
SYRIE : Un demandeur d’asile renvoyé de force d’Allemagne est emprisonné comme prisonnier d’opinion
Hussain Daoud, un Kurde syrien, né en 1971 et ayant demandé l’asile en Allemagne, a été renvoyé de force en Syrie en décembre 2000. À son arrivée à Damas, il a été arrêté par les forces de sécurité syriennes et gardé au secret pendant plusieurs mois. Durant cette période, il aurait été torturé. Le 20 mars 2002, il a été condamné par la Cour suprême de sécurité à deux ans de prison à la suite d’un procès inéquitable. En prenant en compte sa détention préventive, on s’attend à ce qu’il soit libéré à la fin de l’année. Amnesty le considère comme un prisonnier d’opinion. Il a été inculpé « d’implication dans une tentative de scission d’une partie du territoire syrien » et « d’opposition aux objectifs de la révolution en prenant part à des manifestations ». Ces inculpations seraient apparemment liées à son implication dans des groupes kurdes d’opposition à l’étranger, que les autorités syriennes considèrent comme des organisations séparatistes ayant l’intention de diviser le pays. Les autorités syriennes ont affirmé qu’ Hussain Daoud était engagé dans le Parti de l’Union du peuple kurde, illégal en Syrie. À son retour d’Allemagne, il a d’abord été détenu au Centre de détention de la section palestinienne à Damas où il a été interrogé sur ses activités et sur celles d’autres militants kurdes en Allemagne, et il aurait été torturé. Il a ensuite été détenu dans divers centres de détention à Damas et à al-Qamishli dans le Nord de la Syrie. Il est actuellement détenu à la prison Sednaya dans la périphérie de Damas.
Photo : Hussain Daoud © Private
REPÈRES
SYRIE Superficie : 185 180 km2 Population : 16,6 millions d’habitants Groupes ethniques : Arabes 90,3%, Kurdes, Arméniens et autres 9,7% Capitale : Damas Langue officielle : arabe Régime politique : république militaire
Situation des droits humains en 2001
De très nombreux prisonniers politiques, parmi lesquels des prisonniers d’opinion, ont recouvré la liberté au cours de l’année, dans la plupart des cas à la faveur d’une amnistie présidentielle. Des dizaines de personnes ont été arrêtées pour des motifs politiques ; certaines d’entre elles étaient des prisonniers d’opinion. Des centaines de prisonniers politiques, parmi lesquels figuraient des prisonniers d’opinion, ont été maintenus en détention, dans la plupart des cas à l’issue de procès inéquitables qui se sont déroulés devant la Cour suprême de sûreté de l’État et devant des tribunaux militaires d’exception. Le recours à la torture et aux mauvais traitements à l’encontre des prisonniers politiques restait très répandu, notamment pendant la détention au secret. Des informations ont fait état de la détérioration de la santé des prisonniers d’opinion et des prisonniers politiques en raison de l’absence de soins médicaux. Au moins un prisonnier est mort en détention.
Histoire
De 1510 au XIXe siècle, la Syrie est occupée par des Turcs ottomans, mais la plus grande partie des régions désertiques du pays restent aux mains des tribus bédouines. En 1914-1918, pendant la Première Guerre mondiale, la Syrie est le théâtre de combats entre les Turcs soutenus par les Allemands et les Syriens soutenus par les Britanniques. En 1920 des Syriens nationalistes proclament Faysal, roi de la Grande Syrie (qui inclut la Palestine et le Liban), mais la même année la Syrie est placée sous mandat français par la Société des Nations. En 1946 la Syrie obtient son indépendance, mais souffre de 1949 à 1954 d’une série de coups d’état. En 1958 la Syrie fusionne avec l’Egypte sous la présidence de Nasser et devient la province septentrionale de la République arabe unie. Cette expérience politique ne dure guerre longtemps car en 1961 l’indépendance syrienne est restaurée à la suite d’un coup d’état militaire. En 1963 le parti Baas arrive au pouvoir et en juin 1967 la Guerre des Six-Jours éclate. Suite au conflit, le Plateau du Golan est annexé par Israël. En 1970 Hafez el-Assad reprend le pouvoir. En 1973, la Guerre du Kippour : le 6 octobre, la Syrie mène avec l’égypte une offensive surprise contre Israël. Les pertes humaines et les conséquences économiques sont considérables pour la Syrie. La guerre civile au Liban éclate en 1975. Après de nombreuses intervention au Liban, en 1987 l’armée syrienne occupe Beyrouth-Ouest. En 2000 Hafez el-Assad meurt et son fils Bachar el-Assad, lui succède.




