« Je pense que j’ai toujours été un peu violent... pas très patient avec les gens qui ne pensaient pas comme moi. C’est avec Nicole et les enfants que j’étais le plus dur. Un jour, j’ai réalisé que si je continuais comme ça, j’allais les perdre. J’ai dû changer mon comportement. J’ai d’abord été obligé de réfléchir à ce qui me mettait en colère. J’ai eu de l’aide. Cela a pris du temps... Mais cela m’a prouvé (ainsi qu’à Nicole) que je pouvais me comporter différemment... »
Du 25 novembre (Journée internationale contre les violences faites aux femmes) au 10 décembre 2005 (Journée internationale des Droits de l’Homme), Amnesty International mène sa traditionnelle campagne de fin d’année.
Cela fait plusieurs années qu’Amnesty International mène une campagne à l’échelle mondiale contre la violence exercée envers les femmes. Et, comme en 2004, cette campagne entend sensibiliser l’opinion publique à la violence conjugale. Cette problématique est d’autant plus cruciale dans notre pays que, selon, une enquête réalisée en février 2005, 3 Belges sur 10 connaissent une victime de sévices conjugaux graves, tandis que, dans une étude réalisée en 1998, 68 % de femmes interrogées ont déclaré avoir connu à un moment de leur vie la violence physique et sexuelle. Enfin, selon des chiffres publiés par la Banque mondiale, 1 femme ou une adolescente sur 5 (soit plusieurs centaines de millions d’êtres humains...) a été battue ou a subi des violences sexuelles durant sa vie.
De nombreuses études le montrent : la violence exercée contre les femmes dans le cadre de la cellule familiale n’est pas fonction de l’appartenance sociale, ethnique ou géographique des acteurs et des victimes de cette violence. Hélas, cette violence semble davantage un trait partagé par l’ensemble des sociétés et des groupes humains.
Pour cette campagne 2005, Amnesty International s’adressera en priorité à un public masculin et jeune. Pourquoi ? Parce que, si au moins une femme sur 5 est victime de violences conjugales en Belgique, c’est qu’autant d’hommes sont de toute évidence responsables d’un comportement intolérable qui conduit trop de femmes à l’hôpital ou... à la morgue.
La violence conjugale est bien entendu un délit puni par la Loi. Celle-ci stipule que la violence au sein du couple est punissable au regard du droit pénal même si les partenaires ne sont pas mariés (Article 410 du Code Pénal de la loi du 24 novembre 1997). ?Le harcèlement, qu’il soit moral ou sexuel, constitue également un délit, tandis que, pour conclure, le viol entre époux est un crime reconnu et condamné par une loi relativement récente (4 juillet 1989).
Mais une loi, même adaptée, ne pourra jamais résoudre tous les problèmes. Ce que veut donc Amnesty International, c’est participer à une véritable mutation culturelle. Pourquoi ? Parce que la violence faite aux femmes est le fruit d’une culture généralisée qui nie à celles-ci une égalité de droit par rapport aux hommes.
L’enjeu, pour Amnesty et ses militants, c’est de mettre la violence conjugale et contre les femmes totalement hors jeu. En d’autres termes, c’est la responsabilité de tous les hommes de rappeler à leurs pairs et à leurs proches qu’un homme qui frappe sa femme n’est pas un « vrai » homme.
LES OBJECTIFS CONCRETS ET IMMÉDIATS D’AMNESTY
Au cours de la campagne qu’Amnesty International lance en ce mois de novembre 2005 et poursuivra tout au long de l’année sociale, l’organisation va agir sur plusieurs axes :
Réitérer son appel aux hommes comme aux femmes afin qu’ils participent à la lutte contre les violences faites aux femmes dans la sphère conjugale ;
Rappeler plus précisément que la violence conjugale est un délit puni par la loi, et que les hommes qui y cèdent se placent en marge de la communauté des hommes. Pour les hommes qui sont violents, ou craignent de le devenir Amnesty a développé un site web spécifique, qui fournit conseils et adresses pratiques : http://www.viril-mais-pas-violent.be.
Reproduire et distribuer dans les lieux publics ainsi que dans plusieurs quotidiens et périodiques belges un « Guide pratique » élaboré au printemps 2005 aux seuls frais de notre organisation et destiné à fournir un « kit de première ligne » aux femmes victimes de la violence conjugale. Ce guide permet aux femmes de faire le point sur leur situation leur explique les mesures à prendre si elles sont victimes, et leur fournit des adresses utiles.
Rappeler aux autorités fédérales, communautaires et régionales les Principes et priorités à mettre en œuvre pour venir à bout de la violence entre partenaires commises dans la sphère privée. Ces revendications ont été élaborées et cosignées en juin 2005 par plusieurs associations de la société civile et non des moindres : organisations de femmes, syndicats, FEB, Ligue des Familles, mutualités..., et ce, tant au nord qu’au sud du pays ;
Sensibiliser l’opinion publique aux violences conjugales, entre autres, en menant des campagnes de presse tous azimuts et en s’adressant directement aux adolescents de Belgique francophone : des activités ludiques et pédagogiques seront ainsi privilégiées ;
Encourager la concertation entre tous les acteurs politiques et sociaux concernés par la violence conjugale ;
Interpeller les autorités, en particulier locales, sur le devoir qui est le leur d’apporter aux victimes de ces violences la sécurité et surtout une aide directe et concrète. Tous les groupes locaux d’Amnesty (plus de 80 en Belgique francophone) ont entamé des démarches auprès des bourgmestres, présidents de CPAS et responsables de police au niveau local. Leur premier objectif est de faire un point de la situation, et ensuite d’envisager avec tous les acteurs locaux les mesures qui peuvent être prises dans leur commune pour lutter contre la violence conjugale et venir en aide aux victimes. Qu’il s’agisse de la sensibilisation des élèves dans l’enseignement communal, ou des mesures d’urgence pour venir en aide aux femmes victimes, les communes ont à leur disposition une large palette des mesures concrètes qu’elles peuvent prendre.
LES DATES-CLÉS DE LA CAMPAGNE 2005 D’AMNESTY
DU 18 AU 26 NOVEMBRE : WALLONIE
LANCEMENT RÉGIONAL DE LA CAMPAGNE « SI TU BATS TA FEMME... »
Les groupes locaux d’Amnesty International investissent leurs régions respectives.
L’enjeu : sensibiliser les opinions locales et les encourager à nous aider dans notre interpellation des autorités communales.
La méthode : accueillir dans plusieurs villes de Wallonie Béa Diallo, les promoteurs de la campagne, les associations-relais et les personnalités locales qui rencontreront le boxeur en « combat singulier ».
Le calendrier est le suivant :
| Vendredi 18 novembre | Mons | Grand Place | 20h00 |
| Samedi 19 novembre | Ath | Grand Place | 16h00 |
| Lundi 21 novembre | Namur | Place du Théâtre | 15h00 |
| Mardi 22 novembre | Louvain-la Neuve | Grand Place | 13h00 |
| Samedi 26 novembre | Liège | Place Tivoli | 12h00 |
10 DÉCEMBRE : JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DE L’HOMME
BRUXELLES - LA NUIT DES BOUGIES DE LA LIBERTÉ
Un peu partout en Wallonie et à Bruxelles, des stands et des militants d’Amnesty International terminent leur campagne de vente des « bougies de la liberté ». C’est également ce jour que, militants et sympathisants de la cause des droits humains en général et d’Amnesty en particulier allument et allument les « bougies de la liberté » en hommage aux victimes de violations des droits humains aux quatre coins de la planète.
À cette occasion, à Bruxelles-Ville, un « Parcours Amnesty » est organisé dans les Musées d’Art ancien et d’Art moderne, rue de la Régence et Place Royale.
Ce parcours s’inscrit dans le cadre de la campagne permanente « Halte à la violence contre les femmes ». Le parcours Amnesty proposé aux visiteurs des musées les fait s’arrêter devant des œuvres dont le thème correspond à l’un des points de la campagne. Le visiteur reçoit à pour ce faire une brochure reprenant une explication de la campagne « Halte... » et de sa déclinaison 2005. La sélection de ces tableaux précis est également expliquée et justifiée.
Au-delà du vernissage prévu le samedi 10 décembre à 11h00, le Parcours Amnesty devient « exposition permanente » pendant six mois.
4) 13 DÉCEMBRE : HÉLÈNE GRIMAUD CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
La célèbre pianiste Hélène Grimaud donne dans la Grande Salle du Palais des Beaux-Arts un concert en hommage et en soutien à Amnesty International.
La personnalité de l’interprète est hors-normes et ses apparitions à Bruxelles plutôt rares. L’évènement est donc considérable. Pour tout savoir sur cette remarquable pianiste :
Dès 20 heures, Hélène Grimaud interprétera des œuvres de Frederic Chopin, Johannes Brahms et Sergey Rachmaninov. Cette soirée s’inscrit dans le cadre de la campagne permanente « Stop à la violence contre les femmes » menée par Amnesty International.
À l’occasion de ce concert, et dans le cadre de notre campagne « bougies », un stand d’Amnesty est dressé sur place.
UNE CAUSE SANS SUPPORTS EST UNE CAUSE PERDUE
À partir du lancement de notre campagne « Si tu bats ta femme, t’es pas un homme » et surtout à partir du 25 novembre, Journée internationale contre les Violences faites aux Femmes, l’agence de publicité Air, partenaire privilégiée d’Amnesty International, va placer plusieurs centaines d’affiches publicitaires dans les lieux publics (voie publique, grandes surfaces, débits de boisson, restaurants, etc.)
Le but est, on s’en doute, de sensibiliser de la façon la plus efficace et « performatrice » possible le grand public, un public cette année défini prioritairement comme jeune et masculin.
Ci-dessus, on peut voir une des affiches de la campagne publicitaire conçue par Air. Cette campagne s’arc-boute évidemment sur une des déclinaisons de l’angle privilégié par Amnesty pour la campagne 2005 : exploiter jusqu’à plus soif les archétypes et les stéréotypes les plus culturellement enracinés de l’identité masculine pour mieux les détourner de ces évidences et les vider de la charge violente et machiste qui leur est souvent accolée.
Le cliché ci-dessus est celui qui, le temps du lancement de notre campagne, va tenir le haut du pavé. C’est l’évidence même, dès lors que le boxeur Béa Diallo, un des premiers parrains de notre campagne depuis 2 ans, est celui qui va porter sur ses épaules (et ses poings) un message clair et univoque de non-violence. Vous trouverez en annexe des copies des différents clichés privilégiés par Air pour porter notre campagne 2005.
Les médias audiovisuels privés et locaux se feront par ailleurs les relais de cette campagne de publicité.
Outre le support publicitaire au sens strict, Amnesty International privilégie le lien entre victimes de la violence conjugale et les lieux d’accueil et d’écoute. C’est pourquoi notre site Web reste fondamental pour maintenir le lien. Il suffit d’aller à l’adresse URL de la campagne permanente Femmes :
http://www.amnestyinternational.be/doc/rubrique649.html.
Mais, et c’est ici que se situe la nouveauté pour cette année 2005, le site Web d’Amnesty international se décline désormais dans une variante « masculine », avec l’adresse spécifiquement consacrée aux hommes et qui mène au site « Viril mais pas violent », site accessible à l’adresse :
http://www.viril-mais-pas-violent.be
Autre support retenu et développé par Amnesty International dans le cadre de sa campagne 2005, le programme « Objectif Vénus » accessible à l’adresse URL :
Ce programme repose sur un appel adressé aux écoles secondaires, maisons de jeunes et associations de jeunes, appel à s’exprimer sur les violences contre les femmes à travers la bande-dessinée ou le roman-photo. Les meilleurs scénarios et montages ont été sélectionnés en mai 2005 par un jury de professionnels.
Réunis dans une valise pédagogique disponible depuis début novembre 2005, ces scéanarios sont un support ludique et efficace pour les enseignants et leurs éleèves. La valise regroupe huit brochures qui abordent différents thèmes liés aux violences contre les femmes. Chaque scénario inventé par les jeunes est accompagné de pistes pédagogiques réalisées par des associations spécalisées. Un outil idéal pour préparer une leçon dans le cadre du 25 novembre, journée internationale sur la violence contre les femmes.
PAS DE FOND SANS FONDS
Il n’est jamais inutile de rappeler quelques chiffres et d’insister sur l’importance - pour une ONG telle qu’Amnesty - de la vente de matériel promotionnel. Un matériel promotionnel dont la diffusion repose toujours et avant tout sur l’investissement de militants et de bénévoles.
Ainsi, en 2004, le chiffre d’affaires retiré de la campagne « bougies » (100 000 bougies vendues !) et de la vente de matériel promotionnel a augmenté de 30 % et s’élevait à quelque 584 000 €, soit une marge bénéficiaire de 317 000 € générée par le seul programme Merchandising de l’ONG. En tout, ces ventes de bougies ont assuré à la section francophone d’Amnesty près de 16 % de ses rentrées financières.
Cette embellie s’explique essentiellement par une augmentation et une diversification des objets promotionnels proposés à la vente. Cette évolution positive (et à confirmer en 2005 !) s’explique également par une augmentation de la vente par correspondance (+ 55 %) et par le nombre de stands implantés en région bruxellloise (+ 44 %). Enfin, en 2004, Amnesty a résolument misé sur une campagne médiatique d’importance.
Pour cette campagne 2005, l’enjeu poursuivi par Amnesty est de développer de nouveaux réseaux de vente et une diversification encore accrûe de la gamme promotionnelle.
La grosse nouveauté pour l’ONG, c’est la recherche de nouveaux publics et de nouveaux partenaires, tant au niveau du travail de fond (éducation) qu’au niveau de la distribution, le tout en lien clair et évident avec le thème de notre campagne permanente. Ainsi, Amnesty vise cette année les cabinets d’avocat, les palais de Justice et les officines pharmaceutiques. Outre le recours à des spécialistes, Amnesty ne perd pas de vue que son vecteur premier dans la sensibilisation et la récolte de fonds restent évidemment les groupes locaux de militants.





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