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Cameroun

mardi 26 septembre 2006, par Laura Lhoir

Abdoulaye Math, harcelé.

Abdoulaye Math, président du Mouvement pour la défense des droits de l’Homme et des libertés (MDDHL), fut appelé à se présenter au poste de police de Maroua le 22 mai 2004 à la suite d’une plainte portée contre lui en provenance de Douala. Les enquêtes du MDDHL, qui a communiqué avec le prétendu plaignant, révèlent que ce dernier n’avait jamais porté plainte contre M. Math. De nombreuses autres actions en justice sont actuellement engagées contre le MDDHL.

Source : Frontline, http://www.frontlinedefenders.org/f...

ADAMA MAL-SALI, condamné à six mois de prison ferme.

Selon les informations reçues, le 3 mai 2006, le Tribunal de première instance de Maroua a condamné M. Adama Mal-Sali à six mois de prison ferme pour “diffamation et dénonciations calomnieuses”. Cette condamnation est intervenue après de multiples reports d’audience, à la suite d’une plainte déposée par M. Amadou Adoum Haman, chef de canton (lawan) de Balaza Lawane, en avril 2005. Monsieur Mal-Sali est le représentant du MDDHL à Balaza- Lawane.

Pour plus d’informations, se référer à la source FIDH, disponible sur : http://www.fidh.org/article.php3?id...

L’HOMOSEXUALITÉ, UN DÉLIT QUI PEUT VOUS CONDUIRE À CINQ ANS DE PRISON !

En janvier 2006, trois journaux camerounais ont publié une liste de plusieurs dizaines de personnes, dont des représentants du gouvernement, des musiciens et des hommes d’affaire, qu’ils accusaient d’homosexualité. Des appels à la délation d’homosexuels se font régulièrement entendre. En mai 2005, neuf personnes ont été arrêtées dans une discothèque, en vertu de l’article 347-a du Code pénal. Cet article condamne toute relation entre personne du même sexe, même adultes et consentantes. L’Eglise catholique du Cameroun a dénoncé l’homosexualité en décembre 2005. Tout ce climat rend les homosexuels particulièrement vulnérables. Plusieurs personnes accusées d’homosexualité ont été maltraitées par des forces de l’ordre. Même lorsqu’elles sont acquittées, elles ont beaucoup de difficulté à réintégrer la société.

INFORMATIONS GENERALES

Le Cameroun est un pays d’Afrique centrale. Les Pygmées Baka sont probablement les premiers à s’y installer. Ses sols fertiles et ses côtes hospitalières en font une terre d’accueil et aujourd’hui plus de 240 ethnies y vivent. La culture camerounaise est donc caractérisée par une très grande diversité ethnique. On y recense plus de 200 langues vernaculaires. Les Portugais sont les premiers Occidentaux à explorer le Cameroun au XVIe siècle, avant l’arrivée des Hollandais, des Britanniques, et des Allemands. Le commerce s’y développe tout au long du XVIIe siècle. Au XIXe siècle le Cameroun devient un protectorat allemand, l’Allemagne étant parvenue à obtenir le plus de concessions avec les chefs locaux. À la fin de la Première Guerre Mondiale, le Cameroun est placé sous mandats français et britannique. Les autorités françaises mènent une véritable politique de « francisation » culturelle et linguistique.

Le Cameroun français devient indépendant en 1960 et forme une fédération bilingue - République Fédérale du Cameroun (RFC))- avec la partie Sud du Cameroun britannique (la partie Nord s’étant rattachée à la Fédération Nigériane). La RFC est un régime présidentiel autoritaire dirigée par Ahmadou Ahidjo, un Peul musulman francophone. Malgré les protestations des provinces anglophones minoritaires (protestations qui perdurent encore aujourd’hui), le Cameroun est unifié en 1972. En 1982, après 22 années passées à la tête du pays, le Président Ahidjo cède le pouvoir à son Premier Ministre, Paul Biya. Celui-ci remporte les élections de 1992, 1997 et 2004, où de nombreuses irrégularités sont constatées par les observateurs internationaux.

DROITS HUMAINS

Au Cameroun, sous le règne de 22 ans du Président Paul Biya, la torture persiste et des prisonniers politiques meurent dans des conditions carcérales épouvantables après des procès inéquitables. Les défenseurs des droits humains et les militants de l’opposition courent toujours le risque d’être détenus et leurs activités politiques pacifiques sont souvent entravées par les autorités. Quant aux homosexuels, ils risquent à tout moment de se faire dénoncer publiquement, ce qui peut entraîner une peine de prison. En effet, l’homosexualité est toujours considérée comme une infraction par le code pénal camerounais.

Trois prisonniers politiques sont morts en détention depuis 1999. Les enquêtes ouvertes sur plusieurs décès en garde à vue, apparemment consécutifs à des actes de torture, n’étaient ni indépendantes ni transparentes. Des détenus ont été tués ou blessés lors d’émeutes provoquées par une forte surpopulation et une discipline carcérale extrêmement dure. Les femmes sont victimes de nombreuses violations de leurs droits humains. Environ 20% des femmes et des jeunes filles auraient été victimes de mutilations génitales, une pratique qui perdure principalement dans les régions de l’extrême nord et du sud-ouest et qui demeure autorisée par la loi. Les dispositions du Code pénal qui protègent un violeur de toute poursuite judiciaire s’il épouse sa victime sont toujours en vigueur, assurant ainsi l’impunité au coupable tout en exposant sa victime à de nouvelles violences.

Pour plus d’informations, se référer au Rapport 2006 d’Amnesty International, disponible sur : http://web.amnesty.org/report2006/c...

CORRUPTION

Le Cameroun a déjà été classé deux fois comme l’État ayant le plus haut indice de perception de la corruption par l’ONG, Transparency International. La corruption quotidienne est qualifiée de nombreux noms, Gombo, bière, taxi, carburant, motivation, « le tchoko » et d’autres. Les policiers sont parfois même surnommés de « mange-mille « , ce qui est un jeu de mot. Le mil étant un aliment comestible, et mille rappelant les billets de 1000 FCFA, billets salvateurs lors de barrages routiers.

ECONOMIE-ENVIRONNEMENT

Un oléoduc reliant le Tchad au Cameroun a été achevé en 2003. Ce projet a fait couler beaucoup d’encre, dont celle d’Amnesty qui, dans un rapport récent, estime que ce projet est néfaste pour les droits humains des populations vivant sur son tracé. En effet, vu les accords juridiques, il sera très difficile pour le Tchad et le Cameroun de lutter contre les abus des compagnies pétrolières et pour les particuliers victimes de l’oléoduc d’obtenir réparation. Bénéficiant du soutien de la Banque mondiale, ce projet d’oléoduc estimé à 3,3 milliards d’euro constitue le plus gros investissement étranger en Afrique. Le consortium, dirigé par ExxonMobil, englobe les compagnies pétrolières américaine Chevron et malaisienne Petronas.

Pour plus d’informations, voir <http://web.amnesty.org/library/Inde...>

PISTES PÉDAGOGIQUES

- L’homophobie et les atteintes aux droits humains des minorités sexuelles au Cameroun et ailleurs. Demander le nouveau dossier pédagogique sur l’homophobie, disponible à la Communauté française (Direction de l’Egalité des chances, egalite cfwb.be ou 02/413 32 24). Commandez l’affiche « dazibao » d’Amnesty consacrée à l’homophobie. Présenter les différentes formes de violence auxquelles sont confrontés les homosexuel(le)s, les bisexuel(le)s et les transsexuel(le)s.

Référez vous à des cas concrets et récents, disponibles à partir de la page thématique LGBT d’Amnesty International. <http://www.amnestyinternational.be/...>

Utiliser des documents vidéo comme :
- Less than Human, une série de témoignages recueillis par Amnesty International. Commander auprès de la coordination LGBT d’Amnesty : lgbt aibf.be ou voir en ligne : http://www.ai-lgbt.org/resources.htm
- Brokeback Mountain, de Aung Lee (2005)
- Boys Don’t Cry, de Kimberly Peirce (1999)
- Fresa y chocolate, de Gutierrez-Alea (1993) . Etudier des chansons comme :
- Adam et Yves, de Zazie
- Petit Pédé, de Renaud
- Une femme avec une femme, de Mecano

Faire un exposé sur le statut des droits humains des homosexuels en droit international, puis national, en insistant sur l’évolution des mentalités et des pratiques culturelles.

Se référer :
- à l’extrait de Vanessa Baird, Sex , Love and Homophobia, Amnesty International, 2004, disponible sur : http://www.amnestyinternational.be/...

- aux différents rapports publiés par Amnesty International sur les droits humains des minorités sexuelles, disponible sur : <http://www.ai-lgbt.org/resources.htm>

- Pour plus d’informations, se référer au chapitre Orientation sexuelle du dossier pédagogique d’Amnesty International, Dérives identitaires :identités et discriminations, 2005, disponible sur : <http://www.amnestyinternational.be/...>

- Aborder le thème des mutilations génitales féminines.

Consulter :
- le dossier thématique d’Amnesty International sur : <http://www.amnesty.fr/index.php?/am...>

- la bande dessinée « Diariatou face à la tradition », réalisée par le GAMS. Tel. 02/219 43 40 ou <info gams.be>

- Une autre bande dessinée, « La suite du Pari de Bintou » est disponible sur le site <www.cams-fgm.org>

- la bande-dessinée réalisée par l’Athénée Royal Ardenne Hautes-Fagnes (Malmédy), dans le cadre du concours « Objectif Venus » d’Amnesty, est disponible également sur <www.objectifvenus.be>

- le dossier thématique de l’Organisation Mondiale de la Santé, disponible sur : http://www.who.int/topics/female_ge...>

- le site Internet du Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles et autres pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants (GAMS), disponible sur : <http://perso.orange.fr/..associatio...>

- Le film Moolaadé d’Ousmane Sembene (2004) (+16 ans).

- Littérature : lire et étudier :

- Calixthe Belaya, La petite fille du réverbère, Albin Michel, 1998. Tapoussière a onze ans. Pour sa grand-mère, qui l’élève et la chérit, elle est une princesse. En réalité, elle n’est qu’une petite fille d’un village perdu du Cameroun, de père inconnu et de mère disparue. Alors, le soir, elle étudie à la lueur du réverbère avec deux objectifs : retrouver son père et s’extirper de la misère.

- Mongo Beti, Trop de soleil tue l’amour, Julliard, 1999. Un polar qui dénonce la corruption et dictature, et l’attitude « néocoloniale » des Blancs en Afrique.

- Cinéma : projeter et étudier le film Chocolat, de Claire Denis (1988) qui se déroule au Cameroun français.

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