4.10. LES RÉFUGIÉS NORD-CORÉENS
« Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. »
Article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
« Le statut de réfugié est délivré aux personnes qui craignant d’être persécutées du fait de leur race, de leur nationalité, de leur appartenance à un certain groupe social ou de leur opinion politiques, se trouvent hors du pays dont ils ont la nationalité et qui ne peuvent ou en raison de ses craintes, ne veulent y retourner. »
Article 1 A2 de la Convention de Genève de 1951
RECHERCHE / EXPOSÉ
Demandez à un petit groupe d’élèves de faire des recherches sur la Corée du Nord, une des pires dictatures de la planète, et de présenter leurs résultats à la classe sous forme d’exposé.
Démontrez en quoi la Chine ne respecte pas le principe du droit d’asile et la Convention de Genève.
ANALYSE D’UN ARTICLE
Après avoir lu cet extrait d’article, répondez aux questions suivantes : quelles sont les raisons qu’avance l’auteur pour expliquer le silence des Occidentaux face aux difficultés rencontrées par les réfugiés nord-coréens en Chine ? Expliquez.
Quelles sont les principales mesures prises par le gouvernement chinois pour lutter contre l’afflux de réfugiés de Corée du Nord ?
« Les réfugiés nord-coréens indésirables en Chine », Libération, 5 juin 2002.
(…) Le silence des Occidentaux s’explique d’une part par le souci de ne pas prendre de front une Chine qui pèse de plus en plus lourd économiquement, et même politiquement dans cette partie de l’Asie. Ils sont également sensibles au chantage de Pyongyang qui menace de rompre tout dialogue avec Séoul en cas de reconnaissance du statut de réfugié à ces transfuges, même si ce dialogue est encore loin d’avancer de manière cohérente. Ils redoutent enfin, en permettant à leurs ambassades de devenir des refuges, de créer des précédents qui pourraient très bien être utilisés par des opposants chinois comme les adeptes de la secte Falungong. Le résultat est qu’en toute impunité, la police chinoise resserre l’étau dans la partie nord du pays qui est frontalière de la Corée du Nord. Au moins quatre missionnaires sud-coréens et américano- coréens ont été arrêtés dans une vaste opération de police destinée à casser les réseaux clandestins d’aide aux réfugiés. Selon le témoignage d’un étranger de retour de cette zone, les barrages se sont multipliés, un système de primes a été instauré pour la capture de réfugiés nord-coréens, des caméras de surveillance ont été installées en certains points de la frontière, les contrôles ont été renforcés dans les hôtels, et, selon ce témoignage, des personnes arrêtées ont été « sévèrement frappées » pour les faire parler. Outre le fait qu’elle a une approche très sourcilleuse de sa souveraineté, la Chine agit dans cette affaire pour protéger ses intérêts stratégiques. Avec les Américains installés en Asie centrale, à Taiwan et en Corée du Sud, Pékin n’entend pas perdre l’atout que représentent ses bons rapports avec le régime stalinien de Pyongyang. Il y a quelques semaines, à Pékin, une exposition honorait la mémoire d’un ancien diplomate chinois en poste à Vienne pendant la montée du nazisme, et qui a sauvé des centaines de Juifs des persécutions. Ce diplomate courageux a reçu le titre de « Juste », décerné par le musée de l’holocauste à Jérusalem. Aujourd’hui, au contraire, des centaines de Nord-Coréens sont renvoyés dans l’enfer qu’ils pensaient avoir pu fuir.
POUR EN SAVOIR PLUS
ESSAIS / ENQUÊTES
- Je regrette d’être né là bas : Corée du Nord : l’enfer et l’exil, par Sophie Delaunay et Marine Buissonnière, éd. Robert Laffont, 2005.
Dès le début des années 1990, la famine sévit en Corée du Nord. En 1995, lorsque les organisations humanitaires interviennent, l’aide alimentaire, détournée par l’appareil du Parti, nourrit le régime au lieu de la population. Tae-Gum, qui a douze ans a peine, s’alimente de plantes qu’elle récolte dans la montagne ; Pok-Yol, plus jeune encore, survit dans les rues, mendiant ou ramassant ce qu’il trouve ; la faim finit aussi par toucher Chin- Gyong et ses enfants, alors que le père est cadre du Parti. Face a cette situation dramatique, et malgré le risque que cela représente dans un pays ou la délation remplit les camps, Tae-Gum, Chin-Gyong et Pok-Yol décident de gagner la Chine. Mais « le grand frère » refoule violemment les migrants illégaux. Pris dans l’étau de la répression, Tae-Gum, Chin- Gyông et Pok-Yol s’engagent dans un exil interminable vers le seul pays qui leur offre asile : la Corée du Sud.
- Évadés de Corée Du Nord : Témoignages, par Juliette Morillot et Dorian Malovic, éd. Belfond (Presse de la Cité), 2004.
Pour la première fois, les survivants de la famine et de la répression en Corée du Nord prennent la parole et livrent de terribles témoignages sur leur vie quotidienne. Dictature communiste la plus fermée au monde, classée parmi les nations de l’Axe du mal par George W. Bush, la Corée du Nord suscite crainte et curiosité. Plus de 300 000 Nord-Coréens ont réussi à fuir ce véritable « Royaume Ermite ». Tous ont vécu la peur des arrestations, des camps de concentration ou des exécutions publiques. Aujourd’hui, déracinés, clandestins en Chine ou réfugiés en Corée du Sud, ils racontent leur quotidien, leur exil, leur errance sur des terres inhospitalières, aux marges d’un monde qui les broie. Grâce à leur maîtrise des langues coréenne et chinoise, Juliette Morillot et Dorian Malovic offrent une enquête inédite et inestimable à travers des témoignages authentiques recueillis sans intermédiaire. Leur périple nous emmène aux confins de l’Asie, de la Corée du Nord à la Mandchourie chinoise, en Corée du Sud et au Japon. Voir l’interview des auteurs sur le site de la Revue Jeune Afrique




