Accueil du site > S’informer > Actualités > Sri Lanka. Des milliers de civils pris au piège alors que les combats (...)

Sri Lanka. Des milliers de civils pris au piège alors que les combats s’intensifient

jeudi 26 mars 2009, par Françoise Guillitte

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Des dizaines de milliers de personnes, prises au piège dans les « zones de sécurité » dans la région de Vanni, dans le nord-est de l’île, se retrouvent exposées à un danger croissant en raison de l’escalade de la violence dans les combats opposant les Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul (LTTE) aux Forces armées sri-lankaises, a déclaré Amnesty International ce jeudi 26 mars 2009.

Face à l’intensification des combats et au nombre toujours croissant de victimes, Amnesty International a appelé à une trêve humanitaire immédiate, afin de permettre le passage de l’aide aux civils et d’assurer à ceux qui souhaitent partir la possibilité de le faire en toute sécurité. L’organisation a également appelé les Nations unies et les donateurs internationaux à faire pression sur le Sri Lanka pour qu’il permette aux organisations humanitaires d’accéder librement aux camps de personnes déplacées dans la région.

« Tirer délibérément sur des civils, quel que soit le camp à l’origine des tirs, constitue un crime de guerre, a déclaré Sam Zarifi, directeur pour la région Asie-Pacifique à Amnesty International. Nous ne pouvons insister assez sur l’importance d’une pause immédiate pour permettre aux personnes déplacées de partir avant que des milliers d’autres ne soient tuées. Les Nations unies et les donateurs internationaux doivent faire pression sur les deux parties pour que soit mis fin à cette catastrophe humanitaire majeure. »

L’organisation a reçu des informations crédibles et concordantes faisant état de déplacements forcés de civils par les LTTE qui les pousseraient à aller dans des régions sous leur contrôle dans le Vanni, où ils se retrouvent otages de fait et servent de bouclier contre les forces armées sri-lankaises – en violation flagrante du droit international humanitaire. Selon la plupart des observateurs indépendants, il y aurait entre 150 000 et 200 000 civils pris sous le feu de combats intenses. Les LTTE auraient également délibérément tiré sur des civils qui essayaient de quitter les zones sous leur contrôle.

Le gouvernement sri-lankais a aggravé les souffrances des personnes déplacées en empêchant l’aide humanitaire internationale de parvenir à une région désormais privée d’hôpitaux en état de fonctionnement.

Les personnes qui risquent leur vie en fuyant s’exposent à d’autres exactions lorsqu’elles pénètrent dans les zones contrôlées par le gouvernement. Amnesty International dispose d’informations montrant que le gouvernement se sert de la procédure de filtrage aux points de contrôle et dans les « villages protégés » pour instaurer une discrimination envers les Tamouls et maintenir en détention des familles pendant des périodes indéterminées.

Selon les informations dont nous disposons, les « villages protégés » mis en place par les autorités sont surpeuplés et ne disposent pas des infrastructures appropriées. Dans les camps de Vavuniya et de Jaffna, les personnes déplacées sont détenues de fait, elles n’ont en effet pas l’autorisation de partir. On note également une présence militaire continue à l’intérieur des camps ce qui augmente le danger pour les civils.

« L’attitude du gouvernement sri-lankais jusqu’à présent a été de demander l’aide internationale tout en rejetant les normes et une surveillance internationales , a déclaré Sam Zarifi. Les Nations unies et les gouvernements donateurs doivent s’assurer que le Sri Lanka agit conformément à ses obligations et met fin à la discrimination et aux souffrances des personnes déplacées. »

Afin de trouver une solution à la crise des droits humains dans la région de Vanni, Amnesty International demande que :
-  les Tigres tamouls autorisent les civils à quitter la zone de conflit et que toute partie en mesure d’exercer une influence sur les Tigres tamouls les exhorte à le faire ;
-  le gouvernement sri-lankais veille à ce que les civils pris au piège dans la zone de conflit reçoivent une aide humanitaire suffisante et s’assure que les civils voulant quitter la zone de conflit peuvent le faire en toute sécurité ;
-  le gouvernement sri-lankais veille à ce que les personnes déplacées soient hébergées et reçoivent une aide appropriée et qu’elles soient autorisées à s’installer rapidement, de manière volontaire, dans une autre région, conformément aux normes internationales ;
-  les donateurs internationaux pour le Sri Lanka, notamment les Nations unies, veillent à ce que l’aide qu’ils fournissent ne soit utilisée que dans un cadre respectant les normes internationales relatives aux droits humains et ne serve pas à soutenir des politiques gouvernementales abusives.

Une synthèse d’Amnesty International décrivant la crise actuelle des droits humains au Sri Lanka est disponible auprès du service presse d’Amnesty International.

Sans votre aide, nous ne pouvons rien. Faites un don. Maintenant!

Répondre à cet article

Focus

e-Boutique

A l'agenda

Sri Lanka. Des milliers de civils pris au piège alors que les combats s’intensifient

« mai 2012 »
L M M J V S D
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3
 

Mots-clés

Pays par pays