
MAROC : Un jeune de 16 ans torturé par la police
Hamid Muntasir, qui avait seize ans à l’époque des faits, a été accusé d’avoir tué un camarade, ce qu’il a toujours nié. Durant sa détention au secret qui dura 3 jours, des policiers lui ont bandé les yeux et l’ont frappé à plusieurs reprises sur la plante des pieds et l’ont menacé de lui infliger des décharges électriques. Les pieds de Hamid étaient couverts de contusions et si enflés, après son pénible séjour en garde à vue, qu’il avait des difficultés à marcher. « Ils m’ont fait asseoir par terre. Ils m’ont enlevé mes sandales, m’ont soulevé les jambes et m’ont frappé sur la plante des pieds. Plus tard, j’ai vu qu’ils avaient utilisé un tuyau de caoutchouc noir pour me battre. Ils m’ont dit qu’il fallait que j’avoue avoir poussé mon ami du haut du bâtiment. Ils m’ont frappé à plusieurs reprises. Ils ont également menacé de m’administrer des décharges électriques. »
REPÈRES
Maroc Superficie : 446 550 km2 Population : 25,06 million d’habitants Groupes ethniques : Arabes-berbères 99,1%, Juifs 0,2%, autres 0,7% Capitale : Rabat Langues : arabe (off.), berbère, français Régime politique : monarchie constitutionnelle
Situation des droits humains en 2001
Le processus d’indemnisation des victimes et ayants droit dans le dossier des « disparus » et des personnes ayant fait l’objet de détention arbitraire s’est poursuivi. Toutefois, les autorités n’ont toujours pas fourni d’éclaircissement sur le sort de plusieurs centaines de personnes, des Sahraouis pour la plupart, « disparues » entre les années 60 et le début des années 90. Cinquante-six prisonniers politiques, dont certains prisonniers d’opinion, ont recouvré la liberté dans le cadre d’une grâce royale. Toutefois, plus de 30 autres personnes condamnées au cours des années précédentes à l’issue de procès inéquitables étaient toujours en détention. Des dizaines de défenseurs des droits humains et plus d’une centaine de membres et sympathisants d’une association islamiste interdite ont été condamnés à des peines d’emprisonnement à la suite de manifestations organisées au mois de décembre 2000 ; les défenseurs des droits humains ont été relaxés à l’issue de la procédure d’appel. Le fait que les responsables présumés de violations des droits humains n’étaient toujours pas traduits en justice demeurait un motif de préoccupation majeur.
Histoire
Le maroc est unifié par l’actuelle dynastie des Alaouites au XVIIe siècle. Au XIXe siècle une crise économique fait règner le désordre. Dès 1844 les Français interviennent au Maroc, suivis des Espagnols, des Allemands. En 1912 le pays devient un protectorat français, qui est remplacé en 1934 par une administration directe sous un résident général. En 1947, le sultan Mohammed V réclame l’indépendence. La France le dépose en 1953 et il est exilé avec sa famille jusqu’en 1956, alors que la France, débordée par la guerre en Algérie, reconnait l’indépendence du Maroc. Il meurt en 1961, et son fils Hassan II prend le pouvoir. Celui continue la modernisation du pays mais renforce également son pouvoir politique. Suite a des complots contre lui en 1971-1972, il rallie le peuple derrière lui en envahissant le Sahara occidental. Une longue guerre contre le Front Polisario se termine par un cesser-le-feu en 1991. La question du Sahara occidental demeure toutefois non résolu. En 1999 le roi Hassan II meurt et est remplacé par son fils, Mohammed VI.
BONNE NOUVELLE
En septembre 1999, le Roi Mohammed VI autorise le retour au Maroc d’Abraham Serfaty (voir photo ci-contre) après huit ans d’exil forcé en France a été accueillie avec une grande satisfaction. Après dix-sept ans sous les verrous en tant que prisonnier d’opinion, cet homme de gauche, l’un des détracteurs les plus en vue du gouvernement, a été expulsé du Maroc en 1991, au motif fallacieux qu’il n’était pas citoyen marocain.





2 Messages de forum