Ye Guozhu, condamné à quatre ans de prison.
Ye Guozhu, défenseur du droit au logement, a été condamné à quatre années de prison pour avoir protesté pacifiquement contre la démolition de la maison de sa famille et de ses deux restaurants. Accusé de « troubler l’ordre public », Ye Guozhu avait déjà été arrêté en août 2004 après avoir demandé la permission d’organiser une manifestation de masse contre les expulsions forcées et les compensations de saisie inadéquates.
En Chine, les expulsions forcées sont devenues monnaie courante alors que les autorités chinoises cherchent à raser d’innombrables immeubles en vue des Jeux Olympiques de Beijing. Les responsables du projet de construction du Centre Olympique ont déclaré qu’au moins 6 000 familles subissaient des dommages dus aux préparatifs des Jeux ; mais les Organisations Non-Gouvernemenales estiment le nombre des victimes à un chiffre bien supérieur. Beaucoup ont été expulsées sans que les procédures de protection ne soient entièrement suivies et sans avoir été dédommagées en conséquence. Les expulsions forcées –qui ne sont pas soumises à un régime de protection légale adéquate- sont une violation des droits humains, dont le droit à un logement décent prévu par la le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, que la Chine a ratifié.
Amnesty International considère Ye Guozhu comme un prisonnier d’opinion, emprisonné pour la seule raison d’avoir exprimé ses convictions d’une manière pacifique. Amnesty appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle, et demande au gouvernement chinois de mettre un terme à la pratique des expulsions forcées, expulsions menées sans une entière protection procédurale, sans que le gouvernement n’ait pris de disposition de relogement pour plus démunis et sans dédommagement adéquate pour les dégâts occasionnés.
D’après Amnesty International, <http://www.amnestyusa. org/action/...>
Harry Wu
« Mon histoire n’est qu’une brique du grand mur du Laogaï. J’ai enlevé cette brique pour que vous puissiez voir ce qui se passe dans le Laogaï chinois. » Harry Wu est un ancien prisonnier politique qui a passé 19 ans au Laogaï (les « Goulags » chinois, véritables camps de travail forcé). Il était déterminé à survivre à la dure peine qu’il purgeait pour avoir exercer son doit d’expression lorsque, étudiant, il avait critiqué l’invasion soviétique de la Hongrie en 1956. A sa remise en liberté en 1979, il fut invité à Berkeley. En 1991, il repartit en Chine avec sa femme, muni d’une caméra cachée, afin de recueillir d’avantage d’information sur la précarité des conditions de vie au Laogaï. Depuis, il lutte pour que le monde prenne conscience des conditions dans lesquelles vivent les prisonniers des camps de travail chinois. Il a aidé à la réalisation de nombreux documentaires télévisés largement télédiffusés. Il continue de se battre pour l’avancement des droits humains dans son pays, en en dénonçant les atteintes dans le Logaï et en prenant position contre la vente d’organes ou autres violations de normes internationales. Harry Wu est le fondateur et le directeur de la Laogaï Research Foundation à Milpitas, en Californie.
D’après la Martin Ennals Foundation, http://www.martinennalsaward. org/...
INFORMATIONS GENERALES
De 1949 à 1979, la Chine, alors le pays le plus peuplé du monde, a ignoré le reste de l’humanité. Aujourd’hui, elle se montre sous un jour nouveau : économie de marché, musique et fast-foods « à l’occidentale ». La Chine, aussi appelée l’ « Empire du Milieu », est héritière d’une civilisation très ancienne. Elle est influencée par plusieurs religions et philosophies, surtout le confucianisme (pensée de Confucius), mais aussi le bouddhisme, le taoïsme et l’islam. En 2001, Pékin fut choisie pour accueillir les Jeux Olympiques de 2008. La libéralisation économique n’a pas effacé, bien au contraire, les inégalités sociales : 40 % des richesses sont détenues par 1 % de la population. La Chine se divise entre l’Est, plutôt riche –les mégapoles de Pékin et de Shangaï-, et l’Ouest, beaucoup plus pauvre -les régions autonomes du Xinjiang et du Tibet. Dans les campagnes, la vie n’a pas foncièrement changé et les problèmes sont toujours les mêmes : extrême pauvreté, difficulté à contrôler les naissances, racisme à l’égard des minorités culturelles ou religieuses, corruption. Le problème de Taïwan, une île chinoise qui s’est déclarée indépendante, reste une obsession des autorités communistes qui souhaitent récupérer ce morceau de leur territoire historique, par la force s’il le faut.
DROITS HUMAINS
Des dizaines de milliers de personnes sont détenues et doivent subir la torture ou d’autres mauvais traitements. Plusieurs milliers de personnes ont été condamnées à mort ou exécutées. Le Chine détient le triste record mondial de recours à la peine de mort. Celle-ci est appliqué de façon arbitraire, parfois en raison d’ingérences politiques. Des personnes ont été exécutées pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et pour des crimes de sang, mais aussi pour des infractions ne relevant pas de la criminalité violente, telles que la fraude fiscale et les détournements de fonds. De plus, un trafic d’organes s’est développé avec les cadavres des condamnés à mort. Fin 2005, Amnesty a recensé au moins 3 900 condamnations à la peine capitale et au moins 1 770 exécutions, mais tout porte à croire que ces chiffres sont bien en deçà de la réalité.
Les autorités ont souvent recours à la force face à une agitation sociale croissante. Elles invoquent des atteintes à la sûreté de l’État, définies en des termes vagues, pour emprisonner des militants, notamment des avocats, des plaignants et des défenseurs du droit au logement. Elles ont pris de nouvelles mesures de répression contre les médias et renforcé les contrôles sur Internet. Dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, la Chine poursuit sa sévère politique de répression envers les Ouïghours au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Au Tibet, comme dans d’autres régions à population tibétaine, les libertés d’expression et de religion restent très limitées.
Pour plus d’information, se référer au Rapport 2006 d’Amnesty International, disponible sur : http://web.amnesty.org/report2006/c...
PISTES PÉDAGOGIQUES
La Chine accueille les prochains Jeux Olympiques.
Interrogez les élèves sur le rôle que le sport peut jouer
dans la circulation des valeurs et le rapprochement des cultures
(universalité des sports, égalité des sportifs, communion
des populations grâce à une passion commune etc).
Présentez également des dérives sportives et les risques sociaux qui
en découlent (nationalisme sportif, hooligans, culte de la
compétition, individualisme, etc).
Débat : Que pensez-vous du choix de la Chine comme pays organisateur des prochains jeux olympiques ? (Pour : force la Chine à s’ouvrir, permettra au monde entier de constater les atteintes aux droits humains perpétrés par les autorités chinoises, etc. Contre : la Chine n’est pas un pays modèle et ne devrait donc pas être investi d’une mission aussi symbolique que la préparation des Jeux, multiplie les risques de violation (expropriations), etc.)
Étudier la construction de la Chine moderne, afin d’introduire
la thématique des minorités chinoises.
Initiation aux « philosophies » orientales (confucianisme,
taoïsme, bouddhisme, etc.) .
Projection et étude de films sur la Chine. Exemples :
Epouses et Concubines ou Not one less de Zhang Yimou sur la place
de la femme et de l’éducation dans la société traditionnelle
chinoise.
Réaliser un exposé sur l’annexion du Tibet par la Chine.
Lire et étudier Birgit van de Wijer, Exode d’enfants du Tibet, disponible
(commande) à partir de :
<http://www.childexodus.org/fr/index...>.
Cet ouvrage traite de l’immigration des enfants tibétains vers le Népal et
l’Inde, ceux-ci fuyant la politique d’acculturation mise en
place par les autorités chinoises.
Faites traduire cette chanson écrite par un dissident
chinois. Faites en même temps une recherche sur les événements
de la place Tiananmen, en juin 1989, lorsque l’armée
chinoise a réprimé les manifestations étudiantes.
CHANSON POUR LES ETUDIANTS DE TIANANMEN
To the Students at Tiananmen BY WANG YU
From the time you gathered at Tiananmen
Our daylight dissolved into your midnight
To become a white night enmeshed in nightmares
As twilight descended upon your shoulders
Dawn’s light slowly ascended
Our terrified eyes
Irrepressible cries of horror
As yet another white night arrived
We lived in
A nightmare between
The eastern and western hemispheres
Between one night and the next and one dream and the next
The direction shifted
And crisis concealed itself beside you
From the first it was a group of you
Betraying yourselves
Beware !
Youth of China
History bowed its head in shame
The badge of revolution rusted
And warped
A thief’s cunning
A butcher’s treachery
Exhausted
We glued our eyes to the news
On the glittering screen
In the newspaper
We joined our hearts to your bodies
The white night scorched us
At some unknown time
The troops appeared
And shouted with rage—
Your echo
Resounded across the globe
You were our hope
China’s future
In the heart of the motherland
With youth you attacked
Withered arteries
And transplanted them with living
Democracy and freedom
In May 1989
The world watched you in hope
Youth of China
As you shed your light on the darkness
And lit a lantern in the heart of the motherland
Where darkness transited into white night
Hope battled despair
Blind to the tanks
Blind to recklessness
Have no fear that someone will oppose the future
An eternally unobstructable willpower
Is passed from one generation to the next
Youth of China
Marching heroically toward
The breach of dawn.
Composed June 3, 1989
Published June 24, 1989 in Wen Wui Po (Hong Kong)
Translated by Stacy Mosher >




