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République démocratique du Congo*

vendredi 13 septembre 2002, par Eva Noack, Laura Lhoir

 Actualité récente

- Intervention de l’ONU dans le district de l’Ituri, plus précisément dans la ville de Bunia, ravagée par la guerre qui oppose deux tribus rivales, les Lendu et les Hema. Objectif principal : sécuriser la population civile, victime de cette guerre meurtrière qui a fait depuis 1999, 50.000 morts et 500.000 personnes déplacées dans le District de l’Ituri.

Mais, cette mission des Nations Unies est très limitée dans le temps et dans l’espace. Elle va prendre fin en Septembre 2003 et le mandat de cette force internationale se limite seulement à la protection de la ville de Bunia et de son aéroport. Elle ne pourra pas se déployer dans le reste du district de l’Ituri.

- Mise en place d’un gouvernement de transition composé des différentes parties au conflit et de membres de la société civile.

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 République démocratique du Congo : un enfant soldat condamné à mort

NANASI KISALA n’a connu quasiment que la guerre sans merci qui ravage depuis des années la République démocratique du Congo (RDC). Né en 1984, il a été enrôlé comme enfant soldat dans les forces gouvernementales, puis arrêté en octobre 2000, apparemment pour meurtre. Le 27 avril 2001, à l’âge de dix-sept ans, il a été condamné à la peine de mort. La Cour d’ordre militaire (COM) - la juridiction militaire qui a condamné l’adolescent - ne respecte pas les normes internationales de justice. Les décisions rendues par la COM sont en effet sans appel et, bien que le président de la RDC soit habilité à commuer les condamnations à mort, des personnes ont été exécutées au cours des jours, voire des heures, qui ont suivi leur procès. Après le prononcé de sa peine, Nanasi Kisala a été transféré de Mbandaka à la capitale, Kinshasa. Il est incarcéré à la prison centrale, dans un quartier où se trouvent au moins 60 adultes condamnés à mort. Aucune exécution judiciaire n’a été signalée en 2001, mais les tribunaux militaires continuent à prononcer régulièrement la peine capitale au terme de procès injustes. Pourtant, le gouvernement a assuré à maintes reprises - dernièrement en mars et septembre 2001 - qu’il allait instaurer un moratoire sur les exécutions.

REPÈRES

République démocratique du Congo CAPITALE : Kinshasa SUPERFICIE : 2 345 410 km2 POPULATION : 52,5 millions LANGUE OFFICIELLE : français PEINE DE MORT : maintenue

Situation des droits humains en 2001

Les combats entre les principaux protagonistes du conflit armé ont connu une forte réduction bien que des heurts aient opposé de manière sporadique des factions faisant partie de groupes politiques armés. Des assassinats de civils non armés ont été signalés, mais en nombre moins important qu’au cours des années précédentes. Quelque deux millions de personnes étaient toujours déplacées à l’intérieur du pays et des milliers d’autres ont fui vers les pays voisins. Le recours à la torture et aux mauvais traitements est demeuré une pratique courante. Aucune exécution n’a été signalée, mais au moins 13 condamnations à mort ont été prononcées et plus de 70 personnes se trouvaient dans le couloir de la mort.

Histoire

De dictature en désastre économique, la République démocratique du Congo, ex-Zaïre, vit une véritable descente aux enfers depuis 40 ans. Les affrontements se succèdent, tandis qu’alliances politiques et influences internationales se font et se défont autour d’un enjeu central : le contrôle des régions de l’est du pays et de ses richesses minières. Depuis quatre ans, le Congo est ravagé par « la première guerre mondiale africaine » qui a entraîné six autres pays africains et fait plus de 2,5 millions de morts, au cours des combats, des famines ou des maladies. La communauté internationale s’est montrée souvent impuissante, recherchant au mieux, comme la Belgique, à susciter le dialogue, mais fermant souvant les yeux sur les massacres commis par toutes les forces en présence. Voici un bref récapitulatif de cette tragédie qui n’est toujours pas achevée.

Août-septembre1996 : des combats éclatent dans le Kivu entre l’armée zaïroise et des Banyamulenge, Congolais tutsis de souche rwandaise, appuyés par l’armée de Kigali. En octobre : naissance de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), dirigée par Laurent-Désiré Kabila et parrainée par l’Ouganda et le Rwanda. Novembre : les rebelles prennent Goma et Bukavu, jetant sur les routes des centaines de milliers de réfugiés hutu rwandais. En mai 1997, les rebelles de l’AFDL entrent dans la capitale. Le Zaïre est rebaptisé République démocratique du Congo (RDC). Les activités des partis politiques sont suspendues. Laurent-Désiré Kabila s’attribue pratiquement tous les pouvoirs. Septembre : plus de 2 000 personnes ont été tuées depuis juillet dans le Kivu lors d’affrontements entre militaires et milices Maï-Maï. En août 1998, l’Ouganda et le Rwanda changent de stratégie pour soutenir un mouvement de rébellion banyamulenge dans le Kivu. Le conflit se transforme aussitôt en une guerre régionale, mettant aux prises deux coalitions : d’un côté les factions rebelles rivales soutenues par le Rwanda et l’Ouganda, qui se disputent le contrôle de deux tiers du pays, de l’autre les forces gouvernementales de Kinshasa, appuyées par l’Angola et le Zimbabwe. Au Kivu, dans l’Est du Congo, la rébellion s’organise en un nouveau mouvement, le RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie), soutenu par le Rwanda. Un accord de cessez-le feu est signé en juillet 1999 à Lusaka par Kinshasa et ses alliés, Zimbabwe, Angola et Namibie, ainsi que par l’Ouganda et le Rwanda qui appuient la rébellion. L’accord est ratifié en août par les trois mouvements rebelles. Il n’est jamais entré en vigueur. Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, soutenu par l’Ouganda, prend le contrôle de Gbadolite. Il fait de l’ancien fief de Mobutu la « capitale » des territoires qu’il contrôle. Les rebelles du RCD, désormais divisés en deux mouvements, s’affrontent à Kisangani, au cœur d’une région riche en diamants. L’un des mouvements est soutenu par le Rwanda, l’autre par l’Ouganda. Depuis le début du conflit, le pillage des richesses minières est organisé par les troupes des impliqués, alliés ou ennemis de Kabila. Le commerce des diamants, de l’or, de l’uranium alimente l’effort de guerre de ces Etats et enrichit une poignée de hauts dirigeants politiques et militaires. En février 2000, l’ONU approuve l’envoi de 5 500 hommes (500 observateurs et 5 000 Casques bleus) pour veiller au respect d’un cessez-le-feu. En juin, le Conseil de sécurité approuve une résolution ordonnant le retrait de toutes les forces étrangères, mais sans fixer de date limite à ces départs. Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila est assassiné par l’un de ses gardes du corps. Sa mort n’est confirmée officiellement que deux jours plus tard. le lendemain, la direction du gouvernement et le haut-commandement militaire sont confiés au général-major Joseph Kabila, fils du chef de l’Etat, âgé de 31 ans. En février 2001, le processus de paix est relancé lors d’un sommet à Lusaka (Zambie) avec l’annonce d’un calendrier du déploiement des observateurs de l’ONU en RDC à partir du 26 février. Le 15 mars 2001, les belligérants entament un retrait de 15 km de part et d’autre de la ligne de front, aux termes d’un accord signé fin 2000. Fin mars 2001, la Mission d’observation des Nations unies (MONUC) déploie un premier contingent dans l’est, en territoire rebelle, puis le 4 avril, en zone gouvernementale. En avril, l’ONU appelle à l’instauration de sanctions contre les rebelles et les pays étrangers qui les soutiennent, afin d’arrêter le pillage des ressources naturelles locales. Le 8 mai, l’Ouganda annonce le retrait de la plupart des positions de son armée dans le nord et le nord-est. En septembre, la Namibie retire ses 2000 soldats. De nouvelles discussions intercongolaises ont lieu en octobre 2001 à Addis Abeba, en vue de la réconciliation nationale. Hélas, encre une fois, ce dialogue n’aboutit pas faute d’accord sur le nombre de représentants. En janvier 2002, l’éruption du volcan Nyiragongo (Nord-est) détruit entre 15% et 35% des maisons de Goma, et laisse 70.000 personnes sans-abri.Le monde se réintéresse à la région.Le 30 juillet 2002, après bien des efforts, le président Kabila et son homologue rwandais, Paul Kagame, signent des accords qui prévoient le retrait de quelques 20 000 troupes rwandaises en échange d’un désarmement et d’un regroupement en RDC des combattants hutus rwandais, les responsables du génocide de 1994 toujours présents sur le territoire congolais. Au mois d’août et de septembre 2002, la violence ethnique se déchaîne dans la province de l’Ituri, dans le Nord-Est, où s’affrontent les Hemas (considérés comme les alliés des Ougandais) et les Lendus (qui sont accusés d’utiliser les mêmes méthodes que les génocidaires rwandais). Ce conflit s’explique encore une fois par la lutte pour le contrôle des mines d’or de Kilo-Moto. En septembre 2002, la paix se fait plus proche, avec l’annonce par le président rwandais Kagame et par les autorités du Zimbabwe du prochain retrait de leurs troupes du Congo.

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