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Brésil

mardi 26 septembre 2006, par Laura Lhoir

CONCEIÇÃO PAGANELE, lutte pour améliorer les conditions vie des jeunes en détention.

Conceição Paganele est à la tête de l’association AMAR (Associação de Mães e Amigos de Crianças e Adolescentes em Risco, Association des mères et amis des enfants et adolescents menacés, ). Cette association de mères de détenus surveille les conditions régnant dans les centres de détention pour mineurs du Brésil et rend visite aux détenus. Elle est l’une des principales opposantes au système pénitentiaire brésilien pour les mineurs, mieux connu sous le sigle FEBEM (Fundação do Bem-Estar do Menor, Fondation Brésilienne pour la Protection des Mineurs).

Avec son association, elle a dénoncé la torture et autres mauvais traitements qui ont cours depuis longtemps dans les centres du FEBEM dans la région de São Paulo. La police civile enquête sur elle pour une série d’infractions dont elle est accusée, comme destruction de biens, incitation à l’émeute dans les centres de détention, complot, création d’un groupe de malfaiteurs et complicité dans une évasion d’un centre de détention pour mineurs. Conceição Paganele fait l’objet de trois enquêtes de police différentes sur les liens présumés entre ses activités et de récentes émeutes dans des centres de la FEBEM. Aucun élément de preuve convaincant n’a été apporté en vue d’étayer les accusations portées contre Conceição Paganele. Par ailleurs, on ignore pourquoi cette femme est spécifiquement visée, étant donné qu’elle est toujours accompagnée de représentants d’autres organisations non gouvernementales (ONG) lors de ses visites dans les centres de la FEBEM.

Pour plus d’informations, se référer à Françoise Guillitte, Brésil : Craintes pour Conceiçao Paganele, disponible sur : <http://www.amnestyinternational.be/...>

INFORMATIONS GENERALES

Connu pour son carnaval de Rio et ses rythmes musicaux (bossa-nova, samba,…), le Brésil est composé d’une véritable mosaïque humaine : sa population est originaire pour moitié d’Europe (portugaise, espagnole, italienne, allemande), mais aussi africaine et amérindienne (moins de 2 % aujourd’hui) et même asiatique et moyen-orientale (Japonais, Syriens et Libanais). Il s’étend sur près de la moitié de l’Amérique du Sud et en est le seul pays lusophone (où l’on parle le portugais). Recouvert pour l’essentiel de forêts et de savanes, il a une frontière commune avec tous les pays d’Amérique du Sud (sauf le Chili et l’Équateur). Le pays est depuis longtemps connu pour ses productions agricoles, notamment le café, dont il assure un quart de la production mondiale, mais aussi le sucre, le cacao, et plus récemment le soja et les agrumes (jus d’orange). Malgré ces richesses, la misère des petits paysans est grande, surtout dans la région du Nordeste. Depuis les années 1960, l’industrie a connu un très sérieux développement et occupe une place importante dans les exportations aux côtés de l’agriculture et des minerais. À ces atouts s’ajoutent ceux de la forêt tropicale dont l’exploitation au nom du développement suscite de vives controverses chez les écologistes qui la considèrent comme le poumon de la planète. À partir de 1964, le pays a connu une violente dictature militaire qui va durer jusqu’en 1984. Durant ces vingt ans, des opposants furent assassinés, notamment dans le cadre de la fameuse « Opération Condor ».

Le Brésil reste à ce jour le pays des inégalités extrêmes : aux gosses abandonnés dans les villes s’oppose l’insolente richesse d’une minorité, aux efforts d’organisation syndicale des petits paysans répond la violence des tueurs à gage (les fameux « escadrons de la mort ») à la solde des grands propriétaires. C’est un peu comme s’il existait deux pays distincts, deux sociétés au sein des mêmes frontières. Contraste aussi entre les habitants des villes (plus de 80% de la population brésilienne, principalement sur ou près de la côte) et celle des campagnes. Mais ces deux réalités sont également connectées : la pauvreté des campagnes a entraîné un exode rural vers les favelas des grandes villes et les grands propriétaires terriens sont souvent des grandes entreprises aux mains de l’oligarchie urbaine du Sud-est. En janvier 2003, un ancien syndicaliste et prisonnier sous la dictature, Lula, arrive au pouvoir sur base d’un programme mettant l’accent sur la lutte contre la pauvreté. Le Brésil est aussi connu pour avoir accueilli le premier forum social de Porto- Allegre qui rassemble les alter-mondialistes, qui luttent pour un meilleur partage des richesses du monde. Le pays vise aujourd’hui à une plus grande place sur la scène internationale, et revendique l’obtention d’un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

DROITS HUMAINS

Un très grand nombre d’atteintes aux droits fondamentaux ont été commises au Brésil en 2005, les pauvres et les exclus étant particulièrement touchés. Les initiatives politiques en matière de droits humains ont été rares, de nombreux projets fédéraux n’ont toujours pas été mis en œuvre et les autorités des États ne se sont guère empressées de réaliser les réformes pourtant promises dans le domaine de la sécurité publique. Un peu partout, la police commetde graves violations des droits humains (exécutions extrajudiciaires, torture, brutalités, etc.). La torture et les mauvais traitements sont monnaie courante dans le système pénitentiaire. Les conditions de détention sont souvent cruelles, inhumaines et dégradantes. La guerre des gangs fait aussi des ravages jusqu’au sein des prisons et l’insécurité est telle que la police n’ose plus s’avancer dans certains quartiers des grandes villes.

Des personnes d’origine indigène ont été victimes d’agressions, voire d’homicides, et des opérations ont été menées pour les expulser de force de leurs terres ancestrales. Les autorités fédérales, qui avaient annoncé leur volonté de délimiter tous les territoires indigènes d’ici 2006, étaient loin d’avoir atteint cet objectif. Des défenseurs des droits humains et des militants pour le droit à la terre ont de nouveau été menacés, agressés ou tués. En raison de la lenteur de la justice et de la réticence de certains secteurs de l’appareil judiciaire à engager des poursuites dans ce genre d’affaires, l’impunité restait la norme en matière d’atteintes aux droits humains.

Pour plus d’informations, se référer au Rapport 2006 d’Amnesty International, disponible sur : <http://web.amnesty.org/report2006/b...>

PISTES PÉDAGOGIQUES

- Organiser un débat autour de la thématique de la détention des mineurs. Est-ce une bonne solution ? Quelles sont les alternatives ? Quelle est la situation en Belgique ?

Se référer :
- aux chapitres « Aux Mains de la Police » et « Derrière les barreaux  » du rapport d’Amnesty International, Enfants torturés, des victimes trop souvent ignorées, disponible sur : <http://web.amnesty.org/library/inde...>

- au cahier pédagogique de Jean-Pierre Rosenczveig, Justice pour les enfants, Robert Laffont, 1999. Consulter le dossier Jeunes et justice (1945-2005)- Permanences et évolutions de l’ordonnance de 1945 sur l’enfance délinquante, disponible sur : <http://www.vie-publique.fr/politiqu...>

- Réaliser une recherche sur l’Opération Condor et le rôle trouble joué par la CIA dans les dictatures sud-américaines.

- Réaliser un exposé sur la capoeira, en insistant sur les origines de ce sport de combat et le rôle social qui a longtemps été le sien.

Consulter :
- Online Dojo, disponible sur : <http://www.onlinedojo.ca/Style%20Di...>

- AoBrazil, disponible sur : <http://www.aobrasil.com/capoeira/>

Projeter les vidéos disponibles sur le site : <http://www.capoeirascience.com/clip...>

- Cinéma et documentaires : projeter et étudier :

- La Cité de Dieu, David Meirelles (2002), disponible à la médiathèque. Ciudade de Deus est le lieu où les autorités de Rio de Janeiro parquent les habitants des favellas quand ils les démolissent. On suit l’histoire, d’un jeune garçon du quartier et celle de la cité, des années 60 aux années 70.

- Gosses de Rio, de Thierry Michel (1990). Rio de Janeiro. Luis Carlos, Luciano de Souza, 16 ans : deux « enfants de la rue ». La mendicité, le vol, la drogue, mais aussi l’amitié, le carnaval et, toujours, au bout du chemin, l’arrestation, la violence, l’emprisonnement.

- Entre muros e favelas, Susanne Dzeik, Kirsten Wagenschein, Marcio Jeronimo (2005). Filmé essentiellement dans les favelas de Rio de Janeiro, ce documentaire aborde la question de la violence policière dirigée contre les groupes les plus défavorisés. Dans un contexte sociétal produisant une véritable criminalisation de la pauvreté, des parents de victimes de la violence et des ONG luttent pour dénoncer les pratiques criminelles des forces de l’ordre et pour mettre fin à un système qui fait des favelados des citoyens de seconde zone. Sous-titré en français, disponible chez Amnesty.

- Les Héritières sans terre : 28 min. de rencontres avec des militantes du mouvement des Sans Terre du Brésil, là où des propriétaires laissent en friche leurs terres . Cultiver, mener des actions, résister aux expulsions est le quotidien de ces femmes « ordinaires ». Disponible au CNCD : <www.cncd.be>

- Littérature : lire et étudier :

- Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, Gallimard, 2003 : l’histoire de la tentative de la France d’établir une colonie à Rio.

- Yves-Marie Clément, Pablo, à la vie, à la mort, Rageot, 2000 : l’histoire d’un orphelin enfant des rues à Salvador de Bahia, Livre de Poche

- Aguinaldo Silva, La République des assassins, Serie Noire, Poche, 2003 : un roman policier dans l’univers glauque des grandes villes brésiliennes.

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