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Congo ( RDC)

lundi 25 septembre 2006, par Laura Lhoir

Gégé Katana, « Maman Gégé ».

Gégé Katana vit à Uvira, dans la province du Sud- Kivu, où elle a créé une organisation (Solidarité des Femmes Actives pour la Défense des droits humains (SOFAD) pour former les militantes. En République démocratique du Congo, où la violence sexuelle est tabou, Gégé apprend aux femmes à défendre leurs droits. « Dans la République Démocratique de Congo, la violence sexuelle est un tabou. Les femmes sont rejetées par leur famille. La seule chose que je peux faire, c´est collectionner leurs témoignages et vérifier qu’ils soient connus et déclarés à la cour de justice. Tout le monde doit savoir ce que s’est passé ici. J´ai créé une organisation pour former les femmes activistes. Dans la campagne, nous avons 50 noyaux de paix. Là où les femmes viennent quand elles ont des difficultés. Nous montrons à ces femmes comment elles doivent défendre leurs droits. Chacun, chacune a le droit de dire et de faire ce qu’il veut. Chacun a droit à la liberté. »

Témoignage sur : http://web.amnesty.org/actforwomen/...

Voir autre témoignage sur : http://www.amnesty.be/doc/IMG/mov/s...

Hubert Tshiswaka, menacé de mort.

Le défenseur des droits humains Hubert Tshiswaka a été menacé par des représentants d’un parti politique dirigé par le ministre de la Justice et a reçu des menaces de mort anonymes par téléphone le 1er avril 2006. Amnesty International craint que sa vie ne soit en danger. Hubert Tshiswaka est le directeur d’Action contre l’impunité pour les droits humains (ACIDH), une organisation de défense des droits humains établie dans la ville de Lubumbashi (province du Katanga).

Pour plus d’informations, se référer à l’action urgente AU 91/06 d’Amnesty International, disponible sur : <http://www.amnestyinternational.be/...>

INFORMATIONS GENERALES

La République démocratique du Congo, appelée Zaïre jusqu’en 1997, aborde le XXIè siècle dans une situation sociale et économique catastrophique. Cet immense pays situé au carrefour de toutes les régions africaines réunit pourtant de multiples atouts. Sa population, qui compte plus de 250 ethnies, est équitablement répartie sur un territoire vaste et généreux. Son climat est tempéré et ses terres sont fertiles. Son sol regorge de ressources minières : or, diamants, pétrole, cuivre, uranium, cobalt… C’est en partie le contrôle de ces richesses qui maintient le pays en guerre.

Le Zaïre plonge dans la violence politique dès son indépendance en 1960. De nombreux foyers de rébellion embrasent le pays qui tombe, en 1965, sous la coupe autoritaire du maréchal Mobutu. Ce dictateur aux manières de souverain et entouré de dirigeants peu scrupuleux va se maintenir au pouvoir pendant 32 ans et mener le pays au désastre économique. Mobutu est renversé en 1997 après la victoire de la rébellion menée par Laurent-Désiré Kabila et soutenue par des pays voisins, dont le Rwanda. Le pays est rebaptisé « République démocratique du Congo » et Laurent-Désiré Kabila prend la tête du pays. La tension monte entre Kabila et ses anciens alliés. Les affrontements se multiplient. En janvier 2001, la guerre voit un tournant décisif avec l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Son fils, Joseph Kabila, âgé de 31 ans, lui succède.

Le gouvernement de transition de 2003, constitué sur la base d’un partage du pouvoir et réunissant des membres de l’ancien gouvernement et des représentants des principaux groupes armés, des partis politiques d’opposition et de la société civile, a peu progressé vers l’unification et la démocratisation. Les querelles intestines et la méfiance au sein du gouvernement ont créé un climat de tension permanente et suscité des conflits armés occasionnels entre les unités militaires censées constituer une armée nationale unifiée. La plupart des projets de réinsertion des soldats ont pris énormément de retard ou n’ont tout simplement pas été mis en œuvre, d’où l’impossibilité pour des milliers de miliciens démobilisés d’accéder à d’autres formes d’emploi. En outre, selon certaines informations, les gouvernements ougandais et rwandais continuent à apporter leur soutien aux groupes armés – ou à leurs factions – qui s’opposent au gouvernement de transition. Le retard considérable pris dans l’adoption des lois électorales et dans l’organisation des élections qui avaient été prévues pour juin 2005 (finalement organisées le 30 juillet 2006) s’est traduit par la prolongation de l’étape de transition jusqu’en juin 2006. Ces élections sont les premières élec- tions législatives depuis que le Congo a obtenu son indépendance de la Belgique, en 1960. En août 2006, l’annonce des résultats a provoqué la mort d’une vingtaine de personnes, suite aux violences entre les milices des deux grands rivaux, le président Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba.

DROITS HUMAINS

De timides progrès ont été accomplis en 2005 dans l’instauration d’un climat de sécurité, de justice et de respect des droits humains, après quasiment dix ans de guerre. Une guerre qui provoqua entre 3 et 4 millions de morts ! Tout est à refaire dans un pays où des chefs de groupes armés font la loi. Les civils sont les premières victimes du conflit. Exécutions sommaires, arrestations arbitraires, détentions illicites, actes de torture, mauvais traitements, des conditions de détention dangereuses ont été signalés dans l’ensemble du pays. Le viol a été utilisé comme une arme de guerre par toutes les parties. Les forces de sécurité ont usé sans discernement et de façon excessive de la force pour mettre fin aux protestations politiques.

Les tensions ethniques sont manipulées à des fins politiques dans les zones présentant une importance stratégique politique ou militaire, comme par exemple les provinces du Katanga et du Nord-Kivu. L’insécurité persiste dans l’est du pays, où des crimes de guerre (homicides illégaux, viols, tortures et recrutement d’enfants soldats) ont été commis par des factions armées congolaises et des groupes armés du Rwanda et de l’Ouganda. Malgré les violations systématiques des droits humains qui ont été commises, presque aucun des auteurs présumés de ces actes n’a été déféré à la justice. Aucune initiative n’a été prise pour exclure de la nouvelle armée les individus soupçonnés d’atteintes graves aux droits fondamentaux, et certaines personnes considérées comme responsables de crimes et d’autres atteintes aux droits humains en vertu du droit international occupent des postes clés au sein de l’armée et des institutions de transition. Des failles dans le système judiciaire empêchent les victimes d’engager des actions en justice contre les auteurs des violences. Ces derniers temps, des tribunaux congolais (en Ituri et en Equateur) ont cependant prononcé des condamnations pour des viols massifs commis par des soldats.

Cette impunité soulève de plus en plus de réactions au sein de la Communauté Internationale. En 2000, la Belgique engageait des poursuites à l’encontre de Mr. Yérodia, ancien Ministre des Affaires Etrangères du Congo qui avait lancé à la radio des appels à la haine envers les Tutsis. Cette plainte était basée sur la loi belge de compétence universelle de juin 1993. Suite à l’Arrêt Yérodia, rendu par la Cour Internationale de Justice en 2002, la Belgique dut abandonner ses poursuites. Mais de nouvelles actions en justice furent engagées par la Cour Pénale Internationale (CPI). En mars 2006, la CPI a arrêté Thomas Lubanga Dyilo, chef de guerre présumé, fondateur présumé de l’Union des Patriotes Congolais. Il a été inculpé pour crimes de guerre, au titre de l’article 8 du Statut de Rome, pour des crimes commis en RDC depuis juillet 2002, incluant « l’enrôlement et la conscription d’enfants de moins de quinze ans », contraints de « participer activement aux hostilités ».

Pour plus d’informations, se référer au Rapport 2006 d’Amnesty International, disponible sur : <http://web.amnesty.org/report2006/c...>

PISTES PÉDAGOGIQUES

- Aborder le thème des violences contre les femmes dans les conflits armés. Visionner et discuter des témoignages de Gégé Katana, disponible sur : <http://web.amnesty.org/actforwomen/...> <http://www.amnesty.be/doc/IMG/mov/s...>

- L’aventure coloniale belge au Congo Les débats sur la colonisation du Congo font régulièrement surface en Belgique, même si cette époque est encore largement ignorée du grand public. En 1998 est parue la traduction française du best-seller d’Adam Hochschild, Les Fantômes du roi Léopold. Un holocauste oublié. Le livre a inspiré un film à Peter Bate, White King, Red Rubber, Black Death, documentaire de la BBC dont la diffusion par la RTBF et la VRT, au printemps 2004, a suscité des réactions passionnées (beaucoup contestent la qualification de « génocide », tout en reconnaissant l’importance des exactions commises lors de la campagne d’exploitation du caoutchouc). L’exposition “La mémoire du Congo, le temps colonial” réalisée au Musée royal de l’Afrique Centrale à Tervuren fut aussi l’objet de certaines critiques.

Pour alimenter votre réflexion : . www.congo2005.be> et <http://www.africamuseum.be/> : le site du Musée de l’Afrique centrale, sur lequel on peut trouver un aperçu de cette exposition consacrée à la colonisation belge.

. Marc Twain, Le Soliloque du Roi Léopold II, L’Harmattan, 2004 : un pamphlet contre le roi Léopold II et les dérives du colonialisme.

. Hergé, Tintin au Congo, Casterman, 1ère édition (1930) : une bande-dessinée qui reflète l’esprit de l’époque coloniale, paternaliste et condescendant vis-à-vis des Congolais. L’histoire fut remaniée en 1946 et Hergé modifia l’idéologie colonialiste de l’album. Pour plus d’informations, consulter le site <www.tintin.free.fr/aventures/voirbd...>

. Joseph Conrad, Au Cœur des Ténèbres, Flammarion, 1993 : Plongée dans l’atmosphère étouffante, sauvage et mystérieuse de la jungle africaine, au cœur du Congo. Le roman a été librement adapté au cinéma par Francis Ford Coppola en 1979 dans Apocalypse Now (qui se déroule au Vietnam).
- Une étude des manuels scolaires belges sous la période coloniale, est disponible sur : <http://www.abbol.com/commonfiles/ ...>

- L’influence belge au Congo : la Belgique a mis sur pied, en 2001, une commission d’enquête parlementaire sur l’assassinat de Patrice Lumumba, ancien Premier ministre du Congo. Quelles en étaient les conclusions ?

- Cinéma / documentaires : Organisez des débats après la projection d’un film :

- Congo River, Au-delà des Ténèbres de Thierry Michel (2005). Sur les traces de Stanley, le film « Congo River » nous fait remonter de l’embouchure à la source le plus grand bassin fluvial du monde, celui du fleuve Congo.

- Congo, la paix en otage, documentaire de Marc Le Pape et Robert Genoud, disponible auprès de Médecins Sans Frontières  : Tourné en novembre 2004, ce documentaire a pour objectif de faire connaître la situation de violences chroniques qui règne au Nord Katanga.

- Réalités Congolaises, de Robert Bodson, 1954, commander à partir de : <http://www.africamuseum.be/news/mus...>

Littérature : lire et étudier :

Aimé Césaire, Une saison au Congo, Seuil, 2001. L’auteur évoque dans ce recueil l’Afrique au temps du vertige des indépendances reconquises.

Pie Tshibanta, Un fou noir au pays des Blancs, éd. Bernard Gilson, 1999 : un spectacle qui a fait le tour de la Belgique et qui raconte avec humour les difficultés d’intégration d’un réfugié congolais.

Exposition Notre Congo/Onze Kongo, la propagande coloniale belge : fragments pour une étude critique : Disponible auprès de l’ONG Coopération par l’Éducation et la Culture, voir <http://www.cec-ong.org/>

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