femmes
Adriana Sarmiento Enriquez, quinze ans, a disparu le 18 janvier à Ciudad Juarez, dans l’État de Chihuahua. Il est à craindre qu’elle n’ait été enlevée et que sa vie ne soit en danger, étant donné que des centaines de femmes et de jeunes filles ont été assassinées à Ciudad Juarez ces quinze dernières années. Il est arrivé plusieurs fois que les autorités tardent à intervenir lorsque la disparition d’une femme ou d’une jeune fille leur est signalée.
Adriana Sarmiento Enriquez a été vue pour la dernière fois, par ses amis, dans l’après-midi du 18 janvier, alors qu’elle allait prendre le bus pour rentrer chez elle après l’école, près du centre de Ciudad Juarez. Sa famille a signalé sa disparition aux autorités. Des organisations de femmes, des amis et des parents de l’adolescente ont distribué des tracts demandant aux personnes qui l’auraient vue de se manifester. Le 27 janvier, ses camarades d’école ont manifesté pour exiger des autorités qu’elles mettent davantage de moyens en œuvre pour retrouver Adriana Sarmiento Enriquez. Deux autres jeunes filles de son école ont été enlevées et tuées en 2003 et 2004.
Selon des organisations locales de défense des droits humains, au moins quatre jeunes filles et femmes ont été tuées à Ciudad Juarez depuis le début de l’année. Le 2 janvier, Johana Radilla Sánchez, vingt ans, a subi une agression sexuelle avant d’être assassinée au domicile d’un proche. Le 18, Maria Guadalupe Esparza Zavala est morte des suites d’un coup de couteau dans le cœur qui lui aurait été asséné, selon certaines informations, par son compagnon. Le 20, Mirna Yeremia Munoz Ledo Marin, dix ans, a été retrouvée morte chez elle : elle avait été victime d’une agression sexuelle et poignardée. Le 21 janvier, Ericka Sonora Trejo, trente-huit ans, enceinte de huit mois, a été retrouvée morte dans sa salle de bain après avoir été rouée de coups. D’après la police, le coupable serait son beau-père.
Le 29 janvier, dans un rapport évaluant les mesures adoptées par les autorités fédérales, de l’État et de la municipalité pour mettre un terme aux disparitions et meurtres de femmes à Ciudad Juarez, la Commission nationale des droits humains a estimé que l’ensemble de ces administrations n’avaient pas fait assez pour venir à bout des violences systématiques contre les femmes.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Au moins 430 femmes et jeunes filles ont été assassinées à Ciudad Juarez et dans la ville de Chihuahua depuis 1993, et plus de 40 sont toujours portées disparues. Les circonstances et les mobiles de ces meurtres étaient très divers, mais un tiers au moins ont été accompagnés de violences sexuelles, et bon nombre d’entre eux résultaient de violences domestiques. En 2003, face à d’intenses pressions nationales et internationales, les autorités fédérales et de l’État se sont efforcées d’améliorer la prévention de ces crimes et de mieux les sanctionner, mais les résultats de ces initiatives ont été limités. Moins de la moitié des affaires de meurtre ont débouché sur une déclaration de culpabilité et une condamnation, et un tiers en sont toujours au stade de l’enquête. De plus, bien qu’un procureur fédéral ait recommandé l’ouverture d’enquêtes contre plus de 170 représentants des autorités de l’État et de la municipalité pour négligences et omissions dans la suite donnée à ces affaires, aucun n’a été traduit en justice. De leur côté, les familles et les organisations de femmes continuent de se battre pour obtenir justice. Veuillez consulter le rapport d’Amnesty International intitulé Mexico : Intolerable Killings : 10 years of abductions and murder of women in Ciudad Juárez and Chihuahua (AMR 41/026/2003, http://www.amnesty.org/en/report/in...).
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
dites-vous inquiet pour la sécurité d’Adriana Sarmiento Enriquez, qui a été vue pour la dernière fois à Ciudad Juarez le 18 janvier
appelez les autorités à veiller à ce que la police intervienne rapidement
Jelveh Javaheri, journaliste et militante des droits des femmes, a été arrêtée le 1er décembre 2007 au tribunal révolutionnaire de Téhéran, la capitale. Elle avait été convoquée par une chambre de cette instance pour répondre à des questions. Selon d’autres militantes des droits des femmes, elle a été accusée de « troubles à l’ordre public », de « propagande contre le régime » et de « publication d’informations mensongères » après la diffusion de certains articles sur des sites Internet. On pense qu’elle est détenue à la section 3 de la prison d’Evin à Téhéran.
Amnesty International considère cette femme comme une prisonnière d’opinion, car elle est détenue uniquement pour avoir mené pacifiquement ses activités en faveur de l’égalité des droits entre hommes et femmes en Iran ; elle demande sa libération immédiate et sans condition.
Jelveh Javaheri participe activement à la Campagne pour l’égalité, qui vise à recueillir un million de signatures iraniennes sur une pétition demandant l’abrogation des dispositions légales discriminatoires envers les femmes. Outre ses fonctions au sein du comité éducatif de la Campagne, Jelveh Javaheri a rédigé plusieurs articles pour son site Internet (http://www.we4change.info/). Elle a par ailleurs beaucoup écrit sur des questions concernant les femmes sur d’autres sites.
Jelveh Javaheri faisait partie des 33 femmes arrêtées le 4 mars 2007 alors qu’elles protestaient contre le procès de cinq militantes des droits des femmes. Libérée au bout de quatre jours (voir l’AU 52/07, MDE 13/021/2007, 5 mars 2007, et ses mises à jour), elle a été convoquée par la just
7 décembre 2007
Nancy Mota Figueroa, leader d’une organisation de femmes à Oaxaca et militante de l’Asamblea popular del pueblo de Oaxaca (Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca, APPO) a été enlevée, puis relâchée, par des individus armés non identifiés le 2 décembre. Ils lui ont posé des questions sur d’autres militants de l’APPO, l’ont menacée de mort et de viol, ainsi que d’un nouveau rapt. Amnesty International est gravement préoccupée par la sécurité de cette femme.
D’après Nancy Mota, tandis qu’elle marchait dans une rue d’Oaxaca, un véhicule blanc de type SUV aux vitres teintées et sans plaques d’immatriculation s’est arrêté à sa hauteur. Deux hommes masqués en sont sortis et l’ont poussée à l’intérieur, avant de couvrir ses yeux d’un bandeau imprégné d’un liquide irritant.
Selon son témoignage, alors que le véhicule roulait dans les rues d’Oaxaca, les deux hommes l’ont interrogée sur d’autres militants de l’APPO, dont certains sont actuellement détenus. Ils lui ont enfoncé la tête entre ses genoux puis lui ont tiré les cheveux et pointé deux armes sur la tête. Elle les a entendus appuyer sur la gâchette et menacer de tirer sur elle. Les hommes lui ont ordonné de cesser son action militante, faute de quoi ils la kidnapperaient à nouveau et la violeraient. Nancy Mota Figueroa a également été frappée au ventre. Au bout d’une heure de séquestration, elle a été libérée dans un terrain vacant proche du centre-ville et menacée d’un nouvel enlèvement. Les ravisseurs auraient par ailleurs téléchargé tous les numéros de téléphone sauvegardés sur son téléphone portable.
Nancy Mota a porté plainte auprès du bureau du procureur général de l’État d’Oaxaca et a raconté son enlèvement lors d’une conférence de presse.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Un conflit politique et social a éclaté en juin 2006 à Oaxaca, à la suite d’une grève enseignante qui s’est transformée en un vaste mouvement social mené par l’Asamblea popular del pueblo de Oaxaca (Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca, APPO) et appelant le gouverneur à démissionner. Au cours des manifestations, les autorités municipales, fédérales et de l’État se sont rendues responsables de graves violations des droits humains, notamment de placements en détention arbitraires et au secret, d’actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements. Certains manifestants se sont également livrés à des infractions pénales. Des sympathisants du mouvement d’opposition ont été arrêtés à de multiples reprises et harcelés par le biais d’inculpations sur la foi d’éléments forgés de toutes pièces (voir l’AU 92/07, AMR 41/017/2007, 19 avril 2007, ainsi que le rapport Oaxaca : Une exigence de justice, AMR 41/031/2007, 31 juillet 2007). Les personnes présumées responsables n’ont pas été traduites en justice, malgré les nombreuses plaintes au niveau fédéral et à celui de l’État.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
faites part de l’inquiétude que vous inspirent les informations selon lesquelles Nancy Mota Figueroa, défenseure des droits de la femme et des droits sociaux et militante politique, a été enlevée et menacée à Oaxaca, le 2 décembre, par des individus armés non identifiés ;
dites-vous inquiet à l’idée que d’autres militants sociaux et politiques d’Oaxaca, en particulier ceux de l’APPO, ne subissent le même traitement ;
priez les autorités de veiller à ce qu’une enquête exhaustive et impartiale soit menée dans les meilleurs délais sur cet enlèvement, ainsi que sur les menaces et les mauvais traitements dont Nancy Mota a fait l’objet, et de faire le nécessaire pour que les responsables présumés soient déférés à la justice ;
exhortez les autorités à assurer la protection de cette femme, conformément à ses souhaits.
APPELS À :
Ministre de l’Intérieur : Francisco Javier Ramirez Acuña Secretario de Gobernación, Secretaría de Gobernación Bucareli No. 99, Edificio Cobián, 1er piso, Col. Juárez, Del. Cuauhtémoc, Mexico D.F. 06600, Mexique Fax : +52 55 5093 3414 Courriers électroniques : secretario segob.gob.mx Formule d’appel : Señor Secretario, / Monsieur le Ministre,
Gouverneur de l’État d’Oaxaca : Lic. Ulises Ruiz Ortiz Gobernador del Estado de Oaxaca Carretera Oaxaca-Puerto Angel, Km. 9.5, Santa María Coyotepec, Oaxaca C.P. 71254, Oaxaca, Mexique Fax : +52 951 502 0530 (Si une personne décroche, veuillez dire : « Me da tono de fax, por favor ») Courriers électroniques : [goberna
MDE 13/131/2007 - AU 298/07
Delaram Ali a reçu l’ordre de se présenter devant un tribunal afin de commencer à purger une peine de prison qui ne lui a pas été formellement notifiée. Elle a été informée qu’elle serait arrêtée si elle ne comparaissait pas avant le 10 novembre. Elle risque également de se voir infliger une peine de flagellation. Si elle était placée en détention, Amnesty International la considérerait comme une prisonnière d’opinion car elle n’a fait qu’exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression et d’association en menant ses activités de défense des droits des femmes en Iran. Le responsable du pouvoir judiciaire a la capacité de suspendre la condamnation de Delaram Ali et d’ordonner une nouvelle enquête sur les faits qui lui sont reprochés.
Delaram Ali, travailleuse sociale, a été arrêtée le 12 juin 2006 lors d’une manifestation pacifique organisée à Téhéran, la capitale, en faveur de l’abrogation des lois discriminatoires envers les femmes. Cette militante et d’autres manifestants ont été frappés par des policiers ; plusieurs os de sa main gauche ont été fracturés au cours de ces violences. Elle a été libérée peu de temps après, mais elle a été jugée en juin 2007 par la 16e branche du tribunal révolutionnaire de Téhéran, qui l’a déclarée coupable de « participation à un rassemblement illégal », de « propagande contre le régime » et de « trouble à l’ordre public ». En juillet 2007, cette instance l’a condamnée à trente-quatre mois d’emprisonnement et à 10 coups de fouets. Elle affirme que son avocat n’a pas été autorisé à lui parler au cours de son procès.
Elle est restée en liberté en attendant qu’il soit statué sur son appel, mais certaines sources ont fait savoir le 4 novembre que des représentants du pouvoir judiciaire avaient indiqué par téléphone à Delaram Ali et à ses avocats qu’une cour d’appel avait rendu un arrêt relatif à ce recours. Cette décision n’a pas été notifiée par écrit à Delaram Ali. Certaines informations laissent entendre que la cour d’appel a annulé sa peine de flagellation et réduit sa peine de prison à trente mois. Delaram Ali a reçu l’ordre de se présenter devant un juge pour que sa condamnation soit appliquée, et ce avant le 10 novembre, sans quoi elle serait arrêtée. Aux termes de la législation iranienne, il est illégal qu’une personne purge une peine avant d’avoir reçu une notification écrite de celle-ci.
Delaram Ali a porté plainte à la suite des mauvais traitements qu’elle a subis au cours de son arrestation, tout comme les autres personnes qui ont été battues, mais en octobre 2007, un tribunal a acquitté de tous les chefs d’accusation les policiers présents à cette manifestation.
En juillet, Delaram Ali a déclaré au cours d’une interview que sa peine de flagellation, bien qu’elle soit « moins sévère que la peine de prison, [était] une insulte à la société civile et au mouvement féministe ». Elle a également indiqué, lors d’une autre interview : « Cette décision me coûte beaucoup. Moi et nos avocats ne pouvons que penser que cette condamnation est une sorte d’avertissement aux autres militants des droits des femmes. Les trois accusations dont je fais l’objet sont les mêmes que celles retenues contre d’autres militants. Cependant, certains ont bénéficié d’un non-lieu pour deux de ces chefs d’accusation : “propagande contre le régime” et “trouble à l’ordre public”. J’ai été reconnue coupable de ces infractions et condamnée pour celles-ci. Il y a une incohérence, car je ne peux pas, à moi seule, avoir fait de la propagande contre le régime ou troublé l’ordre public. Ces jugements ressemblent plutôt à un avertissement de l’État destiné à nous rappeler qu’il s’agit également de l’une des mesures qu’il peut prendre contre nous, afin que les autres citoyens en tirent les leçons et soient intimidés. »
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le 12 juin 2006, les forces de sécurité iraniennes ont réprimé par la force une manifestation pacifique à laquelle participaient des femmes et des hommes réclamant la fin de la discrimination juridique à l’égard des femmes en Iran. Les manifestants s’étaient rassemblés sur la place du 7 Tir à Téhéran pour demander, entre autres choses, une modification de la législation afin que le témoignage d’une femme devant un tribunal ait la même valeur que celui d’un homme et que les femmes mariées puissent choisir leur emploi et voyager librement, sans avoir à obtenir au préalable la permission de leur mari.
Delaram Ali faisait partie des 70 personnes arrêtées au cours de ces événements. Plusieurs d’entre elles ont également été battues lors de leur arrestation. Des photographies de ces événements sont diffusées sur le site http://www.khosoof.com/archive/281..... La plupart de ces manifestants, dont Delaram Ali, ont été libérés peu de temps après, mais Sayed Ali Akbar Mousavi Khoini a été maintenu en détention pendant plus de quatre mois et affirme avoir été torturé au cours de cette période (voir l’AU 181/06, MDE 13/075/2006 du 30 juin 2006, ainsi que ses mises à jour).
Plusieurs autres manifestants ont également été condamnés, mais aucun d’
« J’ai découvert que mon mari avait violé notre fille de huit ans. Il a reconnu l’avoir fait. Il m’a nargué en disant que c’était sa fille et qu’il pourrait recommencer s’il voulait »
Le viol et d’autres formes de violence sexuelle sont très répandus au sein de la famille et de la communauté. 63, 2 p. cent des viols au Burundi seraient commis par des voisins et des proches, en d’autres termes des personnes que la victime connaît ou qui lui sont apparentées. Les plus exposées sont les jeunes filles et les jeunes femmes : en décembre 2006, 60 p. cent des viols signalés concernaient des mineures. Les femmes sont moins disposées à dénoncer leur mari ou leur père si l’arrestation de celui-ci signifie la perte de la principale source de revenus de la famille. D’autres catégories de la population sont particulièrement vulnérables, dont les veuves, les réfugiées de retour chez elles et les femmes vivant seules.
« Je n’ai pas déposé de plainte car j’étais terrorisée. Qui plus est, personne n’aurait accepté de témoigner en ma faveur parce que, à ce moment-là, tout le monde avait peur des représailles »
Les victimes gardent souvent le silence car elles sont trop effrayées pour oser dénoncer un viol. En l’absence d’aide de l’État, de la communauté et souvent des proches, il est fréquent que les femmes ne signalent pas les violations qui sont commises contre elles, qui ne sont donc pas prise en compte. Elles doivent faire face seules aux conséquences de ces violences. Dans la plupart des cas, les femmes ne dénoncent pas le viol dont elles ont été victimes car elles craignent des représailles de la part de leur agresseur. Qui plus est, au Burundi les femmes font l’objet de différentes formes de discrimination fondées sur le genre - notamment la réprobation sociale envers les victimes de viol.
« J’aurais aimé avoir un mari et des enfants, mais maintenant j’ai perdu tout espoir. Chaque fois qu’un homme apprend que j’ai été violée, il me quitte »
Les victimes et les survivantes ont souvent exprimé leurs sentiments de honte d’avoir été violées. Au Burundi, l’idée fausse qui veut que la victime d’un viol soit responsable de ce qui lui est arrivé est très répandue : le viol est attribué à son comportement ou sa tenue vestimentaire. Souvent la famille de la victime ainsi que ses amis et sa communauté la rejettent et celle-ci se retrouve seule et sans ressources. Des pratiques coutumières qui privent les femmes de certains de leurs droits, comme celui de posséder des biens ou la terre qu’elles cultivent ou d’en hériter, renforcent la dépendance économique des femmes par rapport aux hommes. Des victimes de viol ont exprimé leur réticence à engager une procédure judiciaire car elles craignaient de perdre le soutien économique de leur famille ou de leur conjoint. D’autres facteurs économiques - notamment la pauvreté, le manque d’accès à l’éducation, à l’information et aux soins médicaux - aggravent la vulnérabilité des femmes. Cet ensemble complexe de facteurs empêche les victimes de viol d’engager une procédure judiciaire contre leur agresseur.
Les autorités du Burundi n’exercent pas la diligence requise pour empêcher les viols et d’autres formes de violences sexuelles, mener des enquêtes et punir les auteurs de tels actes. Ceux-ci échappent donc fréquemment aux poursuites et aux sanctions. Le taux de poursuites débouchant sur des condamnations reste très bas pour les violences sexuelles. Ces lacunes du système ont créé un climat dans lequel les victimes de viol sont réticentes à engager une procédure judiciaire ou dans l’incapacité de le faire. Il ne répond pas à l’attente des femmes des zones rurales qui ignorent dans la plupart des cas la procédure à suivre pour engager une procédure judiciaire et qui n’ont le plus souvent pas accès à l’assistance psychologique, sociale et médicale fournie par des organisations non gouvernementales (ONG) actives au Burundi.
Les responsables de l’application des lois et les autorités judiciaires font régulièrement preuve d’indifférence envers les victimes qui affirment avoir été victimes de tels délits, manquant ainsi à leurs obligations professionnelles. Les agents de l’État négligent souvent de veiller à ce que les plaintes pour viol fassent l’objet d’une enquête débouchant sur des poursuites contre les responsables. La police judiciaire accorde une importance disproportionnée à la présentation d’un certificat médical comme condition préalable à des poursuites, et ne cherchent pas à obtenir des preuves au moyen d’autres techniques d’investigation. Cette façon d’agir de la police et des tribunaux suscite le doute chez les femmes qui se demandent si le fait de dénoncer des violences sexuelles aux autorités est un recours efficace permettant que justice soit rendue. Cette méfiance est renforcée par les informations faisant état de violations des droits humains, et notamment de viols, imputables aux responsables de l’application des lois eux-mêmes. Les femmes qui déposent une plainte pour viol ne sont pas vraiment soutenues par les autorités judiciaires ; leurs besoins et leurs inquiétudes ne sont le plus souvent pas pris en compte pendant les investigations et les audiences. Les défaillances du système judiciaire conduisent les victimes et leurs familles à recourir au système traditionnel et informel de résolution des conflits qui comporte souvent le versement d’une somme d’argent par l’agresseur ou sa famille en dédommagement. Les victimes peuvent aussi être contraintes d’épouser leur agresseur, ce qui ne fait qu’aggraver l’atteinte initiale à leurs droits.
Ce sont les ONG nationales et internationales qui fournissent actuellement une assistance médicale, psychologique et sociale aux victimes de viol. Toutefois, le niveau général d’aide est très faible et il ne permet pas de faire face au nombre de cas de viols et de violences sexuelles signalés au Burundi. De nombreuses femmes restent sans aide. L’État ne peut pas se dérober à sa responsabilité : il lui appartient de fournir des soins médicaux, une aide juridique ainsi qu’un soutien psychologique et social aux victimes de viol.
Lire le rapport
Lre le communiqué de presse
ACTION RECOMMANDÉE : Contribuez personnellement à améliorer l’accès à la justice des femmes au Burundi en écrivant une lettre aux autorités burundaises. Veuillez trouver un modèle de lettre dans le document joint au présent article.
APPEL
Am
Quelques jours avant la sortie du rapport d’AI, un Accord politique inter-ivoirien était signé, le 4 mars 2007, à Ouagadougou (Burkina Faso), sous les auspices du Président Burkinabé, Blaise Compaoré.
L’Accord a été signé par le Président de la République de Côte d’Ivoire - Laurent Gbagbo - et Guillaume Soro – ex Secrétaire général des Forces Nouvelles de la République de Côte d’Ivoire.
A la suite de cet accord destiné à sortir le pays de la crise, Guillaume Soro, a été nommé Premier Ministre en remplacement de Charles Konan Banny.
Enfin un nouveau gouvernement dit de « transition » a été officiellement nommé le 7 avril 2007.
Quelques jours avant la sortie du rapport d’AI, un Accord politique inter-ivoirien était signé, le 4 mars 2007, à Ouagadougou (Burkina Faso), sous les auspices du Président Burkinabé, Blaise Compaoré.
L’Accord a été signé par le Président de la République de Côte d’Ivoire - Laurent Gbagbo - et Guillaume Soro – ex Secrétaire général des Forces Nouvelles de la République de Côte d’Ivoire.
A la suite de cet accord destiné à sortir le pays de la crise, Guillaume Soro, a été nommé Premier Ministre en remplacement de Charles Konan Banny.
Enfin un nouveau gouvernement dit de « transition » a été officiellement nommé le 7 avril 2007.
Des violences sexuelles généralisées
À la suite du soulèvement de septembre 2002 et de la division de facto du pays en deux, des centaines, si ce n’est des milliers de femmes et de jeunes filles ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles perpétrées de manière généralisée et parfois même systématique, par toutes les parties au conflit ou par des civils proches de ces forces et de ces groupes. De nombreuses femmes ont subi des viols collectifs ou ont été enlevées par des combattants qui les ont réduites à l’esclavage sexuel et les ont considérées et traitées comme un bien qu’ils possédaient. Des femmes ont également été attaquées pour des raisons politiques et ethniques, notamment par les forces de sécurité gouvernementales et leurs partisans. Les victimes de viol ont souvent été également frappées et torturées. Certaines ont été violées en public, devant les membres de leurs familles, y compris des enfants. D’autres ont été violées à côté du cadavre de membres de leur famille. Ces violences ont parfois été commises par ailleurs sous la menace des armes.
Toutes les parties au conflit responsables
Toutes les factions armées (forces de sécurité gouvernementales, éléments des groupes d’opposition armés et milices progouvernementales) ont commis et continuent de commettre des violences sexuelles en toute impunité. La plupart des exactions les plus graves ont été commises dans l’ouest de la Côte d’Ivoire entre la fin de 2002 et le premier semestre de 2003. Durant cette période, les femmes vivant dans l’ouest du pays ont été systématiquement attaquées par les milices progouvernementales et les groupes d’opposition armés qui tous ont eu recours à l’utilisation de mercenaires y compris des Libériens. Le recours généralisé au viol et aux autres formes de violence sexuelle, notamment dans les mois qui ont suivi l’insurrection de septembre 2002, et le fait que ces actes aient été commis à une si grande échelle en toute impunité démontrent l’existence de stratégies adoptées par le gouvernement et les groupes d’opposition armés visant à utiliser le viol et les autres formes de violence sexuelle à l’encontre des femmes afin d’instiller la terreur à la population.
Le règne de l’impunité
En raison de l’effondrement du système judiciaire dans le nord et en l’absence de volonté politique dans la partie sud contrôlée par le gouvernement, les femmes victimes de toutes ces violences sexuelles n’ont pu obtenir ni justice ni réparation. À cause de l’insécurité permanente, les femmes continuent de vivre dans la peur de nouvelles attaques ou de représailles si elles dénoncent leurs agresseurs. Amnesty International émet des recommandations adressées aux autorités ivoiriennes ainsi qu’aux Forces Nouvelles qui contrôlent le nord de la Côte d’Ivoire, leur demandant de prévenir, punir et éradiquer les violences sexuelles commises par leurs forces et leurs partisans afin de mettre un terme à l’impunité.
La vie après le viol
La plupart des femmes souffrent de blessures ou de maladies – parfois mortelles - causées par le viol. Pourtant elles ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin. Stigmatisée en raison du viol subi, certaines femmes ont été abandonnées par leur partenaire ou leur famille et sont condamnées à une extrême pauvreté alors qu’elles ont souvent des enfants à charge. Amnesty International émet des recommandations adressées à toutes les parties ainsi qu’à la communauté internationale afin que les besoins urgents des victimes de viols soient entendus, notamment en ce qui concerne l’accès à des soins appropriés. Si un programme planifié et global n’est pas mis en œuvre afin de répondre aux multiples besoins de ces femmes, des centaines, voire des milliers de victimes de violences sexuelles vont continuer à souffrir et mourir tandis que beaucoup d’autres femmes risquent d’être victimes de ces violences.
Témoignage
« L’un d’entre eux m’appuyait sur la gorge pour m’empêcher de crier, pendant qu’un étudiant me violait. » Elisabeth, étudiante à l’université de Cocody violée par des membres de Fédération des étudiants et scolaires de Côte d’Ivoire (FESCI) en juin 2005.
« Le 23 juin 2005, je distribuais des tracts à l’université de Cocody à Abidjan pour commémorer l’anniversaire de la mort de Habib Dodo, un étudiant assassiné sur le campus de l’université. Puis, je suis allée attendre l’autobus pour rentrer chez moi. J’étais assise sur une brique devant l’arrêt du 85 quand j’ai été approchée par deux étudiants, membres de la Fédération des étudiants et scolaires de Côte d’Ivoire (FESCI). Ils se sont présentés comme des membres de la FESCI, section Faculté des arts et des sciences techniques (FAST). Deux autres étudiants me surveillaient de loin, une camarade d’amphi était avec moi. Les deux étudiants m’ont demandé de les suivre car le général (terme désignant le responsable de la FESCI sur le campus universitaire) souhaitait m’auditionner. J’ai refusé. Ils m’ont répondu que je le ferais de gré ou de force. Je me suis sentie donc obligée de les suivre. Trois étudiants m’attendaient, ils ont appelé le général qui a demandé qu’on me conduise au siège vers les palmiers. Une escorte d’au moins dix étudiants m’accompagnait.
Ils m’ont posé des questions sur l’Association générale des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (AGEECI). J’ai refusé de répondre à leurs questions. Ils m’ont ensuite accusée de jouer avec le feu et m’ont dit qu’au lieu de distribuer des tracts j’aurais dû rester dans mon rôle de femme au foyer et chercher un mari. Ils ont déclaré que j’étais fichée et qu’ils avaient déjà mené des enquêtes sur moi et ils savaient où j’habitais. Ils ont dit qu’ils avaient le moyen de me faire parler.
Ils ont ensuite donné l’ordre de m’enfermer dans une salle, ils m’ont giflée et m’ont battue. L’un d’eux a dit que le travail allait être propre. Six garçons se trouvaient dans une salle et ils ont invité ceux qui ne pouvaient pas à quitter la salle. Deux étudiants sont partis et quatre sont restés. Dans la salle, il y avait des taches de sang sur le sol et ils ont déclaré que c’était le sang d’un de leurs camarades et qu’ils étaient formés pour tuer. L’un d’entre eux m’a fauchée et je suis tombée. J’essayais de me débattre et en luttant avec moi, les lunettes d’un étudiant sont tombées et les verres se sont cassés. Il était furieux. Ils m’ont mise une bâche sur le visage. L’un d’entre eux m’appuyait sur la gorge pour m’empêcher de crier, pendant qu’un étudiant me violait. Les autres me tenaient par les pieds et les mains et me tripotaient. Bien que mon visage était couvert, je comprenais que les étudiants entraient et sortaient.
Au bout d’un moment, leur chef a demandé d’arrêter et ils m’ont dit de partir. J’ai compris plus tard qu’une amie qui m’avait vue avait été prévenir l’ONUCI qui a donné l’alerte. Ils m’ont accompagnée jusqu’à l’arrêt d’autobus, je voulais prendre un « bacca » [petit véhicule de 12 places] mais les deux accompagnateurs ont déclaré que le général avait exigé que je prenne l’autobus. Je ne suis pas rentrée chez moi car durant mon interrogatoire, ils avaient dit qu’ils connaissaient tout sur moi et qu’ils savaient où j’habitais.Je suis donc allée chez une amie. »
Agissez
PETITION ADRESSES à :
Monsieur Laurent Gbagbo Monsieur Guillaume Soro
Président de la République
Abidjan
Côte d’Ivoire
Vous pouvez recopier le message ci-dessous sur la page web http://www.presidence.ci/president/...
Monsieur Guillaume Soro
Premier Ministre
22 B.P. 509 Abidjan 22,
République de Côte d’Ivoire
Monsieur,
À la suite du soulèvement de septembre 2002 et de la division de facto du pays en deux, des centaines, si ce n’est des milliers de femmes et de jeunes filles ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles perpétrés de ma
Passez à l’action !
Ecrivez à l’Ambassade de Russie pour faire part de votre indignation suite à l’assassinat de la journaliste d’opposition Anna Politkovskaïa et demander


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