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Les actions de la Coordination Médicale, ça marche !

samedi 18 novembre 2006, par Coordination médicale

Dans un cas sur trois environ, la demande principale d’une lettre est satisfaite. C’est-à-dire que des peines de mort sont commuées, des soins médicaux indispensables sont accordés, des prisonniers d’opinion sont libérés...

Cela dit, les succès doivent toujours être replacés dans leur contexte. Amnesty International fait partie de tout un mouvement en faveur des droits humains et renforce souvent le travail de longue haleine d’organismes locaux. C’est pourquoi Amnesty International ne s’attribue pas ces succès à elle seule.

Voici des actions pour lesquelles nous avons eu des nouvelles :

- Iran : Parisa a été libérée le 5 décembre après avoir reçu 99 coups de fouet. À l’issue d’un réexamen, la Cour suprême avait commué sa peine de mort par lapidation en peine de flagellation.

Parisa avait été arrêtée en avril 2004 à la suite d’une descente de police dans une maison de prostitution où elle travaillait, à Chiraz. La police avait interpellé toutes les personnes présentes, y compris son époux. Celui-ci aurait forcé Parisa à se prostituer parce que leur famille était démunie et qu’il était sans emploi. Lors des premiers interrogatoires, Parisa et son mari ont tous deux avoué s’être rendus coupables d’adultère, expliquant toutefois qu’ils y avaient été contraints par la misère dans laquelle vivait leur famille.

Au cours de son procès devant la 5e chambre du tribunal pénal de la province du Fars, Parisa est revenue sur ses aveux d’adultère. Le témoignage oculaire d’un certain nombre de personnes – ce nombre variant en fonction de la nature de l’adultère présumé –, le fait de passer quatre fois aux « aveux » devant un tribunal ou le « discernement » du juge constituent la « preuve » que l’adultère a bien eu lieu aux yeux de la loi iranienne. Parisa et son époux ont été déclarés coupables d’adultère et condamnés à la mort par lapidation le 21 juin 2004. La 32e chambre de la Cour suprême a confirmé cette peine le 15 novembre 2005.

L’avocat de Parisa et de son époux, militant d’une campagne contre la lapidation (Stop Stoning Forever), a formé un recours contre les peines de lapidation auprès de la chambre de discernement de la Cour suprême. Le 8 novembre 2006, la 15e chambre de la Cour suprême a réexaminé ces dossiers, afin de déterminer si la décision de prononcer une peine de lapidation était justifiée et conforme à la charia (loi islamique). Tout au long de l’audience, Parisa serrait les mains de son fils de trois ans. Le 27 novembre, la Cour suprême a commué les peines de Parisa et de son mari en peines de flagellation. Son mari aurait été condamné à une période d’exil dans une autre ville.

Shamameh Ghorbani (alias Malek) a été condamnée à la mort par lapidation en juin 2006 par un tribunal d’Orumiyeh, qui l’a déclarée coupable d’adultère. Ses frères et son époux auraient assassiné un homme qu’ils avaient trouvé chez elle et l’auraient frappée à coups de couteau, au point qu’elle a échappé de peu à la mort. En novembre, la Cour suprême aurait rejeté sa condamnation à la mort par lapidation et ordonné un nouveau procès au motif que les investigations n’avaient pas été suffisamment poussées dans cette affaire. Il y a lieu de croire que Shamameh Ghorbani a fait de faux aveux d’adultère au tribunal en pensant protéger ses frères et son mari de poursuites pour meurtre. En vertu de la loi iranienne, un meurtre n’a pas à être puni s’il a été commis dans le but de défendre son honneur ou celui de proches. Dans une lettre à la 12e chambre du tribunal pénal, Shamameh Ghorbani aurait déclaré : « Je suis une femme de la campagne, sans éducation ni connaissance de la Loi, et je pensais qu’en avouant une liaison avec la victime, je parviendrais à innocenter mes frères et mon mari du chef d’homicide volontaire. Après avoir dit des mensonges au tribunal, j’ai compris cela allait se retourner contre moi. »

L’organisation ne dispose pas d’informations complémentaires concernant les autres femmes nommées plus haut (MDE 13/113/2006)

- Chine : Libérée sous caution le 10 août 2006, Li Xige, militante de la lutte contre le sida, reste cependant sous étroite surveillance policière et n’a pas le droit de quitter sa ville, ni de parler aux médias étrangers. Elle demeure inculpée, avec deux autres femmes, de « rassemblement en vue d’attaquer un organe de l’État », une infraction pénale, pour avoir réclamé des indemnités devant le ministère de la Santé à Pékin. Toutefois un élément positif : des représentants des autorités sanitaires locales auraient indiqué à Li Xige qu’ils envisageaient de verser une allocation mensuelle d’un montant de 300 yuans à tous les séropositifs infectés par suite d’une transfusion sanguine. On attend la concrétisation. (ASA 17/043/2006)

- Maldives : Jennifer Latheef, militante de l’opposition et prisonnière d’opinion, a été libérée le 16 août 2006.
Condamnée à une peine de dix ans d’emprisonnement le 18 octobre 2005, elle a passé dix mois derrière les barreaux. Elle a été reconnue coupable de « terrorisme », après avoir protesté contre les morts en détention et la répression politique aux Maldives. Amnesty International considère que cette femme a été incarcérée uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit de manifester.
Jennifer Latheef a appris que son assignation à domicile allait prendre fin par le biais d’une grâce présidentielle. Elle a tout d’abord refusé cette offre de libération proposée par le gouvernement, et ce pour deux raisons : premièrement, parce qu’elle aurait dû être libérée sans condition, et non par une grâce présidentielle (cela impliquerait qu’elle ait commis une infraction dûment reconnue par la loi, ce qui n’est pas le cas) et deuxièmement parce qu’elle insistait pour que les quatre autres prisonniers politiques, condamnés lors du même procès, soient également remis en liberté. Après avoir consulté des amis et d’autres défenseurs des droits humains, Jennifer Latheef a décidé d’accepter l’offre qui lui était faite. Depuis qu’elle a été libérée de son assignation à domicile, elle a déclaré qu’elle continuerait à militer pour que d’autres prisonniers politiques soient libérés et pour que la condamnation prononcée contre elle par le tribunal soit annulée.
Dans un message adressé à Amnesty International, Jennifer Latheef a déclaré : « Je pense qu’Amnesty ainsi que des amis des Maldives et du monde entier se sont donné énormément de mal afin de garantir ma liberté. J’aimerais remercier chacun de ceux qui ont cru en mon innocence et qui ont mis leur sensibilité, leur temps et leur énergie non seulement au service de ma cause, mais aussi au service de la cause de tous les Maldiviens. Je souhaite ardemment que la communauté internationale continue à témoigner des violations des droits humains et des erreurs judiciaires qui ont lieu quotidiennement aux Maldives. Je crois également que les grandes réformes que je souhaite pour mon pays ne pourront être conduites que grâce à un intense travail de pression international en ce sens. »
Depuis sa libération, Jennifer Latheef a voyagé en Europe et a rencontré de nombreuses personnes intéressées par la situation des droits humains aux Maldives. À la fin du mois de septembre 2006, elle s’est rendue au Secrétariat international de l’organisation, à Londres. (ASA 29/008/2005)

- Ethiopie : Amnesty a appris que le prisonnier de conscience Berhanu Negga, professeur de sciences économiques et leader d’un parti d’opposition, a été déplacé dans une cellule moins peuplée et mieux aérée dans la prison de Kaliti à Addis Ababa, conformément à une décision de la Haute Cour prise le 19 juillet 2006. Il est maintenant dans une cellule qui comprend environ 35 prisonniers, à la différence de sa cellule précédente qui en comptait 270. Les conditions de détention demeurent dures, mais on pense que cette amélioration aidera à stabiliser la santé du Dr. Berhanu Negga.( AFR 25/020/2006)

- Etats-Unis : Le gouverneur de la Virginie, Timothy M. Kaine, a accordé un sursis à Percy Levar Walton environ une heure avant le moment qui avait été fixé pour son exécution, dans la soirée du 8 juin 2006. Il s’agit d’un sursis de six mois qui doit permettre d’obtenir une évaluation de l’aptitude mentale de Percy Levar Walton. Le 4 décembre 2006, constatant que l’état mental de Percy Levar Walton s’est dégradé, le gouverneur Kaine a accordé un nouveau sursis de 18 mois. (AMR 51/078/2006)

- Inde : Le 17 avril 2006, le Premier Ministre indien a accédé à une partie des demandes des habitans de Bhopal : créer une commission nationale, fournir de l’eau potable, obliger Dow à payer le nettoyage du site, créer un mémorial pour les victimes. D’autres demandes n’ont pas encore trouvé de réponse. (ASA 20/004/2005)

- Arabie Saoudite : Puthen Veetil Abdul Latheef Noushad, condamné à l’extraction d’un œil, a été libéré de la prison d’al Dammam le 5 avril 2006. À la fin du mois de janvier, l’homme qu’il était accusé d’avoir blessé lors d’une bagarre près de trois ans auparavant lui a accordé son pardon. (MDE 23/017/2005)

- Iran : La condamnation à mort de Leyla Mafi, jeune fille souffrant d’un retard mental et forcée à la prostitution, a été annulée. Une peine de 99 coups de fouet a cependant été appliquée en février 2006. (MDE 13/048/2004)

- Haïti : Gérard Jean-Juste, prisonnier d’opinion, a été libéré le 29 janvier 2006 pour pouvoir soigner sa leucémie (AMR 36/002/2006)

- Belarus : Le Professeur Yury Bandazhevsky, qui avait arrêté suite à ses recherches dérangeantes sur les conséquences médicales de Tchernobyl, est sorti de prison le 28 mai 2004, pour aller en « relégation », dans des conditions préférables à celles qu’il avait connues pendant 3 ans et demi. Même dans la perspective de la liberté seulement « conditionnelle » de 2005 à 2007 qui l’attendait, avec interdiction de sortir du territoire, Bandajevsky a aussitôt élaboré un projet de recherche sur deux ans, avec expérimentation sur l’animal de la contamination par Césium 137 et de son traitement par la pectine. Il a été libéré en août 2005. (EUR 49/008/2003)

- Roumanie : Les patients de l’hôpital psychiatrique de Poiana Mare, souffrant de sous-alimentation et de chauffage insuffisant, ont vu leurs conditions s’améliorer en 2005. Le chauffage a été réparé et les rations alimentaires ont été augmentées (EUR 39/002/2004)

- Inde : Le Medical Council of India a ordonné une enquête au Gujarat Medical Council concernant le non respect de la déontologie par des médecins au Gujarat qui avaient participé à des violences et refusé de soigner des blessés d’autre religion (ASA 20/013/2005)

- Ingouchie : Les photos de 14 femmes médecins travaillant pour une organisation humanitaire avaient été publiées sur Internet et sur des affiches, prétendant qu’elles étaient recherchées pour terrorisme. Le 10 mars 2005, les affiches ont été interdites et le ministère de l’Intérieur a délivré aux médecins des cartes d’identité portant leur photographie et mentionnant qu’elles n’avaient aucun lien avec des activités criminelles ou « terroristes ». (EUR 46/058/2004)

- Chine : La peine de mort de Tenzin Deleg Rinpoche, maître religieux tibétain, a été commuée en emprisonnement à vie en janvier 2005 (ASA 17/054/2004)

- Cuba : Oscar Espinosa Chepe a été libéré conditionnellement le 29 novembre 2004, à son soixante-quatrième anniversaire, en raison de problèmes de santé. Il souffrait de la cirrhose du foie, d’inflammation de l’estomac, de cancer de la peau, de maladie ophtalmique et d’hypertension. On lui a accordé la « licencia extrapenal », ou la permission de servir le reste de sa sentence hors de prison. Il pourrait encore être détenu à tout moment. (AMR 25/016/2003)

- Egypte : Le Nadim Center, centre pour victimes de la torture, a pu continuer à fonctionner ; il avait été harcelé et menacé de fermeture (MDE12/006/2004)

- Maroc : Le journaliste Ali Lmrabet a été gracié par le Roi Mohammed VI le 7 juillet 2004, ainsi que d’autres prisonniers d’opinion (MDE 29/002/2003)

- Honduras : des membres d’un centre de réhabilitation de la torture avaient été menacés. Les autorités n’ont pris aucune mesure de protection, mais aucune atteinte physique n’a été constatée chez les personnes concernées. (AMR 37/008/2003)

- Israël / Territoires occupés : Asma Muhammad Suleiman Saba’neh, mère de six enfants et souffrant de problèmes de santé sérieux, a été relâchée le 10 novembre 2003, après 9 mois de détention administrative sans inculpation ni jugement. (MDE 15/044/2003)

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