Actualité récente
L’après-guerre : la reconstruction est difficile. Il ne se passe pratiquement pas un jour sans violences opposant les puissances occupantes (USA et Royaume Uni principalement) et des Irakiens. Certains de ceux-ci sont restés fidèles à Saddam Hussein, tandis que d’autres rejoignent des groupes religieux chiites qui prônent la « résistance armée » face à « l’occupant ». Malgré la mise en place d’un « Conseil de gouvernement » représentatif des différents groupes ethniques et religieux de l’Irak, la majorité de la population reproche aux Américains le manque de sécurité et leur volonté de continuer à contrôler politiquement et économiquement l’Irak.
Fin août, un attentat est comis contre les bâtiments de l’ONU à Bagdad.
Sergio Viera de Mello, Haut Comissaire de l’ONU aux droit de l’homme, est tué lors de cet attentat qui a fait 24 morts.
Saddam Hussein n’a toujours pas été retrouvé. Ses deux fils ont été tués lors d’une intervention armée américaine.
Sur le plan des droits humains, le changement de régime a vu quelques progrès :
la peine de mort a été abolie (curieux de la part des USA qui continuent pourtant à l’appliquer chez eux), tandis que le tribunal révolutionnaire spécial et le tribunal de sécurité nationale, tous deux connus pour leurs procès honteusement iniques, ont été supprimés. Mais cela ne suffit pas à gommer l’insécurité, et l’apparition de clans mafieux qui pratiquent le racket et les menaces contre les civils.
IRAK : deux hommes risquent d’être exécutés après des aveux télévisés
Juillet 2002
Selon des articles de presse, Hamza Qassim Sabbat (h), aussi connu sous le nom d’Abu Haitham, et Ibrahim Abd al Jasim Mohammad , aussi connu sous le nom d’Abu Ayub, ont fait une apparition à la télévision nationale irakienne au cours de laquelle ils ont avoué leur implication dans des « actes terroristes » commis sur le territoire irakien pour le compte d’un pays étranger.
Amnesty International craint que leurs « aveux » n’aient été arrachés sous la torture et que ces déclarations télévisées n’aient une influence sur l’équité de leur procès. Les deux hommes risquent d’être condamnés à mort et exécutés. Selon les informations recueillies, Hamza Qassim Sabbat et Ibrahim Abd al Jasim Mohammad auraient déclaré dans leurs « aveux » qu’ils étaient membres de groupes entraînés en Iran et envoyés en Irak afin de tuer des responsables irakiens ainsi que des membres des forces de sécurité et de l’armée de ce pays, mais aussi de perpétrer des attentats à la bombe dans la capitale, Bagdad. Les deux hommes auraient également avoué être impliqués dans des tirs de missiles dirigés contre les bâtiments du gouvernement à Bagdad en 2000 et en 2001, ainsi que dans un « plan destiné à déstabiliser le pays » après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington. Les aveux télévisés sont contraires aux principes fondamentaux du droit international, y compris aux dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui engage l’Irak en tant qu’État partie et dont l’article 14-2 dispose : « Toute personne accusée d’une infraction pénale est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie. »
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les autorités irakiennes ont déjà eu recours aux aveux télévisés d’individus ou de groupes d’individus, que ce soit pour contraindre ces derniers à « avouer » leur participation à des activités d’espionnage pour un pays étranger, à des « actes terroristes » ou dans l’assassinat de personnes éminentes, ou pour leur faire dénoncer des proches ayant fui le pays et rejoint des groupes d’opposition à l’étranger. Le 17 mars 1999, Shaikh Abd al Hassan Abbas al Kufi, Shaikh Ali Kadhim Hajman, Ahmad Mustafa Hassan al Ardbili et Haidar Ali Hussain sont passés à la télévision et ont « avoué » qu’ils avaient tué, en février 1999, l’ayatollah Mohammad Sadeq al Sadr, un religieux chiite bien connu, ainsi que deux de ses fils. En avril 1999, les autorités irakiennes ont annoncé que les quatre hommes avaient été exécutés.
REPÈRES
République d’Irak CAPITALE : Bagdad SUPERFICIE : 438 317 km2 POPULATION : 23,6 millions LANGUE OFFICIELLE : arabe PEINE DE MORT : maintenue
Situation des droits humains en 2001
De très nombreuses personnes ont été exécutées, parmi lesquelles des prisonniers d’opinion présumés ainsi que des officiers de l’armée soupçonnés d’avoir comploté pour renverser le gouvernement. De nombreux opposants présumés, dont certains étaient soupçonnés d’entretenir des liens avec des groupes d’opposition basés à l’étranger, ont été arrêtés. On ignorait tout du sort réservé à la plupart des prisonniers, y compris ceux arrêtés au cours des années précédentes, ou de l’endroit où ils pouvaient se trouver. Plusieurs personnes ont été condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement à l’issue de procès inéquitables qui se sont déroulés devant des tribunaux d’exception. Les prisonniers politiques étaient systématiquement torturés et maltraités. Les deux partis politiques kurdes qui contrôlaient le Kurdistan irakien détenaient des prisonniers d’opinion. Des groupes armés se seraient livrés à des enlèvements et à des assassinats.
Histoire
Saddam Hussein, chef de l’État à partir de 1979, a voulu faire de ce pays pétrolier une grande puissance politique et économique. Pour cela, il a mis en place un pouvoir centralisé et fort et a acquis, avec la complicité des pays occidentaux et de l’URSS, un arsenal militaire considérable, essayant même de se doter de la bombe atomique. Son régime, autoritaire et policier, s’est réclamé du Baas, une idéologie nationaliste arabe qui influence également la Syrie voisine , pourtant considérée comme une dangereuse rivale. Après la « première guerre du Golfe » (1980-1988) contre l’lran, qui avait provoqué une véritable hécatombe, l’Irak, se retrouva avec une énorme dette militaire. En 1990 il envahit le riche Koweït voisin. La réaction internationale fut considérable : les États-Unis rassemblèrent une coalition de 32 pays et le Koweït fut rapidement libéré. Après cette « seconde guerre du Golfe », l’Irak, ravagé par les bombardements, était à reconstruire. Mais Saddam Hussein, malgré cette cuisante défaite et le soulèvement des Kurdes (au nord) et des musulmans chiites (au sud) est parvenu à se maintenir au pouvoir, au prix d’une sanglante répression. À l’origine des deux guerres du Golfe, l’Irak est depuis plus de dix ans exclu de la communauté internationale. Les États-Unis persistent à maintenir l’embargo qui le prive de ressources, afin de déstabiliser son dirigeant, Saddam Hussein.




