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MALAISIE : Encore deux prisonniers d’opinion remis en liberté, mais davantage reste à faire

lundi 16 juin 2003

Index AI : ASA 28/018/2003

Jeudi 12 juin 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Deux nouveaux militants, emprisonnés au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure (ISA, Internal Security Act), ont été remis en liberté en Malaisie. Badrulamin Bahron et Lokman Noor Adam sont sortis ce jeudi 12 juin 2003 du centre de détention de Kamunting à l’expiration des ordonnances de mise en détention de deux ans les concernant.

« Il s’agit indubitablement d’un pas dans la bonne direction de la part du gouvernement ; ce sera un immense soulagement pour leurs familles et leurs amis qui ont courageusement supporté deux années inutilement passées loin de la présence de leurs êtres chers. Cependant, si ce geste du gouvernement reste bienvenu, le fait est que ce dernier doit se pencher sur le problème des centaines de personnes actuellement détenues sans avoir été formellement inculpées ni jugées au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure et d’une législation très restrictive », a déclaré Amnesty International.

L’organisation continue d’appeler à une réforme ou à l’abrogation de la Loi relative à la sécurité intérieure afin de mettre le pays en conformité avec les engagements internationaux en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifiques et le droit à un procès équitable et public.

Baldrulamin Bahron a été libéré ce matin. Lokman Noor Adam a, dans un premier temps, été transféré dans un poste de police local avant d’être remis en liberté sous caution cet après-midi par le tribunal d’instance de Kuala Lumpur, un autre chef d’inculpation pesant contre lui, lié à sa participation à des rassemblements illégaux. Baldrulamin Bahron et Lokman Noor Adam s’ajoutent ainsi aux quatre autres personnes détenues au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure qui avaient été remises en liberté en début de mois. Saari Sungib, Tian Chua, Hishamuddin Rais et Mohd Ezam Mohd Nor ont retrouvé la liberté à l’expiration des ordonnances de mise en détention les concernant le 1er juin.

Amnesty International reste préoccupée par le fait que, bien que ces six personnes ne soient plus détenues au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure, d’autres chefs d’accusation pèsent sur elles, liés à d’autres lois. À l’issue de leur incarcération au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure, Tian Chua, Hishamuddin Rais, Mohd Ezam Mohd Nor et Lokman Noor Adam, ont tous quatre été brièvement maintenus en détention dans l’attente de leur mise en liberté sous caution pour des charges pesant contre eux au titre d’autres lois.

« Accumuler les chefs d’inculpation en moyen de lois répressives est devenu un moyen de faire taire les dissidents et constitue une grave violation des droits humains », a déclaré Amnesty International.

Complément d’information

En avril 2001, dix militants reformasi (en faveur de réformes politiques et sociales) ont été arrêtés au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure alors qu’ils organisaient une manifestation destinée à marquer le deuxième anniversaire de la condamnation d’Anwar Ibrahim, ancien vice-Premier ministre ; celui-ci a été condamné à quinze ans de prison sur la base d’accusations hautement politiques lors d’un procès inéquitable. Ces dix militants ont été interpellés pour avoir projeté de renverser le gouvernement par la violence. Aucune preuve n’a été présentée pour étayer ces accusations et aucun des dix n’a été jugé pour cela.

Une ordonnance de mise en détention pour deux ans au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure a été prononcée à l’égard de six des dix détenus en juin 2001.

La Loi relative à la sécurité intérieure a été condamnée au niveau international ; elle permet de maintenir une personne en détention pour une durée indéterminée sans jugement ni inculpation ; elle est également utilisée pour empêcher des personnes d’exprimer pacifiquement leurs convictions politiques ou religieuses.

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