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Bibliographie

Pour mieux comprendre, pour réfléchir

mercredi 10 avril 2002

« L’après 11 septembre » a suscité une abondante littérature. Voici quelques titres qui ont retenu notre attention

- L’époque qui s’est ouverte avec les attentats du 11septembre est celle des États-Unis , écrit Rony Brauman, dans la préface du « Bilan du Monde 2002 », paru tout récemment. Et il explique : « Le choc provoqué par ces attentats doit sa force tout autant au spectacle donné ce jour-là qu’au constat des déréglementations du marché de la violence (...) Unique pays capable de se poser en régulateur de la violence, voici qu’il en subit les coups assénés de plus par un réseau privé dans la constitution duquel ont trempé plusieurs de leurs alliés. Ce brouillage des jeux de puissance et des frontières de la violence constitue aujourd’hui l’essentiel de « l’après 11septembre » (216 p., 8 euros)

- Dans « Hyperterrorisme, la nouvelle guerre », François Heisbourg rassemble les contributions de chercheurs de la Fondation pour la recherche stratégique dont il est le directeur et nous apporte d’utiles éléments de réflexion.

« Entre 1618 et 1648, une grande partie de l’Europe fut le siège d’une guerre qui ressemble à certains égards au processus dans lequel le monde est entré depuis les attentats du 11 septembre », constate Heisbourg

« Il y a la durée (...) Ensuite, il y a la géométrie variable des coalitions (...) L’importance aussi des facteurs non militaires , évidente dans le conflit actuel (...)Ensuite encore la nature non étatique de certains des principaux protagonistes ; nébuleuse non gouvernementale de l’hyperterrorisme aujourd’hui, bandes armées plus ou moins livrées à elles mêmes, jadis. Et enfin, le caractère chaotique de certains États servant de réceptacle à la violence organisée. ( Ed. Odile Jacob , 270 p., 20 euros)

- Dans « Les leçons du 11 septembre », un recueil d’essais publié sous la direction de Pascal Boniface, de l Institut de recherches internationales et Stratégiques, on trouve d’autres avis. « Les attentats n’ont ni bouleversé ni résolu le processus de paix du Moyen-Orient, non plus que la lutte contre les inégalités, la protection de l’environnement,les guerres civiles africaines etc.. » (P.U.F.134 p, 16,77 euros)

- « Depuis le 11 septembre » d’Emmanuel Goujon nous montre comment ces attentats ont été reçus hors de l’hémisphère Nord. L’auteur est antillais, mais réside en Afrique. Sa crainte, la guerre des civilisations. « Mais, dit-il, le meilleur allié des islamistes c’est l’Occident lui-même. Manque d’idéologie, pas de spiritualité, pas de foi ; donc rien pour déplacer des montagnes ; l’ère du vide, l’empire des vanités » (Gallimard « Continents noirs », 92 p., 10 euros)

- Dans « Ben Laden, secret de famille de l’Amérique », l’écrivaine indienne Arundhati Roy (Le Dieu des petits Riens) est sévère pour l’Amérique, pour l’Occident et pour les dirigeants de son propre pays. « Bush et Ben Laden ont désormais recours à la même terminologie. Chacun représente « la tête du serpent » aux yeux de l’autre. Aucun ne se prive d’invoquer Dieu et d’employer un vague lexique millénariste où ont cours les notions de bien et de mal. » ( Gallimard, 29 p, 4 euros)

- Tout autre est le ton de Philippe Muray , provocateur et subtil dans « Chers Djihadistes » lettre ouverte, lettre piège, qui sous prétexte de faire des remontrances à Ben Laden s’adresse à nous. L’Occident dit-il était fondé sur la raison et nous n’avons cessé de la faire péricliter (Éd. Mille et une Nuits,128 p., 8,99 euros)

- Enfin, voici André Glucksmann avec son bel essai « Dostoievski à Manhattan », dans lequel il s’interroge sur le nihilisme qui unit dans l’histoire de notre temps les extrémismes religieux, ethniques et étatique. Son livre utile et intéressant, écrit d’une plume vive, rappelle que les tueurs de ce genre n’ont qu’un but, réaliser le vieux rêve de Netchaiev : « la destruction terrible, totale, générale et impitoyable ». « Nulle régression n’est en vue. Mais une barbarie on ne peut plus moderne, celle de l’exterminateur (avec ou sans État, avec ou sans Dieu) qui se permet tout et celle des braves gens qui regardent faire. On risque ainsi, tranche par tranche, le crépuscule de l’humanité », estime Glucksmann (Éd Laffont, 282 p, 21 euros).

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