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Pakistan — Amina Janjua

mardi 1er juin 2010, par Brian May

Le mari d’Amina Janjua est, semble-t-il, détenu par l’État depuis sa disparition en 2005. Déterminée à découvrir ce qui s’est passé, cette femme adresse inlassablement des pétitions au gouvernement afin qu’il révèle où se trouvent des centaines de personnes disparues.

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« GUERRE CONTRE LE TERRORISME »
Le mari d’Amina Janjua, Masood Ahmed Janjua, est un homme d’affaires de Rawalpindi. Il a disparu le 30 juillet 2005, alors qu’il se rendait en bus à Peshawar. Il figure parmi des centaines de personnes disparues, qui auraient été placées en détention provisoire depuis que le Pakistan a décidé, en 2001, de prendre part à la « guerre contre le terrorisme » menée par les États-Unis. Ces personnes sont victimes de disparition forcée : elles ne peuvent pas consulter d’avocat, entrer en contact avec leurs familles ni saisir les tribunaux. Elles sont détenues sans la moindre protection juridique. La plupart d’entre elles, si ce n’est toutes, subissent des actes de torture et des mauvais traitements.

À LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ
De nombreuses familles gardent le silence par crainte des répercussions. Malgré cela, Amina Janjua a créé une organisation qui soutient et conseille les proches des personnes disparues. C’est une organisation de premier plan au Pakistan, qui prépare des rassemblements et lance des pétitions adressées au président de la République et à des hommes politiques éminents afin de découvrir ce qu’il est advenu des personnes disparues et de veiller à ce que les responsables présumés de ces disparitions soient traduits en justice.

Bien que le gouvernement pakistanais se soit engagé, à plusieurs reprises, à résoudre la crise de « disparitions » qui sévit dans le pays, les autorités n’ont pris aucune mesure à ce jour.

« C’est la pire chose qui puisse arriver à une personne. Lorsque quelqu’un meurt, on pleure et d’autres personnes nous consolent. Au bout d’un certain temps, on accepte la situation, mais quand quelqu’un disparaît… c’est la plus cruelle des souffrances. » Amina Janjua, septembre 2006

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