Radha est stérile. Plusieurs médecins le lui ont confirmé : « No eggs, Madam ». Elle vit auprès de son mari, sa belle-mère grabataire et son jeune beau-frère. Son mari s’est consolé dans le mysticisme, prônant que le désir est source de ruine ; il a fait voeu de chasteté et teste régulièrement son aptitude à résister au désir, imposant cette humiliation à Radha. Arrive Sita, jeune épouse. Son mari lui préfère une Chinoise ambitieuse qui a refusé de l’épouser ; par convention, il a alors épousé Sita qu’il néglige dès le début, vivant ses passions auprès de la Chinoise. Contrairement à son frère, il vit dans le rêve de l’américanisation. Mais ce choix de vie ne tient pas plus compte du désir de la femme que le choix du mysticisme. Radha et Sita se consolent de leur solitude respective. Elles prennent conscience de leurs désirs et de leurs besoins de femmes. Ce que le mari et la belle-mère ne pourront que rejeter. Ce film de Deepa Mehta (voir ici), très esthétique, est un portrait décapant de la société en Inde et des faiblesses des hommes, prompts à rappeler aux épouses leur devoir conjugal : pour une femme, le feu des passions y côtoie dangereusement le feu de l’enfer et de l’immolation...
Encadré
Fire : Homosexualité féminine et condition de la femme en Inde
lundi 11 février 2002, par




