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UNION EUROPÉNNE - DROIT D’ASILE : Amnesty International demande aux ministres européens de la Justice et des Affaires intérieures de modifier ou de retirer les mesures proposées

mardi 4 novembre 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’ASSOCIATION D’AMNESTY INTERNATIONAL POUR L’UNION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 4 novembre 2003 - À l’approche du Conseil justice et affaires intérieures (JAI) de l’Union européenne (UE) qui aura lieu jeudi 6 novembre, Amnesty International affirme que certaines propositions devant y être débattues (en l’occurrence la Proposition modifiée de directive du Conseil relative à des normes minimales concernant la procédure d’octroi et de retrait du statut de réfugié dans les États membres) risquent de priver les réfugiés d’une protection efficace : utilisation d’une liste des « pays d’origine sûrs », piètre procédure de « filtrage » aux frontières et procédure d’appel déficiente, en violation du droit international relatif aux réfugiés et aux droits humains.

Amnesty International a exposé de façon détaillée ses préoccupations et publié une série de recommandations destinées au Conseil JAI qui doit se tenir le 6 novembre 2003 (Recommandations d’Amnesty International concernant la Proposition modifiée de directive du Conseil relative à des normes minimales concernant la procédure d’octroi et de retrait du statut de réfugié dans les États membres). Vous pouvez consulter ce document, en anglais, sur le site www.amnesty-eu.org (onglet « Documents »).

« Alors que nous nous dirigeons vers la phase finale de cette partie de la politique d’asile commune de l’UE, il apparaît clairement que le tableau d’ensemble est plutôt sombre pour les réfugiés fuyant vers l’Europe, a déclaré Dick Oosting, directeur de l’Association d’Amnesty International pour l’Union européenne.

« Les diverses propositions à débattre lors de cette rencontre des ministres de la Justice et des Affaires intérieures ont pour effet combiné de dresser des obstacles sur le parcours des réfugiés à chaque étape - lorsqu’ils tentent d’entrer sur le territoire européen, sollicitent l’asile dans des pays donnés ou présentent un recours motivé.

« Amnesty International déplore tout particulièrement la confusion larvée entre les procédures européennes d’asile et d’immigration, ainsi que l’ambiguïté concernant les procédures à la frontière, introduite dans la proposition en vue de durcir les contrôles sur l’immigration », a ajouté Dick Oosting.

Les préoccupations d’Amnesty International concernent les questions suivantes :

Pays d’origine sûr

Amnesty International s’oppose fermement à l’utilisation de listes des pays d’origine sûrs, visant à restreindre l’accès à la procédure de demande d’asile. Ces listes sont facteur de discrimination parmi les réfugiés, ce que la Convention de Genève prohibe strictement. Bien que le projet de proposition maintienne le principe d’un examen individuel des requêtes, Amnesty International craint que cette liste commune ne serve dans la pratique à empêcher systématiquement l’accès à la procédure de demande d’asile. D’autre part, elle redoute que la décision concernant les pays à y inclure ne découle de tractations politiques influencées par les intérêts nationaux, bien plus que par des considérations ayant trait aux droits humains.

Amnesty International demande que l’utilisation de listes de pays d’origine sûrs soit tout simplement abandonnée.

Procédures à la frontière

Plutôt que d’assurer la protection des réfugiés, la proposition a été dénaturée afin de mettre l’accent sur un contrôle efficace de l’immigration. Aussi les autorités chargées de l’immigration participeront-elles de facto à l’évaluation du bien-fondé d’une demande d’asile, bien qu’elles n’aient pas les qualifications requises, contribuant ainsi à entretenir la confusion entre les procédures d’asile et d’immigration.

Amnesty International demande le retrait de cette disposition.

Entrée sur le territoire européen

Amnesty International fait part de sa vive inquiétude concernant les modifications soumises par certains États membres. Celles-ci prévoient la possibilité de refuser purement et simplement l’accès au territoire et à la procédure de détermination du statut de réfugié, si le demandeur a transité via un pays tiers sûr, sans tenir compte de la situation de cette personne. Cette disposition est susceptible de bafouer la Convention de Genève et le principe de non-refoulement.

Amnesty International demande la suppression de cette disposition.

Procédure d’appel

Les modifications présentées par certains États membres risquent de battre en brèche le principe de « recours effectif » devant un tribunal ou une cour, ou de restreindre la portée du contrôle judiciaire à une appréciation marginale des « faits pertinents », au mépris des normes établies par la Cour européenne de justice et la Cour européenne des droits de l’homme. En outre, Amnesty International s’inquiète vivement de la proposition autorisant les États membres à se soustraire à l’effet suspensif des recours.

Amnesty International demande que la procédure d’appel respecte les normes internationales et la jurisprudence des cours supranationales.

Pour en savoir plus ou organiser une interview :

Association d’Amnesty International pour l’Union européenne (Bruxelles)

Tél : 32 2 5021499

Fax : 32 2 5025686

Courriel : amnesty-eu aieu.be

Site Internet : www.amnesty-eu.org

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