Amnesty International a envoyé hier, dimanche 8 décembre 2002, une mission de recherche qui doit rejoindre le nord de la Côte d’Ivoire par le Mali afin d’enquêter sur la situation des droits humains dans cette région du pays tenue, depuis le soulèvement de septembre dernier, par le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI). Cette mission se compose de MM Gaëtan Mootoo, Stéphane Mikala et Salvatore Saguès, tous trois membres du secrétariat international d’Amnesty International.
L’objectif de cette mission est d’évaluer la situation des droits humains dans cette partie du pays en visitant notamment les personnes détenues par le MPCI et de rencontrer les responsables de ce mouvement d’opposition armé. Cette mission fait suite à une première visite à Abidjan en octobre 2002 où une délégation d’Amnesty International avait enquêté sur les violations des droits humains commises par les forces de sécurité.
Depuis le début de cette crise, Amnesty International a, par trois fois, dénoncé les atteintes aux droits humains commises par les parties au conflit, en rappelant que tout règlement de cette crise devait comporter comme élément essentiel le respect par toutes les parties au conflit des droits humains, et notamment l’arrêt des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, du harcèlement dont ont été victimes les civils accusés de part et d’autre d’être des sympathisants de la partie adverse en raison de leurs sympathies politiques, de leurs appartenances ethniques ou de leurs origines étrangères.
Amnesty International a également publiquement rappelé que la communauté internationale a le devoir d’empêcher la multiplication des attaques par les parties en conflit contre les civils quelles que soient leur nationalité, ethnie, religion ou opinions politiques présumées.
L’organisation a aussi lancé un appel aux forces d’interposition, quelles qu’elles soient (actuellement des troupes françaises sont stationnées sur la ligne de front dans l’attente de l’arrivée de forces de la CEDEAO). L’organisation précise que ces forces doivent avoir un mandat clair en matière de protection des droits humains, et de l’intégrité physique des civils, premières victimes de ce conflit.
La délégation d’Amnesty International séjournera dans le nord de la Côte d’Ivoire du 9 au 18 décembre 2002.




