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Grèce *

vendredi 13 septembre 2002, par Eva Noack, Laura Lhoir

GRÈCE : Des jeunes Tziganes (Roms) maltraités par la police

image 198 x 299 Lazaros Bekos, 17 ans et Lefteris Koutropoulos, 18 ans.

Ces deux jeunes Rom ont été battus par un policier après avoir été pris en flagrant délit de tentative de vol. Le policier n’a pas été puni lors du procès qui s’est déroulé en octobre 2001, alors qu’il avait déjà été condamné à une amende pour ne pas avoir empêché un autre policier de maltraiter les deux adolescents.

Témoignage de Lazaros Bekos : « Des policiers en civil sont arrivés et ils m’ont frappé à la nuque avec leur arme à feu. L’un d’entre eux m’a plaqué au sol et m’a piétiné. (...) Il a pris une barre de fer et l’a appuyée sur ma gorge en disant qu’il allait m’étouffer si je ne disais pas la vérité. Il m’a dit : Si tu ne baisses pas ton pantalon, tu vas mourir. Il a tiré sur le bouton et l’a défait. Je l’ai refermé et ils m’ont battu... »

Georgios Panayiotopoulos a été arrêté dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2001 avec son père et trois autres personnes, tous des Tziganes.

Les policiers ont arrêté leur voiture à des feux de signalisation dans le centre de Zacharo, près de Pyrgos. Dans la voiture, les policiers ont trouvé un revolver et deux fusils de chasse, dont l’un seulement possédait une licence. Les cinq Tziganes ont été emmenés au poste de police où ils ont expliqué que les armes étaient des trophées de famille et qu’ils étaient en route pour célébrer des fiançailles. Selon une déclaration de Georgios Panayiotopoulos, une autre fouille a été effectuée au poste de police et on le trouva en possession d’un revolver. « … Alors, l’un des policiers me montra son arme de service… Il tint la gâchette contre ma tempe, disant : tu veux que je te montre comment une arme tue ? ». On lui ordonna alors de retirer ses chaussettes. « Lorsque je me penchai pour exécuter son ordre, le policier me frappa avec la crosse de son arme dans les lombes, me causant une grande douleur. Alors le policier me dit de baisser mon pantalon… et d’enlever mon caleçon pour qu’il puisse voir si j’avais caché quelque chose ». Le policier l’aurait frappé, menacé d’une agression sexuelle et essayé de lui donner des coups de pied dans les parties génitales jusqu’à ce qu’un autre policier intervienne. Les cinq Tziganes furent mis dans une cellule sans nourriture, sans eau et sans toilettes. À six heures du matin, leurs déclarations furent écoutées. Ils furent ensuite transférés au poste de police de Pyrgos ; plus tard, le même jour, ils furent présentés devant un tribunal et relâchés, avec une sommation à comparaître devant la cour le jour suivant.

REPÈRES

Capitale : Athènes Population : 10,05 millions Superficie : 131 957 km2 Langue : grec moderne Peine de mort : abolie, sauf cas exceptionnels

Situation des droits humains en 2001

De nombreuses informations ont fait état de mauvais traitements infligés par des policiers à des personnes détenues. Dans deux affaires distinctes, des policiers ont tué par balles un Rom et un ressortissant albanais. Amnesty International demeure vivement préoccupée par l’impunité dont ont bénéficié des policiers responsables de mauvais traitements et d’autres violations des droits humains. Au cours du premier semestre, des migrants clandestins et des personnes en quête d’asile sous le coup d’arrêtés d’expulsion ont été retenus pendant des mois sans que leur cas soit examiné par une autorité judiciaire. En juin, une loi fixant à trois mois la durée maximale de la période de rétention est entrée en vigueur, mais certaines personnes ont été retenues au-delà de cette période. Le nombre de migrants clandestins arrivant en Grèce a augmenté, et des sources ont indiqué que certains d’entre eux se voyaient dénier le droit de solliciter l’asile ; les préoccupations au sujet de leurs conditions de détention ont persisté. Des procédures judiciaires ont continué d’être menées contre des personnes n’ayant fait qu’exercer leur droit à la liberté d’expression et de religion. Des objecteurs de conscience ont continué de faire l’objet de procès.

Histoire

Après la dictature des colonels (1967-1974), la Grèce a souhaité adhérer à la CEE en 1981, sous le gouvernement de gauche de Papandréou. Les questions liées aux femmes connaissent un sort meilleur, avec l’abolition du système de dot et la légalisation de l’avortement. 1989 - Rattrapés par les scandales, Papandréou et son gouvernement sont défaits aux élections et remplacés par une coalition improbable entre les conservateurs et les communistes. En 1990, les conservateurs arrivent au pouvoir et s’attaquent aux problèmes économiques en adoptant des mesures d’austérité très impopulaires. 1993 - Lors des élections générales, Papandréou revient au pouvoir. 1996 - Kostas Simitis est nommé Premier ministre. Il est réélu en avril 2000. Il s’efforce de construire de meilleures relations avec la Turquie et d’assurer à la Grèce sa place dans l’Union économique et monétaire européenne. En 2001, le Conseil européen accorde à la Grèce son entrée dans la zone euro en janvier. Le rapprochement avec la Turquie incite la Grèce à reporter l’achat de matériel militaire et à investir plus de fonds dans la préparation des jeux Olympiques de 2004, l’équipement du territoire et la politique sociale.

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