Index AI : AMR 41/058/2003
ÉFAI
Mardi 9 décembre 2003
DÉCLARATION PUBLIQUE
Pour la communauté internationale, la disparition forcée constitue l’une des plus graves violations des droits humains. Depuis qu’Amnesty International a commencé son travail de recherche sur les atteintes aux droits fondamentaux au Mexique, il y a plusieurs dizaines d’années, la disparition forcée s’est imposée comme l’une des pratiques les plus persistantes, qui laisse les proches du « disparu » dans l’angoisse parce qu’ils ignorent tout du sort réservé à l’être cher. Pendant toute cette période, aucun mécanisme légal efficace n’a été mis en place, que ce soit pour prévenir ou punir ces violations imputables à l’État.
De nombreux pays d’Amérique latine ayant fait l’expérience tragique de tels agissements, cette région est parvenue à établir des principes et des normes internationales visant à éradiquer cette forme si grave d’abus de pouvoir de la part de l’État. La Convention interaméricaine sur la disparition forcée des personnes dispose qu’il est de la responsabilité des autorités d’empêcher les « disparitions », mais aussi d’ouvrir des enquêtes sur celles-ci, de punir les responsables et de mettre fin à ce type de pratique. En tant qu’État partie à la Convention, le Mexique s’est engagé à adopter les mesures législatives requises afin d’ériger les « disparitions » en infractions pénales, passibles de sanctions proportionnelles à leur extrême gravité. Malgré cela, la législation interne ne permet toujours pas de réaliser cet objectif.
C’est dans l’État de Guerrero qu’ont été enregistrées la majorité des cas de disparition forcée dans le pays, depuis l’époque de la « sale guerre » jusqu’à présent. Comme l’a établi la Commission des droits humains de cet État, certains fonctionnaires se rendent encore coupables de cette pratique délictueuse. Le fait que dans l’État de Guerrero aucun magistrat ne soit habilité à juger cette grave infraction signifie que ces crimes restent impunis, et que les familles continuent à vivre dans l’angoisse, sans obtenir justice ni recevoir réparation.
Les représentants politiques de l’État de Guerrero doivent s’engager à mettre un terme aux « disparitions » dans cette partie du pays, et à permettre aux familles des « disparus » d’obtenir justice. Amnesty International se joint à ceux qui s’apprêtent à demander énergiquement que la disparition forcée soit considérée dans l’État de Guerrero comme une infraction pénale, conformément aux normes internationales.




