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Article 48 : Présomption d’innocence et droits de la défense

mardi 17 décembre 2002, par Laura Lhoir

Article 48
Présomption d’innocence et droits de la défense
1. Tout accusé est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie.
2. Le respect des droits de la défense est garanti à tout accusé.

Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent
Voltaire (1694-1778)

Principe essentiel, déjà inscrit dans les constitutions nationales. Pourtant, le recours à la détention préventive peut parfois mettre en péril ce droit à la présomption d’innocence. En Belgique, les citoyens étrangers sont d’office mis en détention préventive, alors que, pour les mêmes faits, les citoyens belges seraient laissés en liberté en attendant le jugement. Les nouvelles mesures préconisées par le Ministre belge de la justice pour une justice plus rapide, surnommées « Snelrecht », suscitent également des craintes quant à la présomption d’innocence et aux droits de la défense (voir le projet de loi de comparution immédiate).

Pour en savoir plus :
Ligue des droits de l’homme
www.liguedh.org
Ministère fédéral de la Justice
http://194.7.188.126/justice/index.htm

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7 Messages de forum

  • Bonjour,

    je voudrais ici faire part de mon désarroi. Une amie, asthmatique, est actuellement incarcérée en détentive à la prison de Forest depuis le 9 juin 2008. Il n’y a pas moyen de lui téléphonner ni de lui rendre visite. Sa propre soeur ne peut pas la voir sous prétexte qu’elle ne porte pas le même nom : en fait mon amie et sa soeur sont espagnoles mais la soeur est née en Espagne et mon amie en Belgique (donc ne porte pas le même double nom : père + mère)
    Mon amie, malgré son asthme qui nécessite des séjours fréquents aux urgence, est incarcérée dans une cellule avec cinq criminelles au passé très chargé et qui fument en continu. De plus, les fonctionnaires de la prison ont laissé entendre à mon amie qu’elle ne sera même pas jugée, car on projette de la faire coloquer !
    Depuis son entrée en prison, mon amie porte les mêmes vêtements et une paire de chaussures trouées. Elle n’a droit qu’à un coup de fil par semaine en faisant la queue pour le téléphone installé dans le couloir, lequel, comme tout le reste, est payant. Sa soeur a été interrogée par la police sans même avoir pu prendre contact avec elle. L’avocat prodéo est en congé et injoignable.
    Tout ses abus sont ’justifié’ par une seule et même phrase : le dossier de Madame est accablant, les faits sont d’une gravité extrême...
    En fait de faits, on accuse celle-ci d’attouchements sexuels sur son prore enfant en s’appuyant sur une prétendue vidéo de la gamine de quatre ans, laquelle ’accuserait’ sa maman.
    Je peux témoigner que la relation de mon amie avec sa fille a toujours été excellente et que l’enfant n’a jamais été maltraité. La petite fille a toujours eu d’excellents rapports à l’école et était très éveillée et souriante.
    Un jour, la police est venu ’kidnapper’ l’enfant et le placer dans un centre pour enfant placé par le juge parce que mon amie était malade et qu’elle avait manqué à son obligation de mettre l’enfant de jour dans un centre. Ensuite, tout est allé très vite... Lors d’une des deux visites par semaine, mon amie a fait remarquer que sa petite n’était pas propre sur elle et qu’elle avait des marques d’euridème. Lors de la visite suivante, on a interdit à mon amie de voir sa fille et le mardi suivant on lui a signifié qu’elle était accusée d’attouchements sexuels et ne pouvait plus voir son enfant ni même s’approcher du centre scolaire. Ensuite, l’affaire a suivi son cours lent et destructeur jusqu’à la comparution devant le juge qui l’a fait incarcéré sur le champs sans autre forme de procès. On a ensuite soumis mon amie à un interrogatoire serré de 24 heures, puis on l’a incarcéré et depuis elle n’a plus aucun contact avec l’extérieur et subit à longueur de journée les commentaires déplacés selon lesquelles son cas est déjà réglé et qu’on va l’interner !

    Quels sont les droits d’une maman lorsqu’elle est victime d’une telle violence institutionnelle et peut-on mettre en danger sa santé physique et psychique sur de simples allégations ?

    Comment puis-je l’aider à bénéficier d’une défense juste et des rapports psychiatriques honnêtes ? Comment, étant incarcérée, peut-elle changer d’avocat ?
    Est-ce un crime de n’avoir pas beaucoup de moyens financiers et cela justifie-t-il que l’on sépare une maman de son enfant, sans même s’occuper de ce que peut penser son enfant ? Les assistants sociaux sont-ils devenus subitement des pyschiatres sans avoir fait les études appropriées ? L’accusation de délits sexuels est-elle devenue le moyen infaillible pour se débarrasser de toute personne encombrante ?

    Je ne peux m’empêcher de penser que Michel Fourniret a des vêtements propres et des chaussures dignes de ce nom et que le savoir-faire belge lui a permis de travailler dans un centre scolaire alors que lui, il avait effectivement violé des enfants !

    La chasse aux sorcières est ouverte, bravo la Belgique ! Futures mamans, faites bien attention : avez-vous une famille ? pouvez-vous prouver que vous êtes saines d’esprit ? avez-vous les moyens financiers pour un avocat, au cas où ?
    Ne comptez pas sur les autres, une fois l’accusation lancée : tout le monde a peur des éclaboussures et de l’amalgame. Alors faites aussi très attention à vos voisins... un simple mot de travers et ils iront au commissariat le plus proche...

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    • Je comprend votre désarroi complet. Malheureusement, l’état Belge ne respecte pas ses propres lois.
      Attention si on essaie de l’interner. En Belgique on peut encore aujourd’hui interner quelqu’un sans aucune preuve. La seule preuve qu’il faut est un rapport psychiatrique établi par un expert-psychiatre désigné par le parquet. Après, c’est le calvaire, le cauchemar, la fin d’une vie digne du nom.

      Je me bats depuis 5 mois contre ce système. Mon fils a été arrêté le 7 février, accusé de possession de drogues. Lors de la perquisition, plusieurs flics ont tourné sa chambre sens dessus-dessous pendant des heures, ils n’ont rien trouvé. La prise de sang et d’urine étaient négatives. Et dans notre naïveté, croyant cette belle histoire d’etat de droit et autres, on pensait que c’était une bonne chose. Malheureusement, c’est juste le contraire. Comme le parquet n’avait rien pour le poursuivre en correctionnel, le juge d’instruction a fait appèl à un expert psychiatre soigneusement choisi pour faire établir que mon fils était « en état de démence grave ». Une contre-expertise ainsi que le témoignage sur l’honneur de plusieurs médecins, psychiatres, psychologues et autres qui avaient dans le passé suivi mon fils ou le suivaient encore disaient le contraire. Malheureusement, la chambre des mises en accusation, furax contre mon fils parce qu’il ne parle pas bien le Français, décidé, contre tous les témoignages, d’interner mon fils. Soyons clair, il n’avait commis aucun crime ou délit. Le parquet n’a aucune obligation de prouver un tel crime ou délit, puisque pour la loi un interné n’est pas un criminel.
      N’empêche, que les internés sont jetés en prison, pendant des années, qu’il n’ont aucune idée quand ils seront un jour libres. Pour être libérés, ils doivent eux-mêmes prouver qu’ils sont guéris. Comment peut un guérir quelqu’un d’une maladie qu’il n’a pas ?
      La façon de laquelle la Belgique traite les personnes internés (loi de défense sociale de 1964) est une violation de la constitution (principe d’égalité : un interné dans une annexe d’une prison n’apas les mêmes droits ou traitements qu’un interné qui a la chance de trouver une place dans un hôpital), ainsi que les articles 3 et 5.1 des droits de l’homme et l’article 5 de la loi de base de 2005. (Je suis certaine qu’il y en a encore beaucoup d’autres, mais je ne suis pas avocat).
      Mon fils dort par terre, dans une cellule qu’il partage avec 2 autres internés. Comme il n’y a que 2 chaises, mon fils passe ses journées assis par terre, à tourner ses pouces. Depuis son arrivé à Forest (en annexe psychiatrique) il a eu 1 entretien de 10 min avec le psychiatre. Cet entretien se passe dans l’infirmerie, en présence d’autres détenus qui attendent leur tour. Secret médical inexistant. Malgré le fait qu’il souffre depuis la naissance de troubles de ritme cardiaque,(il a d’ailleurs fait son premier arrêt cardiaque in utero, 2 mois avant la naissance, d’autres ont suivi après) il est obligé de prendre 2 benzodiazepines différents 3 fois par jour. Ces médicaments ne peuvent pas être donnés à un patient qui souffre de problèmes de ritme cardiaque maid comme chaque interné est obligé de prendre ses médicaments, on ne se soucie pas du danger qu’ils représentent. Il reçoit également du seroquel (personne ne sait pourquoi, il n’est pas schizophrène, ni manico-dépressif, ni psychotique) un médicament qui risque de créer de problèmes de diabète et de thyroide. En 2 semaines de temps il a perdu 10 kg. Plusieures demandes de faire une analyse de sang pour vérfier sucre et thryoide on été refusées.

      Un des deux co-détenus est d’une violence extrême, mais on ne fait rien. Chaque jour il agresse mon fils ainsi que l’autre détenu dans la cellule. Il passe son temps à masturber et à arroser ses co-détenus avec son sperme. A nouveau, la prison ne trouve pas ceci problématique. Hier, mon fils a été violemment agressé par ce co-détenu. Mon fils a reçu des coups de pied et de poing, le détenu en question lui a craché à la figure et dans les yeux. A l’annexe de Forest le système d’intercom est cassé depuis des années. En cas de problème dans la cellule, il faut crier au secours et espérer que quelqu’un vient. Avec le bruit qui regne non-stop, les gardiens. qui se trouvent au rez-de-chaussée n’entendent pas forcément les cris au secours provenant du troisième étage.
      Après cette agression mon fils a demandé de voir un médecin, ça lui a été refusé. Aujourd’hui il n’avait toujours pas vu de médecin. Il pourra samedi voir le psychiatre (euh ??? il faut un médecin pour constater les coups et blessures et soigner les blessures) avant de passer devant la directrice dans le cadre de la procédure disciplinaire. En effet, quand il y a agression et violence, les 2 détenus impliqués sont punis, même si 1 d’eux est une victime innocente. Donc non seulement mon fils n’a pas reçu, et ne recevra pas, les soins de santé dont il a besoin pour soigner ses blessures, il devra également purger un nombre de jours au cachot et ce bien que le 3me détenu a témoigné que mon fils n’avait rien fait. Ça aussi est le soi-disant état de droit.
      Quand je me suis présenté ce matin pour la visite, on m’a informé que je ne pouvais pas le voir. En même temps on essaie de me persuader qu’il n’est pas blessé et que ces 2 faits sont une pure coincidence. Désolée, mais je ne crois plus en les contes de fée.

      Je connais trop bien le problème des vêtements en prison. Mon fils a été obligé de vivre pendant 12 jours avec un pantalon déchiré à l’entrejambe et sans sous-vêtements. Quand on pense qu’il est quand même interné avec des délinquents sexuels, on se pose des questions.

      Ce n’est malheureusement pas seulement l’accusation de délits sexuels qui est devenu le moyen infaillible pour se débarasser d’une personne encombrante, dans ce pays il ne faut même pas de preuve de délit ou crime. N’importe quelle accusation non substantié fait l’affaire, à condition de désigner le bon expert. Fini le droit à un procès équitable, fini la présomption d’innocence. Après tout, on n’accuse pas l’interné, on le « traite » tout en protégeant la société. Mais personne ne stipule de quoi on protège cette société.

      Si l’avocat pro-déo est en vacances, adressez vous au barreau pour demander un autre avocat pour défendre votre amie. Mieux, essayez de trouver un très bon avocat, spécialisé en défense sociale, pour éviter que votre amie devienne une autre victime de cette « justice » qui considère tous les internés comme des Fournirets, Dutroux etc..
      Il n’y a pas de justice en Belgique. Un pays qui ne respecte pas ses propres lois n’a pas le droit de se considérer comme un état de droit. Les politiciens se disent scandalisés parce que Leterme va au J.O. en Chine et que la Chine ne respecte pas les droits de l’homme. Au moins la Chine n’a jamais prétendu être une démocratie ou un état de droit, contrairement à la Belgique.
      Je vous conseille de lire les rapports du CPT au sujet des prisons et de la justice en Belgique. Les réponses de la Belgique relèvent de la pure fiction, mais en même temps elles nous renseignent sur les lois.
      N’arrêtez pas le combat. frappez à toutes les portes : ministère de justice, inspection des prisons, ministère de santé (après tout chaque interné a les mêmes droits du patient que n’importe quel autre citoyen), la presse etc.. N’arrêtez pas de vous battre pour elle, si vous ne vous battez pas pour elle, elle tombera dans l’oublie comme un millier d’autres.
      La démocratie n’est pas seulement un droit, chaque citoyen a le devoir de la défendre. Nous ne pouvons pas oublier les internés et les autres victimes de cette justice arbitraire.

      Si quelqu’un peut me dire comment faire pour porter plainte contre l’état belge pour non-respect des loi, faites-le moi savoir. Il est temps que nous tenons nos politiciens responsables de leurs actes.

      Marie, si je peux vous aider d’une façon ou d’une autre, n’hésite pas à me le faire savoir. Après tout, l’union fait la force.

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      • je vous remercie pour votre message : je reste sans voix quant à son contenu. Toute personne saine d’esprit le serait !

        J’ai appris par sa soeur que mon amie venait d’être libérée mais je ne sais pas s’il s’agit seulement d’une mesure provisoire en attendant jugement.

        Dans votre cas, je m’addresserais au SLAJ (c’est une asbl tout prêt de la prison de Forêt. Elle apporte un soutien juridique aux familles de détenus et peut vous orienter dans vos démarches.

        av Ducpétiaux 148
        1060 BRUXELLES
        tél : 02 537 54 93

        je leur ai téléphoné et ils ont l’air très humains

        ils font une permanence juridique le jeudi de 9 à 12h sinon il faut prendre rendez-vous.

        Lorsque vous allez, prenez tous les documents qui vous ont été remis et le dossier avec rapports des experts et.

        C’est une équipe pluri-disciplinaire avec des avocats etc. Les avocats pourront rédiger le courrier à votre place.

        Si vous avez une autre nationalité que la Belge (ou en plus) addressez-vous à votre consulat, lequel pourra intervenir

        Pour ce qui est de la presse, la presse francophone belge est censurée car financée par la communauté francophone de Belgique. Les deux chaines de télévision représentent des partis politiques : rtl : mr et rtbf : ps

        Si vous voulez contacter la presse, il faut se diriger à la presse flamande ou française. Mais cela risque d’accroître les pressions ; le payeur sera votre fils.

        Par contre, tout courrier envoyé à la prison (au directeur de celle-ci) concernant la santé de votre fils et les dangers (aggression, manque d’hygiène, non respect de sa santé)est utile et je vous recommande d’écrire par recommandé (mettez le cachet directement au verso de la lettre pliée - la poste peut vous expliquer comment procéder pour qu’on ne puisse pas dire qu’on a reçu une enveloppe au contenu vide). Cette lettre servira car en cas de problèmes, vous pourrez prouver que la prison n’a pas respecté ses obligations et est en faute.

        Faîtes attention aux avocats privés : ils sont chers et souvent voleurs

        Surveiller le travail de votre avocat prodéo en recherchant un maximum d’info sur la procédure sur internet. Envoyer des recommandés à votre avocat-prodéo si il ne fait pas son travail : mentionner dans ce courrier vos instructions de façon précise et polie. Evitez les émotions. Ecrivez cette lettre comme s’il s’agissait d’une lettre commerciale (voir avec le SLAJ)

        Faîtes aussi des recherches sur google (santé mentale AND belgique)

        voilà, j’espère que cela vous sera utile

        PS : hablo español, si ud lo prefiere, puede comunicarse conmigo en este idioma
        I also speak English fluently.

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        • Article 48 : Présomption d’innocence et droits de la défense Le 16 juillet 2008 à 15:54 , par Roland D’HOOP

          Sans vouloir intervenir sur les cas précis que vous dénoncez, je tiens à rectifier l’affirmation selon laquelle la presse francophone ne serait pas libre car subsidiée par la Communauté française ou qu’elle serait dépendante des partis politiques. C’est vraiment une analyse très très sommaire, qui ne tient pas compte de la déontologie personnelle des journalistes, ni des différentes tendances politiques représentées au sein des rédactions... Ainsi, sur la RTBF, on a pu voir des émissions très critiques envers des personnalités du PS comme Anne-Marie Lizin ou d’autres. Et le MR s’est fâché récemment contre RTL pour dénoncer le fait qu’il n’était pas assez présent lors de la dernière campagne électorale. Il est donc un peu court de prétendre que ces deux chaînes sont inféodées à des partis. Qu’il y ait des pressions politiques sur les rédactions, personne n’en doute, mais ces pressions ne signifient pas que la presse y obéit. S’il peut y avoir des dérapages, on ne peut pas dire que la censure soit la règle dans le secteur privé (RTL) comme dans le public (RTBF).

          Et, contrairement à ce que vous dites, il n’est pas certain que la presse flamande ou française soit plus libre et indépendante que la presse francophone belge...

          Roland D’HOOP - Amnesty International

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        • Marie,

          Tout d’abord un tout grand merci pour tes mots d’encouragement et pour les conseils.
          Je suis toute heureuse d’entendre que ton amie a été libérée. Quel soulagement. J’espère que son calvaire s’arrêtera là.

          J’ai eu aujourd’hui un entretien avec la directrice, suite à mes courriers. La situation dans les prisons est encore pire que ce que croyais (difficule mais vrai). Lors de la bagarre dans la cellule la semaine passée, mon fils a eu le couronne d’une dent touchée. La directrice m’a informé aujourd’hui que la liste d’attente pour un dentiste est de 4 à 6 mois. Donc, il perdra la couronne, tant pis selon la prison, je n’ai qu’à en achter une autre, et ce bien que c’est la faute d’un codétenu.
          J’ai fait la demande pour que son psychologue puisse continuer à le suivre à la prison, après tout chaque détenu a le droit de demander la visite de médecins de son choix. Refusé. La raison : les syndicats des gardiens ne l’autorisent pas. C’est quoi cette idiotie. Depuis quand les syndicats peuvent décider qui peut se faire soigner et qui pas ?? On n’est quand même pas à Guantanamo.

          Un représentant du consulat a pris contact avec la prison il y a 3 semaines déjà. Pas moyens qu’il aille voir mon fils à cause de la surpopulation les gardiens n’ont pas le temps de s’occuper de bêtises pareils.
          Lundi mon fils a essayé de téléphoner à son avocat. Impossible. A Forest il faut une autorisation pour pouvoir appeler son avocat (j’ai la confirmation par écrit de la part de la directrice). J’ai essayé de lui apporter un pyjama, ça faisait 3 semaines qu’il dormait dans ses vêtements parce qu’il n’avait pas reçu de pyjama. De nouveau, refusé. La raison : « pour prévenir certains risques d’évasion » (dixit).
          Un pyjama représente un risque d’évasion ???? Je ne comprend plus rien à ce système. A quoi ça peut bien les servir de rendre la vie des détenus le plus malheureux possible ?

          Je n’en peux plus. Mon fils a perdu toute volonté de vivre. Il ne parle presque plus, il se renferme de plus en plus sur soi-même, il a accepté qu’il ne sortira pas vivant de la prison, il m’a laissé ses dernières volontés pour son enterrement. Si ça est un état de droit, une démocratie, alors vive la dictature, au moins elle a le mérite de ne pas mentir à ses citoyens.

          Guantanamo n’est plus seulement une base Américaine sur l’île de Cuba. Guantanamo est la capitale de la Belgique, capitale de l’Union Européenne. Messieurs les ministres, arrêter de vous servir de BHV pour éviter de résoudre les vrais problèmes de cette république bannanière. Vous ne pourrez pas prétendre « wir haben es nicht gewusst »

          rita

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          • Chère Rita,

            Avez-vous pris contact avec le SLAJ (voir coordonnées plus haut). Je ne sais pas s’ils sont efficaces mais j’ai eu un bon contact au téléphone et je crois qu’ils peuvent être un point de départ.

            Pour ce qui est du consulat, insistez (retéléphonner chaque jour s’il le faut et envoyez-leur des recommandés pour les informer de la situation : preuve qu’ils ont été contactés)

            Cherchez aussi sur ’google.be’ en essayant toutes les combinaisons possibles de mots : ex : détention AND belgique AND droits du détenu
            comme vous le savez sans-doute, il suffit de relier les mots par AND ou + (tout cela apparaît dans leur ’aide’)

            Il ne faut pas vous laisser influencer par l’état temporaire dépressif de votre fils (on le serait à moins, et je ne lui jette certainement pas la pierre). Il ne doit pas projeter un malêtre actuel sur tout son futur. Rien ne sert de penser au futur dans 5 ou 10 ans : il doit avancer par petits pas et vous pouvez l’aider dans son moral en le tenant au courant de vos démarches (sans lui donner trop de détails car en prison, il n’y a pas de secret).

            Pour terminer, je tiens à dire que je maintiens ce que j’ai dit sur la presse francophone belge ; à elle de me prouver le contraire, en arrêtant de nous abrutir avec des débats politiques sans intérêt : ’croyez-vous que l’orange sera plus bleue cette année ?’. Quant à ses quelques essais d’impartialité, ils sont toujours limités aux personnes qui sont en disgrâce au sein du petit groupe politique parce qu’ils ont été trop gourmand et ont dû marcher sur les plates-bandes de leurs confrères : bref, règlement de compte entre eux, quant au citoyen-salarié : il n’a qu’à payer la facture et s’il est en colère, on lui fournit un exhutoire : les chômeurs, les fumeurs et les conducteurs (surtout ceux qui n’ont pas de voiture de société et qui doivent payer leur essence chaque jour)

            Aujourd’hui, au vu de ta situation, Rita, de celle de S., qui bien que relâchée reste condamnée et privée de son enfant, du fait que les négociations politiques ont accouché d’une augmentation pour les pensionné de 50 euros sur l’année, etc. vraiment, aujourd’hui, avouons-le, il n’y a rien à fêter quand on est un citoyen-payeur.

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            • Marie,

              Aujourd’hui c’est la déprime totale. Notre appel en cassation a été rejeté, mon fils passera les 10 ann’’es ou plus qui viennent enfermé dans une cellule de 8m2 qu’il partage avec 2 autres patients dans l’annexe d’une prison, où il ne recevra aucune aide, aucun soin adapté. En Belgique ça s’appelle « justice ». Pourtant il n’avait commis aucun crime.
              Comment un état de droit peut-il justifier des conditions pareilles ? Comment un état de droit peut-il pendant 10, 20 ans ou plus enfermer des personnes innocentes ? Comment un état de droit peut-il prétendre que ces conditions de détention représentent des soins de santé adéquats ?

              Aujourd’hui, dans cette cellule de 8m2, 3 patients vivaient dans des temperatures de 35 degrés, sans ventilation, sans aération, sans pouvoir quitter la cellule ne fusse qu’une heure, sans accès à des boissons froides, sans eau potable. N’oublions pas dans tout ceci que ce sont des innocents, des internés qui attendront pendant des années une place dans une institution « adaptée ». Adapté entre guillemets, parce que personne peut prétendre que Paifve est une institution de soins. Paifve est et reste la prison de Lantin, et on ne soigne pas des patients innocents dans une prison, en tout cas pas dans un état de droit, signataire de la convention des droits de l’homme.

              EH oui, j’ai pris contact avec le SLAJ : oui, cette situation est une honte, ça fait des années et des années que c’est comme ça mais il n’y a pas de solution.
              Le cabinet du ministre de la justice : on sait madame, mais il faut avoir patience et faire confiance à la justice.
              Quelle justice, celle qui jette un jeune homme innocent en prison ?
              Il n’y a pas de justice dans ce pays, monsieur Vandeurzen.Et je sais que vous avez promis que d’ici 2012 ça changera. D’ici 2012 mon fils sera mort monsieur Vandeurzen, et sa mort sera sur votre conscience.
              La directrice de l’annexe : faut avoir patience. On a même eu une personne dans le même cas de votre fils, il a déjà été libéré après 3 ans.
              Pardon ???? 3 ans de prison est rien ???? 3 ans de vie dans des conditions inhumaines et dégradantes n’est rien ???
              Il est où ce fameux état de droit ???

              Au début de la semaine, un autre jeune homme c’est suicidé. Il s’est suicidé parce que il n’en pouvait plus de vivre enfermé comme une bête dangereuse.

              La Belgique se veut la grande défenderesse des droits de l’homme dans le monde. Messieurs les ministres, commencez d’abord par nettoyer devant votre propre porte. La situation des droits de l’homme en Belgique reste beaucoup à désirer. Combien de fois la Belgique doit-elle encore être condamné par la Cour Européenne avant que ça change. Pendant combien d’années encore allez-vous mentir dans votre rapport au CPT ? Messieurs les minsitres, quand allez-vous respecter les lois de votre pays ?

              Moi je refuse de continuer à payer des contributions, des cotisations sociales et autres. Après tout, ce gouvernement ne fait que nous mentir au sujet de comment ils vont utiliser l’argent du contribuable. Madame Onckelinx nous a menti pendant 8 ans. Vandeurzen revient avec un scenario légèrement adapté, mais à nouveau sans les budgets.

              A ce jour, aucun journal de la presse francophone a osé publier ma lettre ouverte. Je ne sais pas s’il s’agit de censure ou d’auto-censure, après tout, peu importe. Ce qui importe est que la presse n’ose pas dénoncer l’injustice et la traitement inhumain des internés. Dans la presse flamande, il y a eu un interview avec un interné soigneusement choisi, il s’agissait d’une personne ayant commis des faits très graves. Encore une fois, un voit tous les internés comme des personnes extrêmement dangereuses.

              Ce ne sont pas les cas individuels qui font le plus peur, c’est le virement vers la droite qu’on voit depuis des années. On a une justice à 2 vitesses, une justice qui voit clairement la différence de rasse, couleur, langue, origine ethnique, nationalité, classe sociale et autres. Oui, dame justitia est aveugle, elle ne voit pas l’injustice commis par les magistrats et le gouvernement de ce pays.

              Je refuse de continuer à vivre dans ce pays, je n’en peux plus. J’ai fait 4 crises cardiaques depuis le 8 février. A la prochaine, je ne veux plus d’ambulance, plus d’urgences, plus rien. Cette vie ci ne vaut pas la peine d’être vécu.

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