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Etats-Unis

lundi 25 septembre 2006, par Laura Lhoir

Cheri HONKALA, militante des droits sociaux.

Cheri Honkala est la présidente du Kensington Welfare Rights Union (KWRU, Syndicat de Kensington pour les Droits Sociaux, ). Situé à Philadelphie, le KWRU est une organisation non-violente, multiraciale et composée de familles pauvres et de sans-abris. Depuis douze ans, cette organisation milite pour le respect des droits fondamentaux des plus démunis aux Etats-Unis. Avec le KWRU, Cheri Honkala a créé plusieurs maisons des droits humains qui servent de bases éducatives et organisationnelles. Ils trouvent des abris pour les familles en difficulté, distribuent de la nourriture et des vêtements et répondent aux besoins des pauvres de la communauté. Plusieurs centres de droits humains ont été créés à Kensington. Ils offrent des formations en leadership, des cours d’alphabétisation, de sciences politiques et prodiguent des conseils en matière d’aide sociale.

Le KWRU loge des sans-abris dans des maisons abandonnées ou édifient des bidonvilles dans des endroits stratégiques afin de sensibiliser l’opinion américaine aux conditions de vie des plus démunis. Ces activités ont valu à Cheri Honkala d’être arrêtée plus de quatre-vingts fois et inculpée de crimes passibles de vingt années de prison. Son fils subit également les répercussions de son militantisme en faveur des droits humains. Lors d’une manifestation de sans abris, alors qu’il n’avait que treize ans, il a été arrêté, déshabillé et soumis à une fouille corporelle.

Pour plus d’informations, se référer au rapport de Front- Line : Les menaces, les attaques, les arrestations et le harcèlement subis par les Défenseurs des Droits Humains aux Etats-Unis, disponible sur : <http://www.frontlinedefenders.org/f...>

INFORMATIONS GENERALES

Depuis 1991, avec l’effondrement du bloc soviétique, les Etats-Unis se retrouvent l’unique superpuissance au monde. Aujourd’hui, c’est le plus puissant des pays de la planète et la plus ancienne des démocraties modernes. Les Etats- Unis se targuent d’être la plus grande « success story » du monde moderne, une nation créée par des personnes ayant peu de choses en commun, si ce n’est le désir de trouver leur propre voie vers le bonheur ou la fortune. Les nobles idéaux de la Constitution et de la déclaration d’Indépendance ont imposé comme valeur sacrée la liberté individuelle.

Beaucoup d’Européens se souviennent de l’engagement américain aux côtés des Alliés durant la seconde guerre mondiale. Les esprits critiques ont beau, à juste titre, invoquer la longue liste des méfaits du pays, en particulier la destruction des cultures indigènes, le racisme, l’impérialisme et les opérations suspectes de la CIA (les services secrets), les Etats-Unis restent une référence dans bien des domaines, de la science à la culture en passant par l’informatique. Mais l’arrogance de ce pays dans ses relations avec le reste du monde, que cela soit dans les affaires commerciales, environnementales ou de justice internationale, réveille un sentiment anti-américain déjà fort perceptible dans les pays arabes, en raison du soutien indéfectible des USA à Israël et plus récemment de la guerre contre l’Irak. En 2000, le républicain George W. Bush est élu à la présidence à quelques centaines de voix près, après un mois d’imbroglio politico-juridique. Le 11 septembre 2001, les attaques terroristes contre le World Trade Centre de New York et le Pentagone à Washington frappent de plein fouet la puissance américaine. En riposte contre le réseau terroriste d’Ossama Ben Laden, l’US Army bombarde l’Afghanistan. La guerre contre l’Irak, sans mandat de l’ONU, ainsi que celle contre le terrorisme et contre un soi-disant « Axe du Mal » indispose beaucoup d’observateurs, qui ne manquent pas de rappeler le soutien américain à beaucoup de régimes dictatoriaux au cours de son histoire. Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, et son prédécesseur, Boutros Boutros Ghali ont tous deux jugé illégale l’intervention américaine en Irak. Pour l’heure, l’armée s’y enlise, de plus en plus seule suite à la démobilisation de l’opinion publique américaine et aux rappels successifs des troupes alliées.

Les scandales liés à la guerre en Irak s’enchaînent. Les autorités reconnaissent que la CIA ait pu faire de la « désinformation  » sur la présence d’arme de destructions massive en Iraq, ce qui était pourtant le prétexte de l’intervention armée. Les exactions des troupes américaines à Abu Ghraïb sont rendues publiques par la diffusion de films amateurs diffusés sur Internet. L’opinion publique américaine critique de plus en plus l’intervention en Irak, qui lui rappelle les mauvais souvenirs de la guerre du Vietnam. Dans le contexte récent du conflit israélo-libanais, les États-Unis sont une nouvelle fois accusés d’empêcher l’ONU de mener à bien sa mission de protection de la paix et de la sécurité internationale en faisant systématiquement usage de son droit de veto au Conseil de sécurité.

DROITS HUMAINS

Brutalités policières et peine de mort

Des cas de brutalités policières et de recours à une force excessive ont encore été signalés aux Etats-Unis en 2005. Soixante et une personnes sont mortes après avoir été touchées par des pistolets paralysants utilisés par la police, ce qui représente une augmentation considérable des décès signalés dans de telles circonstances par rapport aux années précédentes. Soixante personnes ont été exécutées, portant à plus d’un millier le nombre de prisonniers mis à mort depuis la reprise des exécutions, en 1977. Les discriminations et les violences contre les minorités sexuelles et raciales restent fréquentes (se référer au rapport d’Amnesty Après Stonewall, quel horizon ? Violences policières contre les populations gays, lesbiennes, bisexuelles et transgenres, disponible sur : <http://web.amnesty.org/library/inde...>)

Guantánamo Bay

Selon les dernières informations disponibles, environ 500 personnes de quelque 35 nationalités sont toujours détenues sans inculpation ni jugement sur la base navale américaine de Guantánamo Bay. La plupart ont été capturées en 2001, durant le conflit armé en Afghanistan, et sont détenues en raison de leurs liens présumés avec Al Qaïda ou avec l’ancien gouvernement des talibans. En novembre 2005, trois experts en droits humains des Nations Unies ont décliné l’invitation du gouvernement américain à se rendre à Guantánamo, car elle était assortie de restrictions incompatibles avec les normes relatives à ce type de visites. En février 2006, le rapport de l’ONU Situation des détenus de Guantanamo a demandé de « fermer les installations de détention de Guantanamo Bay sans délais supplémentaires » et que « soient jugés rapidement tous les détenus de Guantanamo » ou « libérés immédiatement ». Mais les États-Unis n’en ont pas pris compte, se contentant de remettre en cause la pertinence juridique du rapport. Cependant, en juin 2006, les autorités américaines sont mises en difficulté par la Cour suprême américaine qui déclare illégales les procédures judiciaires d’exception mises en place à Guantanamo. De l’aveu même du Président Bush, les États-Unis disposent d’un certain nombre de prisons secrètes à travers le monde, en toute illégalité. Des avions ont transféré des prisonniers clandestins vers des pays qui sont connus pour pratiquer la torture, apparemment avec l’approbation de plusieurs pays européens.

Torture et mauvais traitements hors des Etats-Unis

De nouveaux éléments d’information ont fait état d’actes de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus à Guantánamo, en Afghanistan et en Irak, avant comme après les atteintes aux droits humains commises à la prison d’Abou Ghraïb (Irak) et révélées en avril 2004. De nouvelles publications ont décrit des techniques d’interrogatoire qui ont été approuvées par les autorités américaines à différents moments pour les personnes détenues au titre de la « guerre contre le terrorisme ». Ces méthodes incluaient l’utilisation de chiens pour susciter la terreur, les positions éprouvantes, l’exposition à des températures extrêmes, la privation de sommeil et le maintien à l’isolement.

En dépit des informations tendant à prouver que le gouvernement avait autorisé des techniques d’interrogatoire constituant des actes de torture ou des mauvais traitements, ainsi que des « disparitions », aucun haut responsable n’a été amené à rendre de comptes, pas même les personnes qui pourraient être impliquées dans des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. Inculpés d’atteintes aux droits fondamentaux de détenus,plusieurs soldats de rang inférieur ont été jugés et, pour la plupart, condamnés à des peines légères. En décembre, le Congrès a adopté une loi interdisant les traitements cruels, inhumains ou dégradants à l’égard des personnes détenues sous la responsabilité du gouvernement américain, que ce soit sur le sol des États-Unis ou à l’étranger. Cependant, Amnesty International demeurait préoccupée par le fait que la déclaration annexée par le président Bush lors de la promulgation de la loi réservait dans les faits la possibilité au pouvoir exécutif de contourner cette disposition pour des raisons de sécurité nationale.

Pour plus d’informations, se référer au Rapport 2006 d’Amnesty International, disponible sur : http://web.amnesty.org/report2006/u...>

PISTES PÉDAGOGIQUES

- A partir du cas de Cheri Honkala, organiser un débat sur la désobéissance civile. Faut-il approuver ce type d’action illégale mais peut-être pas illégitime ? Lire et étudier Henry David Thoreau, La Désobeissance Civile, 1849, disponible sur : <http://www.forget-me.net/Thoreau/>

- Retracer brièvement l’histoire des États-Unis. Se référer à André Kaspi, Les Américains (tome 1 et 2), Seuil, 2002. Consulter KidPort Reference Library, disponible sur : <http://www.kidport.com/REFLIB/UsaHi... >

- Lire et étudier des ouvrages de littérature américaine. Consulter L’esquisse de la littérature américaine, publié par la United States Information Agency, disponible sur : <http://usinfo.state.gov/francais/pd...>.

- Aborder la thématique de la peine de mort aux États- Unis (aspects sociaux, politiques et culturels). Consulter le site internet de la Campagne contre la peine de mort d’Amnesty International Belgique, disponible sur : <http://www.amnestyinternational.be/...>

Se référer à :

. Amnesty International, rapports sur la peine de mort, disponible sur : <http://web.amnesty.org/pages/deathp...>

. FIDH, La Peine de Mort aux Etats-Unis, Hors-série de la lettre mensuelle de la FIDH, n°316, 2001, disponible sur : <http://www.fidh.org/ameriq/rapport/...>

- Introduction à la sociologie : lire et étudier Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (tomes 1 et 2), Gallimard, 1986. Disponible à partir du site de la bibliothèque numérique de l’Université du Québec à Chicoutimi, <http://classiques.uqac.ca/classique...>. Ce livre, écrit dans les années 1830, compare la société française (monarchique) et américaine (démocratique). Il s’agit, entre autres, d’une réflexion sur les principes d’égalité, de liberté et sur les conséquences de leur « incarnation » dans un système social et politique. Il permet de mieux comprendre certains phénomènes sociaux comme l’individualisme et le désengagement politique.

- Cinéma : projeter et étudier : Punishment Park, Peter Watkins (1971), sur un camps de punition imaginaire où sont envoyés des prisonniers politiques et prisonniers d’opinion. Le Bon, la bête et le truand, Sergio Leone (1966), une référence incontournable en matière de Western. Taxi Driver, Martin Scorsese (1976), sur l’isolement des individus dans les mégalopoles américaines. Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe, Stanley Kubrick (1964), un film cynique sur la politique et la dissuasion nucléaire pendant la Guerre Froide. Citizen Kane, Orson Welles (1941), reprend le mythe du « self-made man ». The road to Guantanamo, Michael Winterbottom, Mat Whitecross, dénonce l’arbitraire et les méthodes de la guerre contre le terrorisme.

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