Actualité récente
25 août 2003 : élection présidentielle. Le Président sortant du Rwanda, le général Paul Kagame, remporte une belle victoire aux premières présidentielles pluralistes depuis l’indépendance (1962) avec 95,05pc des voix.
Point noir au tableau : il semble que la campagne électorale se soit déroulée de façon inégale entre les candidats et ait été marquée par la forte présence du candidat Kagame. Des cas d’utilisation de ressources de l’Etat et de distribution de gratifications matérielles pour le candidat Kagame ont été relevés. Des cas d’intimidations de sympathisants de Twagiramungu, le principal opposant, et de pressions sur l’électorat en faveur du vote Kagame ont été notés. Twagiramungu a rejeté « catégoriquement » ces résultats et annoncé son intention de saisir la Cour suprême du Rwanda pour les contester.
RWANDA - Goma (territoires occupés en RDC) : des prisonniers détenus dans un containeur !

Zélote Farini Luendo Shandwe et Elias Nguru sont détenus au secret dans un conteneur métallique à Ndosho, non loin de la ville de Goma. Les conditions de détention auxquelles sont soumises les personnes retenues dans ce conteneur constituent une forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant. Ce conteneur, qui mesure approximativement deux mètres de haut sur six mètres de long, est utilisé comme lieu de détention par l’Armée patriotique rwandaise (APR) et ses alliés du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma). Selon des témoins, deux personnes ont « disparu » au centre de détention de Ndosho en juillet. L’une d’elles aurait été exécutée, tandis que l’autre aurait été transférée dans un centre de détention situé au Rwanda. D’après les informations recueillies, Zélote Farini Luendo Shandwe et Elias Nguru ont été eux-mêmes menacés de « disparition ». Amnesty International est également inquiète pour Simon Salumu, Janvier Mugerangabo, Alphonse Munanira et Mathe Sikuli, qui sont actuellement détenus dans les locaux de la Direction générale de sécurité (DGS), à Goma. Ils n’ont pas été autorisés à entrer en contact avec leurs proches ni avec des militants locaux des droits humains, et ils sont également soumis à des conditions de détention très éprouvantes. Simon Salumu a été arrêté le 29 mai par des soldats de l’APR. D’après les informations recueillies, il est accusé d’avoir partie liée avec un groupe politique armé, les Maï maï (Eau eau), opposé au RCD-Goma et à la présence rwandaise dans la région. Il est également accusé d’avoir participé à l’attentat à la grenade perpétré à Goma en mars 2002. Simon Salumu a été roué de coups lors de son arrestation, et Amnesty International craint que des soins médicaux ne lui soient nécessaires de toute urgence. Janvier Mugerangabo a été appréhendé le 16 mai. Il travaillait dans un collège de missionnaires à Bukavu. Après son interpellation, il a d’abord été emmené par bateau à Goma puis transféré plusieurs fois d’un centre de détention à un autre. Il est apparemment accusé d’implication dans les activités des Maï maï. Alphonse Munanira, quant à lui, a été appréhendé le 25 mai à Bukavu, et il a également été accusé d’avoir partie liée avec les Maï maï. Enfin, Mathe Sikuli a été arrêté le 29 mai. Il travaillait comme comptable pour un centre médical de Goma. Il semble qu’il soit accusé d’avoir eu des liens avec le gouvernement de Joseph Kabila tandis qu’il se trouvait en voyage à Nairobi, au Kenya.
Photo : Déogratias Bazabazwa, Cyangugu Central Prison, November 1999. © AI
REPÈRES
République rwandaise CAPITALE : Kigali SUPERFICIE : 26 338 km2 POPULATION : 7,9 millions LANGUES OFFICIELLES : anglais, français, kinyarwanda PEINE DE MORT : maintenue
Situation des droits humains en 2001
Des homicides sur la personne de civils non armés, des « disparitions », des arrestations arbitraires, des mises en détention illégales, des actes de torture et des mauvais traitements contre des détenus ont été signalés cette année. Des dizaines de milliers de Rwandais ont cherché refuge dans les pays voisins. Au moins 120 personnes ont été condamnées à mort, parfois à l’issue de procès inéquitables, pour des crimes commis lors du génocide de 1994 ; il n’y a pas eu d’exécution. On estimait à 110 000 le nombre de personnes toujours détenues ; 95 p. cent d’entre elles étaient accusées d’avoir pris part au génocide. Beaucoup étaient incarcérées depuis longtemps sans inculpation ni jugement, dans des conditions s’apparentant à une forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant. Les procès de personnes soupçonnées de génocide se sont poursuivis devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui siégeait en Tanzanie. Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’armée rwandaise et ses alliés ont tué des civils, commis des actes de torture - notamment des viols - et se sont rendus responsables de « disparitions » ; ils ont en outre systématiquement harcelé les défenseurs des droits humains. La plupart des auteurs d’atteintes aux droits humains ont continué à jouir de l’impunité.
Histoire
Le Rwanda a vécu en 1994 un génocide parmi les plus importants de l’histoire de l’humanité. Les massacres organisés par les Hutus au pouvoir ont décimé 80 % de la minorité tutsi ainsi qu’un grand nombre de Hutus suspectés de sympathie pour les Tutsis ou militants de la société civile. Le génocide a causé entre 500 000 et un million de morts, sous les regards passifs de la communauté internationale et de l’ONU, dont les casques bleus censés maintenir la paix se retirent fin avril. Les combats provoquent un gigantesque exode. Par peur des représailles, les populations hutus fuient vers les pays voisins. D’immenses camps de réfugiés sont installés dans l’Est du Congo. A la fin 1996, une grande partie de ces réfugiés retournent au Rwanda, mais beaucoup d’autres (plus de 100 000) sont morts durant les combats. Aujourd’hui, le calme est revenu au Rwanda, mais la population est traumatisée et les prisons débordent. Le pays fait face aux efforts de reconstruction mais doit aussi financer la guerre au Congo. En effet, l’armée rwandaise occupe une partie de l’Est du Congo où elle se rend coupable de graves atteintes aux droits des populations locales et pille les grandes richesses naturelles de la région (coltan, or...).





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