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Près d’un Belge francophone sur trois connaît dans son entourage un ou des couples touché(s) par des faits de violence conjugale inacceptable.

mercredi 2 mars 2005, par Philippe Hensmans

Engagez-vous contre la violence faite aux femmes : cliquez ici

D’après les informations recueillies auprès de 1002 Belges francophones, 29% d’entre eux connaissent dans leur entourage immédiat un ou des couples touchés par des faits inacceptables de violence conjugale.

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Les résultats du sondage

Dans le cadre de sa campagne contre les violences faites aux femmes , et plus particulièrement les faits de violence conjugale, Amnesty International a initié, en partenariat avec le Soir Magazine et l’institut Dedicated Research [1], un sondage téléphonique auprès de 1002 Belges francophones, afin de connaître leurs opinions sur la violence conjugale.

« La Belgique manque cruellement de statistiques en la matière, a rappelé Philippe Hensmans, directeur de l’association. La dernière enquête scientifique disponible date de 1998, et avait révélé des chiffres effrayants, puisque 68% des femmes interrogées affirmaient avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles. En ce qui concerne les actes avérés de violence conjugale, tout le monde s’accorde aujourd’hui sur le fait que les statistiques tant policières que judiciaires sont largement insuffisantes, et ne permettent pas d’appréhender le phénomène de façon complète. Si l’enquête que nous avons menée ne porte que sur les opinions, elle permet néanmoins de faire ce triste constat : près d’un tiers des personnes interrogées connaissent, dans leur environnement, des femmes qui subissent des violences inacceptables de la part de leur conjoint. »

Par violences inacceptables, les personnes interrogées entendent essentiellement des actes de violence physique ou sexuelle. « Les répondants ont clairement fait la distinction entre violence morale et violence physique, même s’il faut rappeler qu’il est préférable d’appréhender la violence comme un cycle, qui comporte des éruptions de violence, mais aussi des moments de pression psychologique ou encore d’accalmie, de « lune de miel », rappelle Philippe Hensmans. Mais il est clair, pour ceux qui en doutaient encore, que la violence familiale est un fléau qui touche un nombre impressionnant de personnes et reste un vrai problème de société ».

Le sondage a mis en évidence également que pour un grand nombre d’interviewés, la violence conjugale a augmenté depuis 10 ans : 51% des réponses vont dans ce sens, cependant que 30% estiment qu’elle est restée stable. Seulement 8% des répondants pensent qu’elle a régressé.
Il est frappant de constater que les parmi les raisons invoquées pour expliquer cette augmentation de la violence, ce sont l’augmentation du stress lié au travail et la crise économique qui sont le plus souvent mentionnées, tandis que la banalisation de la violence, ou la hausse de la consommation d’alcool, semble beaucoup moins prise en compte.

« Il est malgré tout rassurant, estime Amnesty International, de constater que lorsque les Belges francophones sont confrontés à ce problème, ils n’hésitent pas à intervenir, et tentent quelque chose. Cela montre que nos concitoyens ne sont pas insensibles ».
L’enquête montre en effet que sur les 29% de personnes qui ont constaté ce phénomène dans leur environnement immédiat, la plus grande partie avait tenté de « faire quelque chose », en discutant avec la victime, avec l’agresseur ou la famille, et que dans plus de 50% des situations, cette intervention avait eu un effet positif (34% estimant que cela n’avait pas eu d’impact).

Mais il faut bien reconnaître que le recours à la police ou à des services spécialisés reste très marginal, et que la loi en vigueur (qui considère que le fait que la violence ait lieu dans le cadre conjugal est un facteur aggravant) est méconnue par la majorité des répondants.

« Ces résultats doivent interpeller nos dirigeants. Nous sommes confrontés à un véritable problème, et des réponses structurées tardent à venir. Si la violence domestique est un délit (et c’est ce que dit la loi), il est temps de le faire savoir, insiste Philippe Hensmans. Le gouvernement a planché sur un plan d’action, mais qui n’est pas encore rendu public, et qui n’est pas encore coordonné avec les entités fédérées. Au moment où débute la réunion de suivi de Bejing +10, on semble oublier que la violence conjugale constituait un axe majeur de la déclaration du Sommet des Nations unies de Bejing. »

Amnesty International s’associera dans les prochaines semaines avec un grand nombre d’organisations de la société civile pour proposer des pistes concrètes et des priorités d’action pour lutter plus efficacement contre la violence conjugale dans notre pays.

Sans votre aide, nous ne pouvons rien. Faites un don. Maintenant!

Notes

[1] Sondage sur les opinions des Belges francophones en matière de violence conjugale, réalisé pour le Soir Magazine et Amnesty International, par Dedicated Research, du 17 au 20 février 2005, sur un échantillon représentatif de 1002 Belges francophones, âgés de 18 ans et plus. La marge d’erreur maximale est de +/- 3,1% sur l’échantillon total.

16 Messages de forum

  • Pour qu’il y ait un changement, il faudrait permettre aux personnes de l’entourage ou de la famille de pouvoir porter plainte contre la personne violente.

    Ma fille vit la violence au quotidien, je ne peux rien faire de concret, car je ne peux pas porter plainte à sa place, la loi veut que ce soit la victime qui le fasse et elle ne le fera pas. Je ne peux que l’écouter, la consoler et parler avec elle.

    Faites changer les lois et les choses changeront radicalement.

    Merci
    Evelyne Tassin

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    • Pire ! Et je l’ai vécu. Je me suis enfuie pour aller porter plainte.
      La plainte a été acceptée mais après, dans l’immédiat !
      Rentrer chez soi ? Reprendre des coups ? Les policiers ne pouvaient pas, aux yeux de la loi, mettre le violenteur sous l’effet de l’alcool hors de la maison...
      Vive les copines et leurs canapés !

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      • Le vivant de l’intérieur depuis 16 ans , je ne peux que confirmer ...
        Depuis le mois d’août 2004, des nouveaux décrets , des nouvelles lois , mais malheureusement pour celles qui le vivent, il faut prouver, fournir des témoins d’actes violent de la part du conjoint et continuer à vivre sous le même toit tant qu’une décision de justice n’a pas été prise .
        Depuis la fin janvier 2 plaintes ont été déposées, une pour harcèlement moral et une pour coups et blessures volontaires .
        Quand on se décide enfin à agir pour que cela cesse , il faut savoir que ce n’était rien avant , que les choses vont empirer, qu’il va falloir supporter et ne pas répondre....
        Attendre et regarder les dégats que le conjoint fait autour de vous en essayant de vous démollir ,moralement et matériellement auprès de vos amis et de votre famille, certain ouvrent enfin les yeux, et d’autre les ferment et vous tournent le dos .
        Surtout ne plus baisser les bras et cette fois aller jusqu’au bout !
        AMIS ET FAMILLES DE VICTIMES DE VIOLENCES CONJUGALES ,
        Ne prennez pas pour argent comptant ce que vous raconte un mari pris en flagrant délit de violence, analisez bien les années passées , et demandez-vous comment vous ,vous auriez réagis face à des insultes incessantes et des coups lors de soirées trop arrosées ?......
        kat.

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    • C’est invraisemblable, Madame, oui cette loi doit changer absolumment parce que ce n’est pas seulement un problème personnel mais de société. Et aussi, c’est très contagieux. Combien de fils d’hommes violents et de mères battues n’ayant pas porté plainte ou su rompre l’engrenage, ne deviennent pas eux-mêmes des époux violents ? C’est notre responsabilité de femme et de citoyenne d’en finir, autant dans des cas particuliers qu’au moyen d’une conscientisation et de meilleurs lois. Je voudrais que votre fille s’en rende compte et agisse. Ce qui plus est, nous les mères, on peut devenir dangéreuses nous-mêmes ! Du moins moi je deviens folle furieuse quand ça arrive à ma fille (je n’ai pas besoin de vous brosser de tableau !).
      Puis apparemment la loi Lizin ne traite que de violence physique. Alors que la violence psychologique et sexuelle est encore plus répandue, notamment par exemple dans le cas des alcooliques. Si on voit dans quel état finissent les victimes, sans confiance en elles-mêmes, convaincues d’être des loques et des mères indignes, craignant les effets sur leurs enfants, cassées, sans espoir... Si c’est pas un délit ça ! Un autre problème est que la société - et même les victimes parfois - préfèrent souvent se convaincre qu’il s’agit d’une maladie et ainsi excuser le coupable. Mais ça devrait être comme avec tous les autres délits et crimes : d’abord il faut en terminer avec le délit, après on pourrait considérer la psyché du déliquant et parler traitement.
      Quant au sondage, je crois que 30% est extrêment bas. Sans doute les autres 60% ou 70% préfèrent ne rien voir, rien entendre, rien dire, comme les fameux petits singes.

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      • La violence psychologique est plus dévastatrice que la violence physique.
        J’ai grandi avec des parents alcooliques qui se disputaient, se cognaient et cassaient tout dans la maison régulièrement. J’ai été le punshing ball préféré de ma mère pendant 10 ans, avant qu’elle n’abandonne ses 3 enfants. Ses coups je les ai oubliés, pas ses paroles ; et peut-être est-ce à cause de sa violence psychologique que j’ai épousé un manipulateur ; maître dans l’art de vous faire croire que vous êtes une nullité, éloignant vos amis et famille et tous de dire« quelle chance tu as d’avoir un si gentil mari ». Il m’a fallu 20 ans et beaucoup de volonté pour le quitter, après être tombée dans une dépression qui m’a amenée aux portes de la mort.
        Je m’en suis sortie, mais à quel prix, les coups guérissent, les mots, jamais ! On doit se reconstruire petit à petit, mais l’entourage ne nous croit pas, tellement la violence psychologique est invisible avant que ses effets ravageurs soit perceptibles. Et la victime doit le prouver ! Comment peut-on le prouver ? Impossible si personne autour de vous ne vous crois, prétend que c’est votre comportement qui est changé.
        Il n’y a rien dans la loi belge pour déceler la souffrance des victimes de violences psychologique. Rien ! Il faut faire quelque chose pour changer cette situation.

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        • Marie-Anne,
          j’ai moi-meme subi la violence psychologique et physique d’un mari alcoolique et je reconnais que cela a fait des dégats dans notre famille. J’ai eu la chance de recevoir l’aide des ALANON (aide aux familles d’alcooliques, associé aux AA) et cela m’a permis de me remettre et d’apprendre à vivre autrement. La violence s’est maintenat largement estompée mais les traces restent mais il ya moyen de vivre bien meme avec quelqu’un qui déraille. Il est cependant impossible pour quelqu’un qui n’a pas vécu cela de comprendre ce qui se passe, meme mes beau-parents n’ont pas compris. C’est souvent la victime qui est accusée de comportement bizarre.
          Je voudrais cependant faire passer un message d’espoir car je sais qu’il y a moyen de retrouver une vie saine mais avec le support moral d’un groupe d’entraide.

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        • Bonjour Marie-Anne.
          J’ai été très touchée par ton témoignage. J’ai grandi « entourée » d’un père et d’une mère ayant été rejetés tous deux par leurs parents. Conclusion, ils n’ont pas su m’aimer comme ils auraient dû et j’ai été ballotée d’un côté à l’autre. Mon père m’ayant maintes fois rabaissée psychologiquement, je n’avais aucune confiance en moi. C’est dans ce contexte là que j’ai rencontré mon premier mari avec lequel j’ai vécu 5 ans. Physiquement, il ne m’a jamais touchée mais moralement, les dégats ont été catastrophiques. Il m’a fallu 5 ans pour me reconstruire grâce à l’amour et la patience d’un homme qui est devenu mon second mari et auprès de qui, je vis un bonheur que je ne pensais pas mériter. La violence morale est très difficile à prouver car ni mes parents, ni nos amis ne me croyaient. Tout le monde pensait que c’était moi qui faisait une dépression. Encore aujourd’hui, je me demande comment j’ai eu la force de le quitter. J’étais tellement détruite que lorsque j’ai rencontré mon mari actuel, qui est tout à l’opposé de mon premier mari, je l’ai repoussé. Je pensais que je ne méritais pas d’être aimée, que j’étais nulle. OUI, il faut que les choses changent.

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    • ça fait deux jours que j’ai rompu avec mon bourreau, ce soir, je vais mal...
      J’essaye plusieurs sites internet ; le 1307 et pages d’or... rien dans les résultat de ma recherche sur femme battue ! j’appelle le 1307, on me donne un numéro à Namur qui me renvoie sur une numéro gratuit à bruxelles qui me renvoie sur le 100.

      Que faire ? les pouvoirs publics s’en moquent ?

      Ce n’est pas NORMAL !

      FCK

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  • Bonjour, j’ai lu votre article concernant les violences conjugales et je fais partie de ces gens qui connaissent dans leur entourage des cas de violences conjugales. En effet, mon père étant alcoolique, la vie n’a jamais été évidente à la maison, particulièrement pour ma mère qui a surtout connu des violences symboliques (humiliations, interdictions de sorties, de porter certains vêtements, ...) mais aussi pour les 4 enfants, même si aujourd’hui, moi j’ai 25 ans, et nous ne sommes plus que deux enfants à la maison avec mon petit frère de 11 ans, et bien sûr il ne se passe pas un jour où je ne me tracasse pas pour eux deux [ma mère et mon petit frère], on ne sait jamais de quoi peut être capable un alcoolique... Je ne me tracasse pas pour moi, s’il me touche, je fonce dedans (je ne me laisse pas faire et c’est souvent moi qui défend ma mère des attaques paternelles...). Mais ce que j’aimerais souligner c’est que certains hommes sont aussi victimes de violences conjugales et qu’il ne faut pas l’oublier, car en limitant les campagnes aux « femmes violentées »,ça mlarginalise encore plus les hommes violentés,laissés seuls face à leur situation et leur honte, honte sans doute accentuée par le fait qu’ils entendent que,normalement, ce sont les femmes les victimes et non pas les hommes... Et donc ils se dévalorisent encore plus, perdent de leur estime de soi, de leur image de soi... Je dis ça parce que je connais le cas d’un homme victime de toutes sortes d’humiliations et je me dis que lui aussi devrait être soutenu par vos campagnes et pas uniquement les femmes... Ce ne sont pas toujours elles les victimes... Elles peuvent même être de très « beaux » bourreaux...

    Stéphanie

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  • C’est extrêmement préoccupant la violence en général et ainsi à l’égard aux enfants et des femmes et plus particulièrement.

    Par contre, ce dont on ne lit ou on n’en entend rien c’est la violence des femmes faites aux enfants ou aux hommes.

    Mon épouse (nous sommes séparés maintenant, heureusement !) m’a humilié, dénigré, insulté en public, devant des amis. De même à l’égard de mes parents tout cela par qu’elle n’arrivait plus à maintenir son « pouvoir » d’achat (entre-autres), son pouvoir « argent » se réduisant pour elle comme pour tout un chacun d’ailleurs. C’est toujours une forme d’hystérie pour ce sujet qui relève davantage de la pathologie en ce qui la concerne selon moi.

    Maintenant, je pose la question très ouvertement, allez-vous publier mon message (d’un homme donc) qui relate la violence que certaines femmes qui exercent aussi ou allez-vous « faire violence » en censurant mon avis ?
    Car à lire et à entendre cette campagne de sensibilisation que je cautionne, oui bien sûr, mais cette campagne un peu trop tendance à généraliser sur la gent masculine. On pourrait croire que 75% des hommes sont violents. Ce genre de diffusion choquante risque bien d’entraîner un climat de haine et de suspicion d’entre les sexes.

    Qui a inventé cette « idée » toute faite des « sexes opposés » ? Pas étonnant dès lors de constater les rivalités.
    Moi je dis les « sexes complémentaires » car nous avons besoin des hommes et des femmes pour évoluer dans l ‘Amour et pour la pérennité de l’Humanité.

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  • Bonjour,

    En complément au courriel que je vous ai envoyé il y a deux jours, et qui n’a pas été publié (j’y parlais de la violence faite aux hommes), je vous suggère de visiter ce lien qui résume des dizaines d’études faites sur ce sujet depuis une quinzaine d’années. Edifiant. Cela confirme le mensonge généralisé de la victimisation féministe et du déni de la violence subie par les hommes.

    http://www.csulb.edu/ mfiebert/assa...

    http://garscontent.com/Encyclopedie... (traduction française)

    John Goetelen, Genève

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  • « MON HISTOIRE »

    Le 6/7/06 vers 11 h du soir , mon compagnon, P. , domicilié chez moi ( je suis propriétaire de la maison), rentre.
    La journée a été tendue. On a parlé de séparation au téléphone. Il a bu. La dispute, déjà latente, éclate.
    Je reçois en passant près de lui un coup dans le dos et je suis bousculée contre le chambranle de la porte. J’entends qu’il va dans la salle de bain et j’entends un crac.
    Je me rends dans la salle de bain et je constate que le cadran de ma montre est écrasé.
    Il rentre dans la pièce. Je lui demande pourquoi. Il nie. Ma main le gifle. La riposte débute.
    Chaque fois que je lui répond que je veux que notre relation s’arrête, je suis projetée sur le lit , écrasée de son poids, serrée au cou, la tête enfoncée dans la couette. Il sort de l’armoire les paniers contenant sa lingerie pour faire un sac pour partir. Il fait volontairement choir une pile de pulls et de Tshirts. Je récupère les paniers en les vidant. Cela augmente sa colère, je suis clouée sur le lit, il m’écrase la figure de sa main. M’empêche de sortir de la chambre. Il vide brutalement une partie de la garde robe, écrase les vêtements de ses pieds, jette un de mes slips par la fenêtre. Je reçois de plus en plus de coups. Il me crache à la figure, tente de m’écraser la face. Il me gifle à plusieurs reprises le visage et le dos des pieds. Il est aussi violent en paroles, vulgaire et grossier. Je reçois un coup violent sur le dos du crâne, je vois des étoiles. Il me serre à droite, en dessous de la mâchoire, dans le cou. Il fume, laisse volontairement tomber ses cendres par terre. Fait mine de vouloir me brûler.
    Je réussis à crier et me réfugie dans la chambre de mon fils. J’appelle le 101. Il est 00.44h.
    Le 101 n’arrive pas à me transférer la police fédérale de la région. On me demande de téléphoner au n° direct. A ce n° , on ne répond pas. Je repasse par le 101. « Il y aurait un problème de liaison entre eux ». Je recompose le N° que l’on m’a donné. Enfin j’ai quelqu’un au bout du fil.
    Entre temps, P. quitte la maison.
    Au téléphone, j’explique la situation. Je leur signale qu’ils ont déjà été appelés auparavant, qu’il y a des antécédents. On me demande si j’ai des lésions. Comme, je n’ai pas de lésions visibles, on me dit qu’il ne sert à rien de déplacer une équipe puisque je devrais quand même donner ma déposition demain. Je demande ce que je dois faire s’il revient. « Le laisser rentrer » me répond- t- on car il est domicilié dans cette maison. Je leur rappelle que je me sens en danger. Je leur dis que j’ai aussi un écrit de la part de mon compagnon, où il reconnaît être dangereux sous l’influence de l’alcool et qu’il accepte dans ce cas qu’on ne lui permette pas de rentrer à la maison. La police me dit qu’ils ne savent rien faire avec ce document puisqu’il n’est pas là.
    Je raccroche.
    Une heure plus tard, P. me rappelle. Il va revenir à la maison car y étant domicilié, il sait qu’il a le droit d’y rentrer dormir. A 1h54, je refais le n° de téléphone de la police. Je leur redis mes craintes. Que dois-je faire ? On me dit en plaisantant qu’il semble s’agir d’une querelle d’adolescent. Que je dois lui laisser l’accès au domicile et attendre demain pour lui demander de quitter le domicile ! Je demande si je dois aussi en attendant supporter les coups que je risque de recevoir à nouveau. Je demande à ce que la police se déplace mais sans sirène. Il paraît qu’on ne peut répondre à cette demande, qu’ils se déplacent toujours avec sirène ; « les voisins sauront comme cela qu’il vous bat » ! On me dit aussi que cela ne sert à rien qu’ils viennent car, si mon compagnon n’est pas là, leur présence ne sert à rien car il ne rentrera pas s’il voit la voiture de police devant la maison et que s’il est là et pas dangereux, ça ne sert non plus à rien. « Attendez qu’il rentre madame et appelez nous si cela tourne mal »

    Ce n’était pas le premier appel que je lançais. Le 1er juin mes enfants apeurés avaient eux-mêmes appelé la police devant les cris de leur mère. J’avais dû nier avoir subi quelque chose. En effet, les policiers se sont amenés à 4, sirènes hurlantes. P. était dans le salon. Les policiers sont restés dans le hall. Avouer avoir subi quelque chose, alors qu’il entendait ce que je disais, c’était me soumettre à des représailles.

    En novembre2005, la police avait été aussi appelée. Je les avais appelés pour coups. Entre le moment où j’ai lancé l’appel et le moment où ils sont arrivés, les coups n’ont pas cessé. Il était en état d’ébriété. Les policiers lui ont dit qu’il avait le droit de rester dans son domicile et que s’il le quittait dans l’état où il était, il le coincerait rapidement pour conduite en état d’ivresse. Je n’ai pas osé déposer contre lui car la perspective de rester la nuit avec lui dans ces conditions m’a vraiment terrifiée. J’ai donc dit que je n’avais rien à déclarer.

    Ce 6 juillet-là, il est donc rentré à la maison, il avait , en plus de l’alcool, avalé plusieurs somnifères et est allé dormir dans la chambre d’ami.
    Le lendemain, je suis partie au travail. Il m’a contactée et m’a fait part de sa décision de prendre un studio et de quitter la maison. J’ai fait acter son départ du « domicile conjugal ». Je n’ai pas porté plainte. Tout ce que je voulais c’était avoir la paix.

    Et puis, 3 semaines plus tard, nous reprenons la vie commune pour la terminer début octobre au poste de police : violence et alcool.

    P. est actuellement hospitalisé. On l’a pris en charge et il semble motivé à se prendre en charge. Il est entouré, écouté. Le temps et l’avenir diront si « cela se soigne ».

    Moi, je suis seule avec mes questions, mes doutes, mes peines et mes plaies. Avec aussi cet amour qui reste présent et qui fait mal parce qu’il n’est pas raisonnable. Avec les bons conseils des gens « tu devrais être contente d’en être débarrassée », « il t’a manipulée », « la prochaine fois, il t’aurait tuée ? » , « Ces gens-là, ils recommencent toujours », « et tes enfants, t’y a pensé ? ». Avec personne qui ne comprend comment je peux encore éprouver des sentiments pour lui. Personne qui ne comprend ou accepte cette ambiguïté en moi.
    Je suis seule mélangeant les bons et les mauvais moments de notre vie à 2.
    Bien sûr qu’il y a eu de bons moments. Bien sûr que personne n’est tout -a -fait mauvais. Bien sûr que j’ai assez connu P. que pour savoir qu’il y a avait du bon en lui. Bien sûr que rien ne peut excuser la violence. Bien sûr que si je suis restée avec lui, ce n’est pas par masochisme. Bien sûr que rien n’est blanc ou noir.

    Moi, je reste seule avec ma tristesse.
    J’entends « Allez, secoue toi » « Si tu t’enfonces, c’est que tu le cherches »
    Je reste seule avec mes nuits de questions, mes pleurs et mes peurs. Partagée entre ma raison et mes sentiments.

    .

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  • On fait comment pour dénnoncer un beau-père qui bat sa maman depuis des années et que cette dernière ne veut rien faire pour changer parce qu’elle a peur ?... je suis sa fille aînée, je ne peux pas porter plainte à la place de maman car moi il ne m’a jamais touché physiquement !
    Pourquoi les femmes battues ne portent pas plainte contre leur bourreau ???????

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  • je voulais aussi témoigner, j’ai été victime durant 10 ans de violence psychologique, et à la fin physique de la part de mon mari.
    J’ai du fouir au bout du compte. Il est alcoolique. Il à encore un droit de garde pour les enfants. Et oui, l’ alcoolisme n’est pas un délis sauf la conduite en état divresse.
    Imaginez vous ma souffrance je pense que l’ alcoolisme est un vrai cancer dans une famille.

    brigitte

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