Actualité récente
les suites de la guerre en Irak :
Les USA n’ont toujours pas pu trouver des preuves de la présence d’armes de destruction massive qui justifieraient leur décision de faire la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein. Vu la situation très difficile et le nombre de soldats américains et britanniques tués depuis la « fin de la guerre », beaucoup de voix dénoncent le manque de préparation de l’après-guerre par l’Administration Bush. Les USA ont des difficultés à persuader d’autres pays d’envoyer des soldats en Irak pour soulager les efforts de leur armée, de plus en plus démotivée.
la guerre contre le terrorisme :
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, plus de 3000 membres présumés d’Al-Qaïda sont détenus sans aucune forme de procès dans plus de 100 pays différents, selon le Directeur de la CIA. L’organisation est très fortement préoccupée par un article du Washington Post du 26/12/2002 qui affirme que les membres présumés d’Al-Quaïda, maintenus au secret en Afghanistan ou ailleurs, auraient subi des mauvais traitements durant leur interrogatoire et leur détention. Le W.Post base ses dires sur diverses interviews qu’il aurait effectuées d’officiers américains.
Six ressortissants étrangers détenus par les autorités américaines risquent d’être jugés de manière inéquitable par des commissions militaires. Si les procès ont lieu, ces six personnes seront les premières à être jugées en vertu du Décret militaire signé en 2001, qui permet par ailleurs le maintien en détention, sans inculpation ni jugement et pour une durée indéterminée, de ressortissants étrangers accusés d’être impliqués dans le « terrorisme international ». Amnesty International a demandé à de nombreuses reprises que ce Décret soit annulé et que le gouvernement américain retire la menace de procès devant des commissions militaires.
La base de Guantanamo à Cuba
Plus de 600 détenus originaires de 42 pays sont actuellement incarcérés dans la base militaire américaine de Guantánamo Bay, à Cuba. La plupart ont été capturés pendant le conflit armé en Afghanistan et sont détenus depuis plus de huit mois. Par ailleurs, au moins six d’entre eux - dont quatre Algériens de Bosnie et peut-être beaucoup d’autres - ont été arrêtés en dehors de l’Afghanistan. Quatre détenus ont été libérés le 26 octobre. Certains des détenus sont même mineurs.
Selon certaines informations, beaucoup des hommes détenus à Guantánamo Bay sont de simples fantassins qui combattaient ou avaient été enrôlés dans les forces talibanes pendant le conflit armé en Afghanistan. Des éléments indiquent également que certains auraient été arrêtés simplement parce qu’ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.
Trente nouveaux détenus ont été transférés à Guantánamo Bay le 28 octobre 2002, portant à environ 625 la population du centre de détention, selon des responsables américains. Amnesty s’inquiète de leurs conditions de détention et craint qu’ils n’aient subi des tortures durant leur interrogatoire. Amnesty International a demandé à plusieurs reprises au gouvernement des États-Unis l’autorisation de se rendre dans ce centre de détention, mais elle n’a reçu aucune réponse à ce jour.
Toronto Patterson, un des nombreux jeunes exécutés aux USA
Les USA détiennent le triste record mondial d’exécutions de mineurs au moment du crime.
Toronto Patterson a été exécuté en août 2002 au Texas pour un meurtre commis alors qu’il était âgé de 17 ans. Il n’existe pratiquement aucun autre pays au monde où il aurait été condamné à cette peine. Compte tenu de l’immaturité des jeunes et de leur potentiel de réinsertion, la justice internationale interdit de recourir à la peine de mort contre les mineurs délinquants, autrement dit les personnes qui avaient moins de 18 ans au moment des faits reprochés.
ETATS-UNIS : un défenseur des droits des amérindiens en prison suite à un procès bâclé
Leonard Peltier, un amérindien, est en prison depuis 25 ans. Il a été condamné à deux emprisonnements à vie pour les meurtres de deux agents du FBI, Ronald Williams et Jack Coler, qui ont eu lieu lors d’un combat armé dans la Réserve Indienne de Pine Ridge (Dakota du Sud) en 1975. Il était alors un leader du groupement d’activistes amérindien, le Mouvement des Indiens d’Amérique (AIM). Amnesty ne prend pas position sur la culpabilité de Leonard Peltier mais de nombreux faits mettent en doute l’équité du procès dont il a bénéficié et demande sa grâce.
Il existe par exemple des faits montrant que le FBI a utilisé en toute connaissance de cause de faux témoignages pour obtenir l’extradition de L. Peltier du Canada vers les USA. Le FBI a par la suite indiqué qu’il savait que les témoignages sous serment de Myrtle Poor Bear, reconnue comme témoin occulaire du meurtre étaient faux. Myrtle Poor Bear a publiquement indiqué en 2000 que sa déclaration disant qu’elle avait vu L. Peltier tuer les 2 agents était fausse et était la conséquence de plusieurs mois de menaces et de harcèlement de la part du FBI à son encontre. Malheureusement, le juge en charge du procès de L. Peltier a refusé que Myrtle Poor Bear soit appelée à témoigner par la défense de L. Peltier.
De plus, des preuves qui auraient pu aider la défense de L. Peltier ont été retirées par l’accusation lors du jugement. Il s’agit notamment un télex d’un expert balistique du FBI de 1975 qui faisait état que l’arme supposée être celle de L. Peltier avait une empreinte de tir différente de celle utilisée pour tuer les agents. La controverse autour de l’expertise balistique est encore plus dérangeante puisque l’accusation a maintenant admis qu’ils ne savaient pas qui avait tiré sur les agents. Ceci est contraire à ce qui a été présenté lors du procès et qui prouvait alors que Peltier était le tireur responsable.
Enfin, le juge Gerald Heaney, juge fédéral qui a présidé à une audience sur le cas Peltier en 1986 a exprimé ses préoccupations en 1991 dans une lettre adressée au Sénateur Daniel Inouye, président du Comité du Sénat sur les Affaires Indiennes. Le juge Heaney disait alors que « le FBI avait utilisé des tactiques impropres pour extrader L. Peltier ainsi que dans l’enquête et le jugement de ce cas ».
Une demande de libération concernant L. Peltier a de nouveau été refusée au cours d’une session de la Commission en charge des libérations, qui s’est tenue le 9 juillet. Une prochaine audience est prévue en 2004. Les avocats de L. Peltier consultent en ce moment les milliers de pages de documents du FBI consacrés à son cas qui ont été rendus publics en juin.
REPÈRES
Etats-Unis Capitale : Washington Population : 285,9 millions Superficie : 9 809 378 km Langue : américain, et de nombreuses langues secondaires, principalement l’espagnol Peine de mort : maintenue
Situation des droits humains en 2001
Le recours à la peine de mort était toujours aussi fréquent. Des témoignages ont fait état de brutalités policières, de l’utilisation injustifiée par des policiers de leurs armes à feu et de mauvais traitements infligés aux détenus dans les établissements pénitentiaires. Des voix se sont élevées, notamment parmi les défenseurs des droits humains, pour dénoncer le manque d’informations publiques concernant les circonstances dans lesquelles plus de 1 200 personnes, des ressortissants étrangers pour la plupart, ont été détenues au cours des enquêtes ouvertes après les attentats du 11 septembre contre le Pentagone et le World Trade Center. Certaines de ces personnes ont, dans un premier temps, été placées au secret. Le Congrès a approuvé un certain nombre de lois « anti-terroristes » au champ d’application très large et qui, sous certains aspects, constituaient un motif de préoccupation pour Amnesty International et d’autres groupes de défense des droits humains. En novembre, le président Bush a pris un décret portant création de commissions militaires spéciales, habilitées à juger tout ressortissant étranger soupçonné d’entretenir des liens avec le « terrorisme international » ; ces commissions ne seraient pas conformes aux normes internationales relatives à l’équité des procès. Amnesty International a demandé que des enquêtes soient ouvertes sur plusieurs épisodes lors desquels des civils ont été tués par les forces américaines et leurs alliés au cours de l’intervention militaire en Afghanistan, ainsi que sur la mort de centaines de prisonniers tués dans la forteresse de Qala-e-Janghi à la suite d’un soulèvement.
Histoire
Depuis 1991, les Etats-Unis se retrouvent l’unique superpuissance au monde après l’effondrement du bloc soviétique. Aujourd’hui, c’est le plus puissant des pays de la planète et la plus ancienne des démocraties moderne. Les Etats-Unis se targuent d’être la plus grande « success story » du monde moderne, une nation créée par des personnes ayant peu de choses en commun, si ce n’est le désir de trouver leur propre voie vers le bonheur ou la fortune. Les nobles idéaux de la Constitution et de la déclaration d’Indépendance ont imposé comme valeur sacrée la liberté individuelle.
Les esprits critiques ont beau, à juste titre, invoquer la longue liste des méfaits du pays, en particulier la destruction des cultures indigènes, le racisme, l’impérialisme et les opérations suspectes de la CIA, les Etats-Unis restent toujours un objet d’adoration pour une bonne partie de la planète. Mais l’arrogance de ce pays dans ses relations avec le reste du monde, que cela soit dans les affaires commerciales, environnementales ou de justice internationale, réveille un sentiment anti-américain déjà fort perceptible dans les pays arabes, en raison du soutien indéfectible des USA à Israël. En 1992, la guerre du Golfe donne l’occasion à George Bush de se placer à la tête d’une coalition représentant un prétendu « nouvel ordre mondial » pour combattre l’Irak. En 1996, Bill Clinton est réélu à la présidence. Les préoccupations intérieures éclipsent quelque peu les affaires internationales durant les deux mandats du président. Mais les années Clinton sont aussi marquées par la signature de l’accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada (1993), l’intervention en Haïti (1994), et l’envoi de troupes en Bosnie dans des opérations de maintien de la paix (1995). En 2000, le républicain George W. Bush est élu à la présidence à quelques centaines de voix près, après un mois d’imbroglio politico-juridique. En 2001, soutenu par les milieux d’affaires et la droite chrétienne, le nouveau président fait voter par le Congrès une baisse d’impôt, encourage l’exploration pétrolière (notamment dans la zone protégée de l’Alaska), renonce à ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et augmente le budget militaire en vue de la création d’un « bouclier antimissile ». La croissance économique semble également marquer le pas. Le 11 septembre, les attaques terroristes contre le World Trade Center de New York et le Pentagone à Washington frappent de plein fouet la puissance américaine. En riposte contre le réseau terroriste d’Oussama Ben Laden, l’US Army bombarde l’Afghanistan. Un an après le 11 septembre, la perspective d’une guerre contre l’Irak et la mise sur pied d’une nouvelle coalition contre le terrorisme inquiètent les défenseurs des droits humains, qui craignent un recul des droits fondamentaux au nom de la guerre anti-terroriste.




