
SUEDE : OSMO VALLO, mort en garde à vue
« Les autorités m’ont partiellement donné raison en reconnaissant que l’attitude de la police, du parquet et des experts médicaux avait été fautive. Mais je ne me sentirai jamais complètement satisfaite tant que les responsables de la mort de mon fils n’auront pas été punis et tant que la loi n’aura pas été modifiée afin d’empêcher que les enfants d’autres mères ne soient tués et que les pouvoirs publics n’entravent le cours de la justice. » Tels sont les mots prononcés par la mère d’OSMO VALLO, qui est mort en garde à vue en Suède en 1995. Sept ans après les faits, et malgré le rapport publié par la commission chargée d’examiner la procédure suivie lors de l’enquête, personne n’a été amené à répondre des traitements infligés à Osmo Vallo.
Osmo Vallo est mort peu après son arrestation, le 30 mai 1995. Il avait été maltraité par plusieurs policiers et mordu par un de leurs chiens. Un policier l’avait piétiné alors qu’il était allongé à plat ventre sur le sol. Personne n’a essayé de lui porter secours ni de le ranimer. Les policiers se sont contentés de l’emmener à l’hôpital, sans même lui retirer ses menottes. L’enquête de police menée sur la mort d’Osmo Vallo n’a été ni approfondie, ni impartiale. La première autopsie n’a pas été effectuée dans les règles. Les témoignages de personnes ayant assisté à la scène n’ont pas été pris en compte et le corps n’a donc pas été examiné en détail. Le procureur régional n’a pas relevé les contradictions entre les dépositions des témoins et le rapport d’autopsie. Il n’a pas non plus engagé de poursuites sur la base des nombreux témoignages qui décrivaient les mauvais traitements infligés par les policiers à Osmo Vallo en des termes concordant avec les 39 lésions diverses relevées sur le corps de la victime. La Rättsmedicinalverket (Direction nationale de la médecine légale) n’a pas étudié comme elle l’aurait dû le rapport d’autopsie. Des médecins légistes ont procédé ultérieurement à d’autres autopsies, mais des divergences sont survenues entre eux en ce qui concerne le rôle joué dans la mort de la victime par les brutalités policières ou par l’asphyxie traumatique consécutive à son immobilisation.
REPÈRES
Suède Population : 8,8 millions d’habitants Superficie : 449 964 km2 Capitale : Stockholm Langue : suédois Peine de mort : abolie
Situation des droits humains en 2001
La police aurait fait un usage excessif de la force contre des manifestants antimondialisation durant le sommet de l’Union européenne (UE) qui s’est tenu à Göteborg au mois de juin. Les enquêtes sur des personnes mortes en garde à vue au cours des années passées se sont poursuivies. Un demandeur d’asile a été tué par balle par la police.
Histoire
La Suède est l’un des pays les plus riches du monde. C’est aussi le plus grand pays de la Scandinavie. Il a été reconnu comme un modèle pour sa politique sociale. En septembre 1999, l’ancien Premier ministre Carl Bildt a annoncé qu’il se retirait de la vie politique du pays. Le 1er janvier 2001, succédant à la France, la Suède a pris la présidence de l’Union européenne (UE), pour la première fois depuis son adhésion en 1995. Le gouvernement de Göran Persson s’est fixé trois priorités, dites les « trois E » : élargissement, emploi et environnement. En septembre 2002, la coalition de gauche de Göran Persson a été réélue.




