit une avancée significative dans la compréhension des processus psychiques.
    En l’occurrence la réflexologie, enseigne dès le siècle dernier (ce qui est très récent à l’échelle de notre civilisation, faisant que ça n’a pas encore intégré les façons de penser) de quoi procède le principe qui consiste à vouloir prémunir.
    Notamment, quand on « puni », on insigne la personne à repenser les raisons initiales de son acte.
    En terme poétiques on pourrait appeler cela « un retour dans le temps, invoqué par un voyage spirituel », ou encore, cela se référera au bien connu « effort sur soi », qui à son tour acquiert une acception scientifique si on nomme cela « rééducation ».

    De quoi procède à son tour la rééducation ?
    Une punition, est à son tour un ultime recours, un acte qui a lieu après le méfait, afin d’annuler ses raisons de se reproduire.
    La réflexologie enseigne précisément que la punition produit cet effet de « rééducation ».
    Mais ce n’est pas la seule méthode, c’est une méthode « par défaut », « naturelle » donc primitive et qui réclame d’être « mieux pensée », elle-même, « civilisée », maîtrisée en quelque sorte.

    On découvre alors que la méthode punitive, en elle-même, est enseignée lorsqu’une punition est infligée, ce qui fait tourner en boucle le problème, puisque l’acte criminel procède en réalité d’une punition que le criminel veut infliger à « sa société », à son environnement. Cette démarche appelle en vérité de ses voeux que la méthode de rééducation soit à nouveau estimée avec une meilleur justesse.
    En résumé la méthode se transmet, et transmet avec elle ce qu’il y a de pernicieux dans le fait qu’elle soit primitive, et avec cela la raison invoquée de chercher un nouveau paradigme, qui en elle-même a une teneur « divine » à laquelle s’accrocheront, en raison de leurs lacunes, les fanatiques en général.

    On comprends une fois arrivés ici que c’est avant qu’il faut agir, en fait, dès le premier énoncé du but : « prévenir le crime », on pouvait y entendre une autre méthode que celle du crime lui-même.

    Quelles sont les méthodes pour prévenir sans punir, pour que cette prévention n’ait pas à être imposée de l’extérieur, mais qu’elle soit volontaire, ce qui est bien plus efficace, et esquive l’inconvénient d’avoir à diffuser la méthode du crime contre le crime ?

    Le terme « de l’extérieur » contient la réponse.
    « De l’intérieur » signifie la construction des raisons solides et partagées par tous ; d’où l’avantage de vivre dans une « société », « civilisée ».
    Quelles peuvent être ces raisons ?
    Une seule ne suffira pas et ne suffira jamais à combler « toutes les raisons » qui sont en fait un ensemble s’entre-appuyant de ne pas commettre de crime. Par exemple « le gentil » ne peut donner « La raison » de sa gentillesse.
    Cela est dû au fait que « la raison » n’est pas « une seule chose », n’est pas « définissable », sauf peut-être d’une façon quasi-allégorique.
    En revanche un cumul de raisons fiables et liées entre elles produiront une bien plus grande persistance dans le cerveau qu’une simple « excuse » (ou un choc, ou pire un cumul de chocs), même si elle est énoncée en gardant non dits (et impossibles à dire) tout un ensemble de « raisons », ainsi conservées obscures et difficilement persistantes, mais véritablement « menaçantes ».

    Ces raisons apparaissent au cours de la vie, grâce à l’éducation, mais surtout l’éducation qui aurait consisté à faire apparaître ces raisons comme si elles étaient des idées nouvellement apparues chez l’enfant, et non dictées par le professeur.

    Cette méthode est mise à l’oeuvre depuis tout récemment seulement dans les écoles, surtout en norvège où ils sont bien plus avancés sur ce point.

    (je peux continuer, mais ça suffit déjà amplement pour dire ce que je voulais dire, et par ailleurs au-delà, je dévoilerai des méthodes qui peuvent servir la manipulation mentale des foules, avant qu’elles ne soient elle-mêmes découvertes volontairement, ce qui serait regrettable)

    http://w4lk.net/home/article1099-1.html

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