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Angola *

vendredi 13 septembre 2002, par Eva Noack, Laura Lhoir

ANGOLA : Les victimes innocentes de la guerre

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Des enfants enlevés par l’UNITA arrivent à l’aéroport de Luanda après leur libération. © ADPP

En mai 2001, l’UNITA, un groupe d’opposition armé, a attaqué un orphelinat près de la ville de Caxito, à 60 kilomètres de la capitale, Luanda. Ils ont enlevé 60 enfants - neuf filles et 51 garçons - âgés de dix à dix-huit ans, qui ont été contraints à travailler comme porteurs pour les soldats, transportant chaque jour de lourdes charges pendant douze heures. Vingt jours plus tard, après que le monde entier eut condamné le sort réservé à ces enfants, l’UNITA les a remis à une mission catholique à Ambaca, dans la province de Uige, située à environ 250 kilomètres au nord-est de Caxito.

La guerre civile n’a quasiment pas cessé depuis l’indépendance de l’Angola vis-à-vis du Portugal en 1975. Une guerre terrible, qui a fait 500 000 morts, 4 millions de déplacés, et qui laisse un territoire qui compte plus de mines anti-personnel que d’habitants. Comme souvent lors des conflits d’une telle violence, les enfants sont parmi ceux qui souffrent le plus. Au cours des dix dernières années, des dizaines de milliers d’enfants ont perdu la vie dans des bombardements aveugles et de nombreux autres ont été tués ou blessés par les 10 à 20 millions de mines terrestres. Le conflit armé a obligé plusieurs centaines de milliers d’enfants à fuir leur foyer et a fait de nombreux orphelins. En l’espace de deux semaines seulement, au mois de juillet 2001, environ 120 enfants seraient morts de faim dans la province de Malanje. Il s’agissait dans la plupart des cas d’enfants déplacés, originaires d’autres provinces angolaises. Le nombre d’enfants des rues présents à Luanda est estimé à 4000.

Les deux parties au conflit, le gouvernement angolais et l’UNITA, ont commis des atteintes aux droits fondamentaux des enfants. Le gouvernement a enrôlé de force dans l’armée des garçons âgés de dix-huit ans ou moins. En juin, dans la ville de Kuito, des enfants auraient été raflés dans des écoles et dans les rues. Certains avaient seulement quinze ans. Les enfants qui ont résisté ont été battus. L’UNITA a, pour sa part, enlevé des enfants des deux sexes, qu’elle utilisait comme porteurs d’armes et de nourriture. Les garçons les plus âgés ont été contraints à rejoindre les rangs des combattants, tandis que les filles devenaient des esclaves sexuelles. On estime qu’environ 7000 enfants soldats âgés de quinze ans ou moins ont combattu en Angola, pour l’une ou l’autre des parties au conflit. Légende de la photo Des enfants enlevés par l’UNITA arrivent à l’aéroport de Luanda après leur libération. © ADPP (Fil d’AI 11/01)

Un accord de paix fragile

Le 2 août 2002, l’UNITA a démantelé son aile militaire, mettant ainsi fin à la guerre civile qui durait depuis 27 ans. C’est la mort du chef de l’UNITA, Jonas Savimba, qui a permis la fin de la guerre et la signature, en avril 2002, d’un accord de paix entre l’UNITA et le gouvernement. Cet accord prévoit que 5000 des 85 000 combattants de l’UNITA seront intégrés dans l’armée nationale tandis que les autres seront cantonnés dans des camps de démobilisation. Mais les conditions de vie de ces ex-rebelles sont dramatiques, 500 personnes sont déjà mortes de faim dans ces camps où nourriture et soins médicaux sont insuffisants.

REPÈRES

République d’Angola Capitale : Luanda Superficie : 1 246 700 km2 Population : 13,5 millions Langue officielle : portugais Peine de mort : abolie

Situation des droits humains en 2001

La guerre civile s’est poursuivie tout au long de l’année. Les troupes gouvernementales et les forces de l’União Nacional para a Independência Total de Angola (UNITA, Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) ont tué délibérément et sans discrimination des centaines de civils non armés. En outre, les combattants de l’UNITA ont mutilé des civils et enlevé des centaines d’enfants. À Cabinda, des groupes politiques armés ont continué de prendre en otages des Angolais et des ressortissants étrangers. Des milliers de personnes chassées de chez elles vivaient dans des conditions éprouvantes. La police a recouru à la force meurtrière pour disperser des manifestants ; deux personnes sont mortes et au moins neuf autres ont été blessées. Des policiers auraient tué et torturé des suspects de droit commun. Des personnes ont été arrêtées alors qu’elles ne faisaient qu’exercer leur droit à la liberté de réunion et d’expression.

Histoire

Ce pays situé au sud-ouest de l’Afrique a obtenu son indépendance en 1975, après une longue guerre de décolonisation menée contre l’armée portugaise. Il a ensuite été dirigé par le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA, parti unique, marxiste-léniniste), qui a écarté du pouvoir les autres mouvements de guérilla. Une guerre civile de quinze ans a opposé l’armée gouvernementale aux rebelles de l’UNITA (Union pour la libération totale de l’Angola), dirigée par Jonas Savimbi. Cette guérilla a été soutenue par l’Afrique du Sud et les Etats-Unis. Les troupes gouvernementales ont reçu le renfort de soldats cubains venus « défendre la révolution ». Un accord de cessez-le-feu avait été signé en 1991, puis des élections ont été organisées en 1992. L’UNITA a refusé de reconnaître la victoire du MPLA. Le conflit a repris. Sans la guerre, ce pays dévasté pourrait être l’un des plus riches d’Afrique (gisements de pétrole, café, diamants).

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