ARABIE SAOUDITE : Un adolescent de 17 ans risque d’être flagellé !

Août 2002
Amnesty International est préoccupée par les informations selon lesquelles un adolescent nigérian âgé de dix-sept ans risque d’être incessamment flagellé. Il aurait été condamné à une peine de 240 coups de fouet et à six mois d’emprisonnement après avoir été reconnu coupable de bestialité au terme d’un procès sommaire, à Tabuk, dans le nord de l’Arabie saoudite. Sa peine de 240 coups de fouet devrait lui être infligée de manière fractionnée, à raison de six séries de 40 coups séparées par des intervalles de sept jours.
Amnesty International ne dispose pour l’heure d’aucune précision concernant le déroulement du procès de cet adolescent, et ignore quand débutera l’application de la peine de flagellation prononcée à son encontre.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Aux termes du droit saoudien, un certain nombre d’infractions, notamment des infractions à caractère sexuel, sont obligatoirement sanctionnées par des peines de flagellation, qui peuvent également être prononcées de manière discrétionnaire par les juges, en lieu et place ou en sus d’autres châtiments. Les peines infligées vont de plusieurs dizaines à des milliers de coups de fouet.
En janvier 2001, le Comité des droits de l’enfant, l’organe de suivi de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, s’est déclaré « préoccupé par le fait que des personnes ayant commis des infractions alors qu’elles avaient moins de 18 ans peuvent être soumises à divers traitements et peines cruels, inhumains ou dégradants, telles la flagellation, la lapidation ou l’amputation, qui sont systématiquement imposés par les autorités judiciaires ». le Comité a estimé que l’application de ces mesures était « incompatible avec la Convention ». Par ailleurs, en 1997, la Commission des droits de l’homme des Nations unies a rappelé « aux gouvernements que les châtiments corporels [pouvaient] être assimilés à des peines cruelles, inhumaines ou dégradantes, voire à la torture ». Par conséquent, en recourant à la flagellation à titre de châtiment judiciaire, l’Arabie saoudite viole la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, à laquelle cet État est partie.
(photo Dazibao)
REPÈRES
Royaume d’Arabie saoudite Capitale : Riyadh Superficie : 2 200 000 km2 Population : 21 millions Langue officielle : arabe Peine de mort : maintenue
Situation des droits humains en 2001
Comme les années précédentes, des violations graves et systématiques des droits humains ont été signalées. Elles étaient imputables au système de justice pénale, qui fonctionne dans le plus grand secret, ainsi qu’à la politique gouvernementale d’interdiction des partis politiques, des syndicats et des organisations indépendantes de défense des droits humains. Les organisations internationales non gouvernementales de défense des droits humains n’ont pas été autorisées à se rendre dans le pays. Le gouvernement n’a répondu à aucun des sujets de préoccupation évoqués par Amnesty International au cours de l’année. Plusieurs centaines d’adolescents ont été flagellés. Les femmes continuaient d’être victimes d’une forte discrimination. Des personnes soupçonnées d’activités politiques ou religieuses ont été arrêtées, et la situation juridique des personnes incarcérées les années précédentes est restée secrète. De nouvelles informations sont parvenues concernant des actes de torture infligés aux prisonniers au cours des années précédentes. Au moins 79 personnes ont été exécutées. Le camp de Rafha continuait d’héberger plus de 5 000 réfugiés irakiens, pratiquement prisonniers et privés du droit de solliciter l’asile en Arabie saoudite.
Histoire
Pays de tradition bédouine qui a vu naître le prophète Mahomet, l’Arabie saoudite est gardienne de deux des villes saintes de l’islam, Médine et La Mecque. Cette dernière accueille chaque année des millions de pèlerins. L’État porte le nom de la famille qui y règne et gouverne avec une poigne de fer, les Saoud. Ils appliquent un intégrisme islamique intolérant et ultra-traditionnaliste appelé « wahhabisme ». L’Arabie saoudite soutient et finance de nombreux mouvements intégristes à l’étranger. Le destin de cet immense désert couvrant l’essentiel de la péninsule Arabique a été transformé par l’exploitation du pétrole, source de richesses considérables. Le pays détient en effet un quart des réserves mondiales d’or noir.





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