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Iran *

vendredi 13 septembre 2002, par Eva Noack, Laura Lhoir

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IRAN : un étudiant en production de cinéma torturé en prison

Ahmad Batebi, un étudiant de production de film à l’Université de Teheran, avait 21 ans lorsqu’il fut arrêté en juillet 1999 lors des heurts entre des étudiants et les forces de sécurité dans le centre de la capitale. De la fin de juin 1999 jusqu’au jour de son arrestation Ahmad Batebi réalisait, avec l’autorisation de son université, un documentaire sur les dangers de la toxicomanie et les problèmes sociaux. Quand il a entendu parler des troubles lors des manifestations d’étudiants, il est allé couvrir l’incident et a été par la suite arrêté par un milicien en civil qui était présent. Depuis lors, Ahmad Batebi a été placé dans la prison et a été condamné à mort après un procès secret par la Cour Révolutionnaire ; sa peine a été commuée à 15 années de prison par le Leader de la République islamique d’Iran.

En mars 2000, il a écrit une lettre ouverte de la prison au Chef du Pouvoir judiciaire. Il y déclare notamment qu’un rapport officiel montre qu’il était condamné à des peines de flagellation. Dans sa lettre ouverte, Ahmad Batebi décrit ensuite son traitement lors de sa détention : il affirme qu’on lui avait bandé les yeux et qu’on l’avait ligoté avant de le frapper pour le contraindre à faire des aveux. Il aurait écrit qu’on lui avait maintenu la tête plongée dans une fosse remplie d’excréments et qu’il avait été contraint d’inhaler par la bouche et le nez.

Ils l’ont battu tellement fort avec leurs lourdes chaussures qu’il perdit connaissance. Lorsqu’il retrouva ses esprits, ils recommencèrent à le battre, lui ordonnant de signer des « aveux ». Lorsqu’il refusa, ils l’emmenèrent dans une autre pièce, lui bandèrent les yeux et lui attachèrent ses mains aux barreaux de la fenêtre.

Pendant son interrogatoire, ses bourreaux l’ont plusieurs fois menacé de l’exécuter. On lui a aussi dit que les membres de sa famille seraient violés et torturés, et qu’ils seraient emprisonnés pendant de longues années. Les enquêteurs lui ont finalement arraché des « aveux », qu’il signa par peur des menaces qui pesaient sur lui et sa famille. Amnesty n’a été informé d’aucune enquête sur ces tortures.

Vous pouvez trouver des infos supplémentaires sur ce site

http://web.amnesty.org/web/content....

INFORMATIONS GÉNÉRALES

En juillet 1999, les étudiants qui manifestaient pacifiquement pour protester contre les nouvelles lois restreignant la liberté de la presse et l’interdiction du quotidien Salam (La Paix) ont été attaqués par des membres armés de la milice étudiante Ansar-e Hezbollah (les Partisans du Parti de Dieu), rejoints plus tard par des membres des forces de sécurité. Ces heurts se sont soldés par la mort d’un étudiant, sinon plus.

Iran : la situation des femmes

Bien que les violences et les abus entre conjoints soient souvent dénoncés, les statistiques à ce sujet ne sont pas disponibles de façon publique, ce qui rend difficile l’évaluation de l’étendue des violences domestiques dans ce pays. Le manque d’informations disponibles est aggravé par les autorités iraniennes qui sont réticentes à donner aux ONG de défense des droits humains un accès au pays. Cependant, il est clair que de sérieuses violations existaient dans ce pays avant l’établissement de la République Islamique d’Iran en 1979. Ces mêmes violations, spécialement en rapport avec les femmes, sont approuvées aujourd’hui par les lois discriminatoires iraniennes. Le système judiciaire en Iran est désigné pour se conformer autant que possible au Droit Canon Islamique basé sur la Coran , la Sunna et d’autres courants islamiques. L’art 157 de la Constitution prévoit que le pouvoir judiciaire sera détenu par un religieux choisi par le chef suprême. Il n’y a pas de système de jury dans les cours civiles et criminelles, les juges sont choisis pour leur idéologie et leur accord avec le système et leur capacité de tenir tête aux normes internationales en matière de justice. Malgré les garanties constitutionnelles contre la discrimination entre les sexes, les violences domestiques et les violations des droits des femmes sont nombreuses en Iran. La particularité de la situation des femmes en Iran est qu’en pratique, leur protection n’est pas garantie par l’État. Les violences domestiques incluant le viol marital sont traditionnellement tolérées comme un droit du mari ; les femmes mariées sont subordonnées aux désirs de leurs maris.

REPÈRES

République islamique d’Iran Capitale : Téhéran Superficie : 1 648 000 km Population : 71,4 millions Langue officielle : persan Peine de mort : maintenue

Situation des droits humains en 2001

De très nombreuses personnes ont été incarcérées pour des raisons politiques ; parmi elles figuraient des prisonniers d’opinion. D’autres étaient maintenues en détention prolongée sans avoir été jugées ou à l’issue de procès inéquitables. Certains détenus ont été privés de tout contact avec un avocat et avec leur famille. Le pouvoir judiciaire a continué à réprimer avec rigueur la liberté d’expression et d’association, ce qui s’est traduit par l’arrestation de très nombreux étudiants, journalistes et intellectuels. Au moins 139 personnes, dont un mineur, ont été exécutées et 285 autres ont été flagellées, dans la plupart des cas en public.

Histoire

En 1979, une révolution menée au nom des déshérités éclata à Téhéran. Les chefs religieux prirent le pouvoir. Le monde découvrit, étonné, la force subversive de l’islam utilisé comme idéologie politique. Les pays musulmans conservateurs allaient dès lors être hantés par le risque de contagion. La consolidation du régime se fit par la terreur et l’élimination des opposants. Les islamistes iraniens cherchèrent à étendre la révolution n’hésitant pas à recourir au terrorisme international. En 1989, le nouvel homme fort du régime, Hashemi Rafsandjani, soucieux de relancer l’économie et de moderniser le pays, a recherché des accommodements avec les Occidentaux. Dans le conflit qui a suivi l’invasion du Koweït par l’Irak, l’Iran est resté prudemment neutre. Il a ainsi profité de la défaite de son grand ennemi et rival. L’Iran dispose d’une grande richesse pétrolière et d’une population nombreuse. Il peut ambitionner de développer ses liens avec les républiques musulmanes de l’ex-URSS : l’Azerbaïdjan est chiite comme lui et l’on parle iranien (le persan) au Tadjikistan. L’Iran compte deux fortes minorités non persanes, azerie et kurde.

image 128 x 85 Un avocat condamné à une peine de flagellation

Nasser Zarafshan a été condamné à 70 coups de fouet ainsi qu’à une peine de 5 ans de prison. Avocat de premier plan, il a été poursuivi en justice « pour avoir divulgué des informations confidentielles ». Il prenait la défense des enfants de militants politiques tués en 1988 dans l’affaire des « meurtres en série ».

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