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Bolivie

mercredi 28 mai 2008, par Brian May

Dans plusieurs villes, de violents affrontements ont éclaté entre opposants et sympathisants du gouvernement, faisant au moins cinq morts et des centaines de blessés. Ces affrontements ont eu lieu alors que les tensions s’exacerbaient en raison de la nouvelle Constitution et de réformes économiques et politiques. Des journalistes ont été harcelés et agressés.

Évolution de la situation constitutionnelle et institutionnelle
Le texte de la nouvelle Constitution a été approuvé en décembre dans un climat persistant d’agitation sociale. L’Assemblée constituante, instaurée en août 2006 avec pour mandat de réécrire la Constitution, a été soumise à des remous régionaux et à des tensions politiques portant sur des questions diverses, dont le futur emplacement de la capitale du pays. Les séances de l’Assemblée ont été suspendues à plusieurs reprises.
La procédure d’approbation s’est déroulée alors que tous les membres de l’opposition n’étaient pas présents. Le nouveau texte permet une certaine décentralisation, car il accorde un degré d’autonomie aux indigènes et aux instances municipales, régionales et départementales. Il affirme que la Bolivie est un État unitaire, pluraliste et multiethnique, avec un parlement à deux chambres, dispose que les ressources naturelles sont la propriété de l’État et pose le principe de la gratuité des soins de santé et de l’éducation, ainsi que du droit à la propriété privée. Sucre est reconnue comme la capitale historique du pays et le siège des pouvoirs judiciaire et électoral, et La Paz comme le siège des pouvoirs exécutif et législatif. Le texte devait être soumis à référendum.
En février, le gouvernement a signé un accord avec la haut-commissaire aux droits de l’homme en vue d’établir une présence des Nations unies sur le terrain. Le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme a commencé ses activités en juillet pour contribuer à la promotion et à la protection des droits humains. Il s’emploiera notamment à améliorer le fonctionnement de la justice et à renforcer dans tout le pays les capacités de lutte contre le racisme et la discrimination raciale.

Liberté d’expression – agressions de journalistes
Dans le courant de l’année, des membres des forces de sécurité et d’autres auraient agressé et menacé des professionnels du secteur des médias. En novembre, plusieurs dizaines de journalistes ont manifesté pour dénoncer ces agissements. Les syndicats de journalistes ont aussi protesté contre les critiques dont leur activité faisait l’objet de la part de membres du gouvernement.
Plus de 10 journalistes auraient été agressés à Sucre en novembre alors qu’ils couvraient de violents affrontements entre la police et des personnes manifestant contre la nouvelle constitution.

Violences politiques
Dans plusieurs villes, dont Santa Cruz et Cochabamba, des violences ont éclaté entre des sympathisants du gouvernement et des opposants, faisant au moins cinq morts et des centaines de blessés.
En janvier, Christian Urresti et Juan Ticacolque ont été tués et plus de 100 personnes ont été blessées à Cochabamba (département de Cochabamba) à la suite d’affrontements entre des groupes favorables au Mouvement pour le socialisme (MAS), au pouvoir, qui exigeaient la démission du préfet de Cochabamba, et des groupes partisans du préfet, qui revendiquaient une plus grande autonomie régionale. L’enquête judiciaire ouverte sur ces homicides n’était toujours pas terminée fin 2007.
En novembre, deux journées de violents affrontements à Sucre (département de Chuquisaca) ont fait trois morts et plus d’une centaine de blessés. Des milliers de manifestants armés de pierres et de matraques se sont heurtés à des policiers, qui ont fait usage de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Des manifestants ont attaqué le siège de la police des transports en lançant des pétards et des cocktails Molotov. Du matériel de bureau a été détruit et des voitures de police et des véhicules publics ont été incendiés. Gonzalo Durán Carazani et José Luis Cardozo ont succombé à des blessures par balle, tandis que Juan Carlos Serrudo Murillo est mort après avoir été atteint par une grenade lacrymogène. Des policiers ont également été blessés pendant les affrontements. L’ouverture d’une enquête sur ces violences a été annoncée.

Visites d’Amnesty International
Une délégation d’Amnesty International s’est rendue en Bolivie en février.

Autres documents d’Amnesty International

  • Bolivie. Les autorités doivent maintenir l’ordre et protéger les habitants (AMR 18/001/2007).
  • Bolivie. Amnesty International demande la mise en œuvre d’un plan pour les droits humains et de mesures pour éviter de nouveaux affrontements et protéger les défenseurs des droits humains (AMR 18/003/2007).
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1 Message

  • Bolivie Le 19 août 2008 à 08:33 , par Thierry Delforge

    Le contexte social est, comme de coutume, totalement ignoré par A.I. A savoir que les violences ont pour origine une politique de redistribution des ressources nationales, de récupération des terres appartenant aux autochtones, de mesures sociales et d’amélioration des secteurs éducatifs et de la santé.
    La mise en exergue,au conditionnel, de violences dont sont victimes des journalistes est symptomatique d’une « impartialité » qui renvoie agresseurs et victimes dos à dos : ces journalistes sont ceux qui travaillent pour une presse monopolistique, celle qui, précisément, appelle à la violence,en particulier dans les provinces qui sont, partiellement, dirigées par des représentants de l’oligarchie raciste.
    Vous omettez le racisme quotidien et les pénuries spéculatives organisées par des industriels et des grands propriétaires terriens. Les « indiens » sont sans armés, alors que l’oligarchie du Sud a mis sur pied une milice qui s’attaque désormais à tout opposant et même aux forces de l’ordre.

    De quoi servent des rapports annuels qui n’ont d’intérêt qu’historique et entretiennent ’image d’un « occident » compatissant et défenseur des Droits de l’Homme ? Pour ce qui est de ces droits, ils n’ont jamais été mieux défendus par un gouvernement bolivien dans l’intérêt de la majorité de la population, et ce après cinq siècles d’exploitation, de spoliation et de répression.

    Pouvez-vous me mettre en contact avec le groupe Bolivie ?

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