CORÉE DU SUD : Un dirigeant de syndicat en prison
Dan Byung-ho, président de la Confédération des syndicats coréens (KCTU), a été condamné en mars 2002 à deux ans de prison pour « obstruction aux affaires », argument généralement utilisé par le gouvernement sud-coréen contre les travailleurs en grève. Dan Byung-ho a une première fois été incarcéré en novembre 1995 pour avoir soutenu les droits des syndicats, mais il a bénéficié d’une
amnistie présidentielle et a été relâché en 1999 alors qu’il lui restait deux mois de prison à effectuer. En août 2001, il retourna en prison à la suite d’une promesse du gouvernement de diminuer les arrestations des militants du KCTU à condition qu’il termine sa peine jusqu’au 3 octobre. Dan Byung-ho espérait que cela apporterait une solution à des mois d’hostilité entre le KCTU et le gouvernement, à la suite de récentes grèves et manifestations. Cependant, il reste en prison et le gouvernement nie avoir connaissance d’une telle promesse. Le 28 septembre, de nouvelles charges ont été retenues contre lui. L’accusation a demandé qu’il signe « une déclaration de repentir », qu’il regrette officiellement ses activités « illégales » et qu’il s’engage à ne pas participer ni à organiser des grèves. Il a refusé et est maintenant tenu pour responsable de nombreux rassemblements émaillés par des violences. Il est accusé d’avoir incité les syndicalistes à se mettre en grève. Dans les sept dernières années, des centaines de syndicalistes ont été empêchés de mener des négociations collectives et d’autres activités syndicales, y compris des grèves pour protester contre les licenciements de masse.
REPERES :
Corée du Sud Population : 47,1 millions d’habitants Superficie : 99 274 km2 Capitale : Séoul Langue : coréen Peine de mort : maintenue
Situation des droits humains en 2001
En dépit des promesses et des espoirs qu’il avait fait naître, le gouvernement n’a pas radicalement changé la donne dans le domaine des droits humains. Bien que le nombre des arrestations au titre de la Loi relative à la sécurité nationale ait diminué, un certain nombre de personnes, notamment dans les milieux syndicaux, auraient cette année encore été placées en détention de courte durée. Il n’y a pas eu d’exécution. Une Loi nationale relative aux droits humains a été adoptée en mai et une Commission nationale des droits humains, composée de 11 membres, a été mise en place en novembre. Les prisonniers pouvaient plus facilement avoir des contacts avec leurs familles et leurs avocats, recevoir de la correspondance et lire des journaux. De nombreuses prisons restaient néanmoins mal chauffées et mal aérées. Selon certaines informations, les personnes qui faisaient appel de leur condamnation ou qui se plaignaient d’être maltraitées en prison étaient arbitrairement soumises à des châtiments pénibles. Quelque 1 600 objecteurs de conscience, témoins de Jéhovah pour la plupart, purgeaient apparemment des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Un projet de loi antiterroriste a été déposé devant l’Assemblée nationale à la fin de l’année, malgré les critiques de l’opposition et des défenseurs des droits humains.
Histoire
Après la seconde guerre mondiale, la Corée est divisée en deux. Ces deux républiques se font la guerre au début des années ’50. La Corée du sud qui a connu un processus de démocratisation n’ est toujours pas en très bons termes avec sa voisine du nord même si le but avoué depuis les années ’90 est la réunification.




