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Article 13

lundi 1er décembre 2008, par Laura Lhoir

Article 13 :

DROIT DE LIBERTÉ DE MOUVEMENT Tout le monde a le droit de voyager comme il le souhaite.

« Excellence, Messieurs les membres et responsables d’Europe, … Vous êtes pour nous, en Afrique, ceux à qui il faut demander au secours. Nous vous en supplions, pour l’amour de votre continent, pour le sentiment que vous avez envers votre peuple et surtout pour l’affinité et l’amour que vous avez pour vos enfants que vous aimez pour la vie… Au niveau des problèmes, nous avons la guerre, la maladie, le manque de nourriture,… Quant aux droits de l’enfant, c’est en Afrique, et surtout en Guinée, que nous avons trop d’écoles mais un grand manque d’éducation et d’enseignement… C’est pourquoi, nous, les enfants et jeunes Africains, vous demandons de faire une grande organisation efficace pour l’Afrique pour nous permettre de progresser. Donc si vous voyez que nous sacrifions et exposons notre vie, c’est parce qu’on souffre trop en Afrique et qu’on a besoin de vous pour lutter contre la pauvreté et pour mettre fin à la guerre en Afrique. Néanmoins, nous voulons étudier, et nous vous demandons de nous aider à étudier pour être comme vous en Afrique. » Extraits de la lettre signée par Yaguine Koité (15 ans) et Fodé Tounkara (16 ans) trouvés morts à Zaventem dans le train d’atterissage d’un avion venant d’Afrique.

UN CAS

Mauritanie : personne ne veut de nous ! Les migrants irréguliers qui essaient d’atteindre l’Europe sont arrêtés, maltraités et expulsés collectivement de Mauritanie – parfois vers un autre pays que le leur – sans aucune possibilité de recours. Ces arrestations et expulsions collectives sont le résultat des pressions exercées par l’Union européenne, et en particulier l’Espagne, pour obtenir la collaboration de pays africains à la lutte contre l’immigration clandestine.

Pour en savoir plus et pour agir :

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Migrer, un réflexe naturel

Migrer est naturel, les plantes migrent, les animaux migrent, les hommes migrent. Les frontières étatiques sont autant de barrières qui peuvent limiter les migrations, mais qui ne résistent pas toujours à l’instinct de survie qui pousse des milliers d’êtres humains à chercher un avenir meilleur pour eux et leurs enfants.

L’économie de nombreux pays s’appuie sur les migrants, qui sont prêts à accepter des « emplois à trois D » (désagréables, dégradants et dangereux), précaires et mal payés. Les femmes, qui représentent environ 50% des travailleurs migrants, sont particulièrement exposées à l’exploitation, surtout aux violences sexuelles. Pour les enfants, particulièrement ceux qui sont privés de leurs parents, la situation est particulièrement pénible car ils sont très vulnérables à toute forme d’exploitation et sont parfois contraints au pire, prostitution forcée, trafic de drogue, enrôlement dans les forces armées ou emploi domestique dans des conditions proches de l’esclavage.

Souvent, les travailleurs migrants n’osent pas se plaindre de leur situation, car ils savent que leur employeur risque de les renvoyer. Ils craignent d’être expulsés s’ils s’adressent aux autorités. Voici ce qu’en dit Jean-Paul Marthoz dans sa rubrique sur le 60ème anniversaire de la DUDH : « […] De plus en plus, les gouvernements européens entretiennent la confusion entre demandeurs d’asile et migrants économiques, contestant aux premiers le droit à se réclamer de conventions internationales essentielles et refusant, face aux seconds, de s’interroger sur la part de responsabilité de l’Occident dans un ordonnancement économique du monde qui provoque, en partie, les mouvements migratoires. (…) » Extrait de l’article « L’humanité errante », de Jean-Paul Marthoz paru dans Le Soir du 10/07/08. Pour voir l’article dans son intégralité : http://www.amnesty.be/doc/article13232.html

Pour en savoir plus :

- Vivre dans l’ombre, les droits des migrants www.amnestyinternational.be/doc/article9697.html

- La Convention sur les travailleurs migrants www.amnestyinternational.be/doc/article12215.html

ACTIVITÉ PÉDAGOGIQUE

- Définissez les termes « migrants », « réfugiés  », « apatrides », Voir le glossaire proposé dans le dossier Papiers Libres sur les dérives identitaires, chapitre II.3. http://www.amnestyinternational.be/doc/ article.php3 ?id_article=6218

Vous trouverez des fiches intéressantes sur ce site : http://www.radio1812.net/fr

- Présentez brièvement l’histoire de l’immigration en Belgique, ou sur celle d’une communauté en particulier (la communauté italienne, turque, marocaine,…)  : Voir la synthèse proposée sur le site jeunes d’Amnesty : http://www.amnestyinternational. be/spip.php ?article1277

Voir aussi les sites suivants : www.cbai.be et www.cire.be

- Faites une recherche sur le nombre de migrants, leur répartition dans le monde, les principaux flux de migration…

DES SOLUTIONS ?

Proposez à vos élèves de réfléchir à des solutions pour gérer de manière plus humaine les migrations. Vous pouvez aussi leur proposer de travailler en sous-groupes, chacun devant présenter au reste de la classe une solution, inspirée ou non des exemples suivants.

- La régularisation :

C’est sans doute la mesure la mieux adaptée aux besoins des migrants, qui pourraient enfin travailler dignement, en évitant les filières clandestines. Cette solution permet aussi de répondre à un besoin croissant de main d’œuvre dans certains secteurs et de compenser le faible taux de natalité. Certains pays comme l’Espagne ou l’Italie ont procédé à des régularisations massives, alors que d’autres pays européens sont très critiques, craignant que ce type de mesure ne crée un effet d’appel entraînant plus de migrations.

- La prévention :

Le « Collectif des Femmes contre l’Immigration Clandestine » à Dakar tente de convaincre les jeunes de rester au pays, en leur donnant du travail : ainsi, l’association achète du matériel de pêche aux jeunes, les responsabilise, et relance par la même occasion une activité économique que les jeunes délaissaient faute de moyens.

Écoutez le témoignage Yaye Bayam Diouf, la fondatrice du Collectif : http://www.un.org/radio/fr/detail/5192.html

- La migration de retour comme outil du développement :

Ce concept est souvent présenté comme une des solutions au problème des migrants économiques. L’idée de base est séduisante : convaincre des migrants à retourner dans leur pays d’origine, après leur avoir donné une formation et les avoir aidé à mettre sur pied un projet professionnel qui leur donnera la possibilité de se réinsérer, et surtout de revenir la tête haute, sans risque de se voir exclure par les autorités ou par leur communauté.

Toutefois, ces retours ne produisent pas automatiquement un effet positif sur le développement : ainsi, il est difficile d’organiser des retours à grande échelle dans des communautés dont les ressources sont déjà sollicitées à l’excès. Le succès de ce type de programme dépend également du contexte local et du type de retour (volontaire ou forcé, provisoire ou permanent).

Pour plus d’informations, voir le site de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) : http://www.iom.int/

- L’immigration choisie :

Il s’agit d’une des idées prônées notamment par le Président Sarkozy, pour mettre fin à ce qu’il appelle « l’immigration subie » ou à l’immigration clandestine. Le but est donc de relancer une immigration professionnelle, qualifiée et utile à l’économie française.

L’idée part du constat qu’il existe une pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs économiques en Europe. Ainsi, selon les partisans de l’immigration choisie, il vaudrait mieux faire venir par exemples des informaticiens indiens ou des infirmières roumaines plutôt que des archéologues ou des journalistes… Mais cette politique laisse beaucoup d’interrogations : ces nouveaux immigrés seraient-ils acceptés de manière provisoire ou définitive, auront-ils les mêmes droits et devoirs que les citoyens français, leurs enfants auront-ils la nationalité française,… ? Par ailleurs, ne risque-t-on pas, avec une telle politique, de vider les pays pauvres de leurs « cerveaux », c’est-à-dire justement des personnes qui pourraient apporter leurs compétences à leur pays ?

Cela signifie pour les pays d’origine la perte de l’investissement original qu’ils font dans l’éducation et la formation des personnes ayant choisi d’émigrer. Mais d’autres observateurs mettent en avant des effets positifs : l’immigration choisie allège la pression qui pèse sur l’emploi dans les pays d’origine, favorise un apport de devises, crée des réseaux d’affaires et de commerce et offre aux migrants des opportunités de développement personnel et professionnel qui, sans cela, ne leur seraient sans doute pas offertes.

L’attitude de l’Union européenne  : À partir de la situation des migrants mauritaniens, montrez comment l’Union européenne utilise certains pays comme la Mauritanie pour réguler le nombre de migrants qui essaient d’entrer en Europe, transformant de fait ces pays en « gendarmes » de l’Europe.

Voir le rapport d’Amnesty « Personne ne veut de nous » (AFR 38/001/2008) http://www.amnesty.org/fr/news-andupdates/ report/migrants-face-illegal-arrestin- mauritania-20080702

Expliquez également les risques de la nouvelle Directive retour de l’Union européenne. http://www.amnestyinternational.be/doc/art icle13165.html

Une radio pour valoriser le rôle des migrants Radio 1812 est une chaîne qui veut célébrer la Journée internationale des migrants, qui a lieu chaque année le 18 décembre (d’où l’appellation 1812). Elle produit et émet des programmes provenant de radios des quatre coins du monde. Le site contient également des fiches d’informations très intéressantes. http://www.radio1812.net/fr

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