Chronologie
1960 – l’Indépendance est proclamée le 30 juin. Lumumba est 1er ministre, Mobutu, chef d’État-major. Kasavubu, le président, destitue le premier, et confie le pays au second. Tentatives de sécession du Katanga, du Sud-Kasaï. Rébellion de Stanleyville. Lumumba est arrêté…
1961 – Assassinat de Patrice Lumumba au Katanga.
1962-1963 – L’ONU met fin à la rébellion de Stanleyville et au séparatisme katangais.
1964-1965 – Rébellions d’inspiration communiste ou lumumbiste dans tout le pays. Entre autres, de Mulele à l’Ouest, de Kabila (déjà !) à l’Est. Coup d’État militaire de Mobutu qui suspend tous les partis.
1966-1972 – Mobutu règne sans partage. Africanisation du pays, qui devient le Zaïre, et de ses habitants.
1977-1978 – Deux guerres du Shaba (ex-Katanga) envahi par d’anciens « gendarmes Katangais » venus d’Angola, et chassés avec l’aide successive de Marocains puis de paras français et belges.
1982 – La dictature de Mobutu se poursuit : arrestations, tortures, assassinats… mais un ancien collaborateur, Tshisekedi, fonde le premier parti d’opposition clandestin, l’UDPS.
1985 – Rébellions diverses, dans des universités, et à l’Est (de nouveau Kabila !)
1990-1993 – Mobutu autorise le pluripartisme, instaure la « Conférence national souveraine » ; c’est une « période de transition » : désordres, mutineries et désertions de soldats. Pillages, violences ethniques au Katanga. Tshisekedi est élu deux fois premier ministre… puis destitué.
1994-1995 – Mise en place d’un Parlement de transition. Mais les élections prévues sont reportées. 1994, c’est le génocide du Rwanda, et puis la victoire du FPR (Front Patriotique Rwandais, Tutsi). La France, par l’opération « Turquoise », permet aux génocidaires et autres réfugiés hutus de trouver refuge et protection au Zaïre. Ils seront bientôt un million. Affrontements armés entre ethnies à l’Est.
1996-1997 - Mobutu, malade, se soigne en Europe. On prépare toujours les élections. Les 450 partis de l’opposition se disputent. La situation économique est désastreuse. Le Rwanda et le Burundi s’inquiètent des incursions armées venues du Zaïre. En octobre 96, la rébellion lance de violents combats à l’Est, et annonce la création de l’AFDL, avec comme chef Laurent-Désiré Kabila, soutenue par l’Ouganda (qui traque ses dissidents au Nord-Est) et par le Rwanda (qui veut purger les camps de réfugiés hutus). Les rebelles de Kabila progressent vers l’Ouest, occupant le vide laissé par la désertion de l’armée en fuite. On parle d’un « nouveau génocide » de 200 000 réfugiés hutus et autres civils. En mai 97, L-D Kabila entre à Kinshasa et se proclame président du pays rebaptisé « République Démocratique du Congo ».
1998 – Kabila veut se libérer de ses « parrains » ougandais et rwandais. Il lance la chasse aux Tutsi. C’est le début de la nouvelle rébellion, à l’Est. Le RCD (Rassemblement congolais pour la Démocratie) est appuyé par les anciens alliés, les troupes ougandaises et rwandaises.
1999-2000 – Le RCD se scinde en 2 puis en 3 parties, appuyées l’une par la Rwanda, l’autre, par l’Ouganda (qui soutient, au Nord, aussi un autre mouvement rebelle, le MCL - Mouvement de Libération du Congo - dirigé par Bemba). Kabila, lui, est soutenu par l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie. On se bat. Mais en juillet 99, un accord de cessez-le-feu est signé à Lusaka par tous les belligérants (qui, depuis, s’accusent mutuellement de le violer). Kabila fait preuve de beaucoup de mauvaise volonté pour collaborer avec l’ONU.
2000-2001 – Assassinat de L-D Kabila. On ignore toujours qui l’a commandité. Son fils Joseph Kabila lui succède et se montre plus coopérant. Il se rapproche de l’Europe et des Etats-Unis. Les six belligérants acceptent un premier retrait le long de la ligne du front qui coupe le pays en deux. Les Casques Bleus sont présents, mais peu nombreux. Après un petit galop d’essai en Belgique, en janvier dernier, et une tournée diplomatique en Belgique, France et Angleterre, le dialogue inter-congolais devrait commencer fin février. Qui en fera partie ? Comment se déroulera-t-il, ce curieux face à face entre gouvernement et rebelles, dans un pays pas encore libéré des troupes étrangères qui l’occupent ? Le Congo deviendra-t-il enfin la république démocratique qu’il prétend être ?




