Accueil du site > Militer > Militer près de chez vous > Les groupes Écoles > L’Espace enseignants > Enseignement secondaire > Dossier Papiers Libres 2008 : La DUDH > Article 19

Article 19

lundi 1er décembre 2008, par Laura Lhoir

Article 19 :

DROIT DE LIBERTÉ D’OPINION ET D’EXPRESSION. Tout le monde a le droit de dire ce qu’il pense et de donner et recevoir des informations.

« Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole. Mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé. » A. Guillois, extrait de Liberté, égalité, hilarité

« Une chose dont on ne parle pas, n’a jamais existé. C’est l’expression seule qui donne la réalité aux choses ». Oscar Wilde (1856-1900).

« La liberté de la presse, c’est le droit de dire ce que ne pense pas le propriétaire du journal à condition que ça ne gêne pas les annonceurs. » Hannen Swafer

UN CAS

Chine : Yang Tongyan, (nom de plume Yang Tianshui) écrivain indépendant et membre du Centre indépendant chinois PEN, a été placé en résidence surveillée le 23 décembre 2005 car on le soupçonnait de subversion. Arrêté le 20 janvier 2006, il a été jugé à huis clos et condamné à douze ans d’emprisonnement en mai 2006 par le tribunal populaire intermédiaire de Zhenjiang pour subversion. La condamnation de cet homme était motivée par ses écrits favorables au changement politique et démocratique en Chine. Il a aussi été accusé de redistribuer à des dissidents emprisonnés et à leurs familles de l’argent reçu de l’étranger, ainsi que de vouloir créer une branche locale du Parti de la démocratie en Chine, qui est interdit. Durant son procès, ses partisans ont observé une grève de la faim de vingt-quatre heures devant le tribunal.

Pour en savoir plus et pour agir :

Cliquez ici

Dans 77 pays, la liberté d’expression et la liberté de la presse sont soumises à des restrictions (rapport 2008, Amnesty International).

L’article 19 concerne tout autant celui qui recherche et transmet l’information que celui qui la reçoit. Il est essentiel pour le fonctionnement de la démocratie, car avant de vouloir agir, il faut d’abord savoir. C’est ainsi que la presse est devenue « un quatrième pouvoir », car le seul fait d’accéder à l’information et de la diffuser permet d’influencer la vie sociale et politique d’un pays, voire d’un continent ou même du monde, grâce à l’apparition des nouvelles techniques de communication (internet,…).

La liberté de la presse peut entrer en conflit avec le droit à la présomption d’innocence ainsi qu’avec le respect de la vie privée (voir le jeu de rôle proposé à l’article 11).

ACTIVITÉ PÉDAGOGIQUE

DÉBAT (FRANÇAIS / MORALE / RELIGION / SCIENCES SOCIALES).

Confrontez ces deux points de vue, avec deux groupes distincts qui devront chacun prendre position sur une de ces deux phrases. Celles-ci sont volontairement peu nuancées, afin d’obliger les élèves à prendre position et à relativiser ces affirmations.

- Les médias nous manipulent. Soit ils sont eux-mêmes manipulés par ceux qui les informent, soit ils ne reflètent que l’opinion du pouvoir politique de leur pays.

- Les médias ne font que répondre à l’attente de leur public. Si le public veut des images fortes, il lui en donne.

Pour alimenter la discussion :

Pour appuyer la 1ère phrase, trouvez des exemples de manipulation. Vous pouvez partir de certains faits qualifiés de faits avérés, alors qu’il s’agissait en fait de manipulation. Ex : les charniers de Timisoara, présentés par les télévisions du monde entier comme un massacre de civils lors de la Révolution roumaine de 1989, étaient en fait une manipulation faite à partir de corps enlevés à la morgue. Vous pouvez aussi trouver des exemples où la presse n’a pas joué son rôle critique par rapport au pouvoir politique (par ex. la presse américaine après les attentats du 11 septembre et le lancement de la guerre en Irak).

Pour appuyer la 2ème phrase, vous pouvez montrer à quel point le public est devenu demandeur d’émissions choc, notamment en analysant les taux d’audience des émissions à la télévision… Voir aussi les liens entre la présence de faits divers et la vente de journaux.

Conclusion : posez la question à vos élèves : faudrait-il un cours d’éducation aux médias, afin de pouvoir garder un regard critique et de pouvoir se faire ses propres opinions à partir des informations données par les médias ?

SUR L’INDÉPENDANCE DES MÉDIAS

Dans les pays non démocratiques, cette indépendance est quasi nulle. Mais même dans les pays démocratiques l’indépendance des médias peut s’avérer illusoire.

Deux exemples :

Au début de la guerre du Golfe, le journal Al Watan al Arabi, aujourd’hui installé au Caire, titrait : « Nous sommes là, Saddam, derrière toi. » Une semaine plus tard, le même journal n’hésitait pas à qualifier de Saddam Hussein de traître. Entre-temps, le journal a été rappelé à l’ordre par ses bailleurs de fonds, l’Arabie Saoudite, opposée à l’Irak dans cette guerre.

Même dans les pays démocratiques où la presse est libre, il existe toujours une certaine influence entre le pouvoir économique et la presse. Ainsi, il sera plus difficile pour un journal de garder un regard critique sur une société si celle-ci est un client important du même journal par la publicité.

SUR LA CENSURE

Celle-ci est la règle dans les dictatures et dans nombre de pays non démocratiques. Mais en temps de guerre, elle peut également apparaître dans les pays démocratiques. Ainsi, les Etats-Unis ont interdit aux médias américains de diffuser des images de cadavres des victimes des attentats du 11/09, en signe de respect envers les victimes et leurs familles. La censure peut également être plus diffuse, moins évidente. Ainsi, lorsque l’information sur la guerre ne provient que d’une source (par ex. la CIA), il est difficile de la vérifier et de l’authentifier.

De plus, le pouvoir politique américain a fait pression sur les médias pour qu’ils ne diffusent pas les images provenant de sources considérées comme « ennemies », en l’occurrence la chaîne Al-Jezira, la seule chaîne autorisée à Kaboul par les Talibans, sous prétexte que ces images contiennent des messages cachés. Il s’agit d’une forme de censure pour raison d’Etat. Il est important de toujours se poser la question de la source de l’information afin de l’interpréter correctement.

Enfin, une autre forme de censure est beaucoup plus difficile à déceler et risque bien de nuire à la qualité de l’information : il s’agit de l’auto-censure, qui peut être parfois inconsciente et qui fait que certains thèmes sont parfois plus difficiles à aborder, car le journaliste pense qu’il n’intéresse pas le public, qu’il risque de choquer ou que lui-même risque d’avoir des ennuis pour avoir osé l’aborder.

Questions - débat :

Est-il normal de pratiquer la censure en temps de guerre, au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat ? Y a-t-il encore un contrepouvoir dès le moment où la presse est censurée ? Comment éviter l’autocensure  ?

Pour en savoir plus

- Reporters sans frontières : www.rsf.fr

- Index on Censorship : http://www.indexoncensorship.

- Association des journalistes professionnels en Belgique : http://www.agjpb.be/ajp/

- Pour mieux comprendre l’importance de la presse dans la défense des droits humains, lire l’article de Jean-Paul Marthoz, « La plume dans la plaie », parue dans Le Soir du 16/05/08. http://www.amnestyinternational.be/do c/article12848.html

Répondre à cet article

Focus

e-Boutique

A l'agenda

Article 19

« février 2012 »
L M M J V S D
30 31 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 1 2 3 4
 

Pays par pays