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Des geôles de Kabila au n°9 de la rue Berckmans

Parcours de Jeannine Bouchez, un des cas d’appel de la « campagne torture »

mardi 19 mars 2002, par Estelle Dubost

Vous figurez peut-être parmi ceux qui ont écrit aux autorités congolaises pour soutenir Jeannine. Celle-ci, réfugiée en Belgique et bénévole au Secrétariat d’Amnesty International Belgique francophone, a accepté de raconter son histoire car, selon elle, les droits humains ne sont toujours pas respectés dans la République démocratique du Congo.

Jeannine est originaire du Kivu, riche région conquise par les rebelles d’origine burundaise, rwandaise, ougandaise, associés aux Congolais ex-Mobutistes. Elle a travaillé en 1998 et 1999 au service du protocole de l’ancien Président Laurent-Désiré Kabila.

Fin décembre 1998, Jeannine est arrêtée en pleine nuit et emmenée dans un bureau du Conseil spécial de Kabila. Après deux jours, on l’informe enfin qu’elle est accusée de transmettre des informations sur le Président Kabila aux rebelles qui occupent sa région d’origine. C’est en fait ce dont on accuse de nombreuses personnes du Kivu pour se débarrasser d’elles au sein de la présidence de Kabila. Jeannine nie et demeure détenue dans divers centres militaires, sans droit de visite ni accès à un avocat. Elle est notamment enfermée dans un centre de détention des services de sécurité, l’immeuble du Groupe Litho Moboti (GLM), de sinistre réputation, où 12 militaires la violent et la blessent à coups de baïonnette au bras et à la cuisse. Dès le lendemain du drame, elle a la chance de rencontrer et d’expliquer ce qui lui est arrivé à une déléguée de la Croix-Rouge française. En août 1999, commence une longue série de procès devant des tribunaux militaires. En octobre, elle reçoit la visite d’une représentante du Secrétariat International d’Amnesty à Londres qui initie diverses actions de pression sur les autorités congolaises.

Jeannine est libérée en mars 2000, mais elle doit encore se présenter devant les autorités militaires deux fois par semaine. Hors des geôles, l’insécurité persiste. Au lendemain de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, elle est à nouveau détenue pendant deux jours car son propre cousin, le garde du corps de Kabila, est accusé d’être l’assassin du Président.

Jeannine décide de quitter le pays. Diverses démarches sont réalisées auprès du gouvernement belge qui l’autorise finalement à accéder à son territoire. Elle atterrit à Zaventem le 31 mai 2001 où un représentant d’Amnesty l’attend. Aussitôt arrivée, elle demande l’asile et obtient le statut de réfugié durant l’été.

Aujourd’hui, Jeannine bénéficie d’un logement indépendant et est assidue au Secrétariat du 9, rue Berckmans. Si elle témoigne aujourd’hui, c’est au nom de ceux qui sont toujours détenus dans son pays et n’ont pas eu sa chance. Elle évoque, par exemple, le cas des épouses d’un de ses compagnons d’infortune, emprisonnées car leur mari a osé levé son verre à la mort de Laurent-Désiré Kabila.

Quel est aujourd’hui le plus cher souhait de Jeannine ? Pouvoir retourner dans la République démocratique du Congo, dès que la situation en matière de droits humains lui permettra de vivre en sécurité.

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2 Messages de forum

  • > Des geôles de Kabila au n°9 de la rue Berckmans Le 8 juillet 2003 à 16:11 , par karin

    Je suis avocat d’une personne de nationalité congolaise (RDC) ayant fait une demande d’asile en Belgique.

    Celui-ci fut arrêté plusieurs fois suite à l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila car était le chauffeur et cousin de l’aide de camp du président assassiné, lui-même ayant été accusé d’être l’assassin.

    En lisant le parcours de Jeannine Bouchez, je me suis dit que son témoignage pourrait m’aider dans l’aboutissement de la demande d’asile de mon client. Serait-il alors possible de rencontrer Mme Bouchez ?

    Merci bien.

    Karin

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  • je m !appele Takera , paul , je suis congolais d’origine tutsi et je suis ne a kananga ou mon pere avait de depots de boissons , mais apres la rebelion et suite au vent xenophobe qui a etait orchestre par kabila et ses fidelses disciples , j’ai tout perdu et mon pere tue et nos biens detruits et aujourd’hui , je suis considere comme un conglais de second hand , je ne connais ni le rwanda ni une aurte patrie. la seule langue que je connai est le Tshiluba. ne suis je pas congolais comme tous les autres ?

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