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FORUM SOCIAL MONDIAL : Pour qu’un autre monde soit possible : le respect de tous les droits humains pour tous

lundi 3 février 2003

Index AI : ACT 79/005/2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE Porto Alegre. À l’heure où, dans le cadre du Forum social mondial, la société civile internationale débat des enjeux de la mondialisation croissante de l’économie, Amnesty International souligne la nécessité d’une véritable mondialisation de la justice, des droits humains et de l’obligation de rendre des comptes pour combattre les inégalités et lutter contre la pauvreté, l’insécurité et la répression auxquelles des millions de personnes à travers le monde sont confrontées.

« Le témoignage d’une plus grande attention aux droits humains dans les processus d’intégration mondiale apporterait à ces processus les fondements éthiques qui leur font tant défaut », a déclaré Paul Hoffman, président du Comité exécutif international d’Amnesty International. « Par dessus tout, cela nous rappellerait que toute personne - quel que soit son pays - a le droit de vivre dans la dignité et la liberté. La mondialisation doit être considérée comme un échec si elle ne bénéfice pas aux plus vulnérables et aux plus pauvres de la planète. »

L’intégration croissante de l’économie mondiale, notamment par le biais des investissements étrangers et du développement du commerce, est une force puissante, qui entraîne des migrations, la perte des moyens de subsistance traditionnels et des bouleversements sociaux et culturels liés aux changements qui surviennent dans les domaines de l’emploi, des modes de consommation et des préférences culturelles. En ce qui concerne les droits humains, les effets négatifs de la mondialisation sont visibles sur tous les droits, mais plus particulièrement sur ceux des personnes qui sont déjà marginalisées.

En voici quelques exemples parmi tant d’autres : les femmes qui vont travailler dans les usines mexicaines d’assemblage de produits destinés à l’exportation le font peut-être pour gagner un peu plus d’argent qu’elles n’en gagneraient dans leur village, mais de nombreuses affaires montrent que ce choix les expose à de nouvelles formes de violences et d’exactions sexospécifiques. Les enfants des rues en Afrique, en Asie et en Amérique latine sont fortement menacés de violences aux mains de la police. Les plus pauvres et les plus marginalisés sont présents de manière disproportionnée dans les statistiques pénales et sont couramment victimes de violations de leurs droits fondamentaux. Les militants de la terre dans des pays comme le Brésil sont menacés et tués, tandis que les populations indigènes sont chassées de leurs terres, qui sont ensuite souvent vendues à des entreprises multinationales. Les travailleurs qui revendiquent des droits et des conditions de travail appropriés sont souvent victimes d’une violente répression, comme cela a été le cas au Nigéria en août 2002, lorsque la police et l’armée ont réprimé brutalement une manifestation pacifique de femmes aux portes de l’entreprise Shell Petroleum Development and Chevron Nigeria.

« L’un des éléments clés pour combattre ces tendances négatives pourrait être de coupler la suppression des barrières commerciales avec une levée des barrières qui empêchent la grande majorité de la population mondiale de jouir pleinement de l’intégralité de ses droits, et de promouvoir activement le respect de tous les droits humains pour tous », a ajouté Paul Hoffman. « Pour obtenir ce respect de tous les droits humains pour tous, il convient de remettre en cause l’idée selon laquelle les droits peuvent être séparés les uns des autres, comme si le droit à la vie pouvait être séparé des droits à la nourriture, à l’eau, au travail et aux soins médicaux, ou le droit à la liberté d’expression être séparé du droit de recevoir une éducation. Il faut aussi combattre l’argument selon lequel les droits de certains groupes, de certaines personnes ou de certains États peuvent être sacrifiés sur l’autel de la sécurité, des droits ou des intérêts des autres.  »

Parallèlement, le pouvoir croissant exercé par les acteurs économiques privés - tels que les multinationales - nécessite un renforcement des mécanismes juridiques afin que ces acteurs puissent avoir à rendre des comptes pour leur participation directe ou indirecte aux atteintes aux droits fondamentaux.

« Les normes internationales existantes en matière de droits humains mettent les gouvernements dans l’obligation de respecter et de protéger les droits de la personne humaine. Dans la mesure où ils peuvent avoir une influence sur ces droits, les acteurs économiques doivent être soumis à la même obligation », a conclu Paul Hoffman, soulignant qu’il s’agissait d’un des principaux messages qu’Amnesty International souhaitait faire passer à l’occasion de ce Forum social mondial.

Des mises à jour régulières et d’autres outils médiatiques en provenance du Forum économique mondial et du Forum social mondial sont disponibles sur notre site web : http://www.web.amnesty.org/mavp/av....

Par ailleurs, des précisions supplémentaires sur le programme d’Amnesty International pour ces deux forums, ainsi que sur sa participation passée aux Forums sociaux européen et asiatique, peuvent être consultées à l’adresse : http://web.amnesty.org/web/web.nsf/...

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