Honoré Musoko a été arrêté le 3 septembre dans la ville d’Aru, à plus de 200 kilomètres au nord de Bunia, par des soldats appartenant au Rassemblement congolais pour la démocratie - Mouvement de libération (RCD-ML), un groupe politique armé soutenu par l’Ouganda. Honoré Musoko rentrait d’un voyage en Ouganda. Au moment de son arrestation, il était sur le point d’embarquer pour son vol de correspondance reliant Aru à Bunia. Par la suite, il a été transféré au camp militaire Mont Hawa du RCD-ML, dans le territoire d’Aru, où il serait toujours détenu. Honoré Musoko a, semble-t-il, été arrêté sur ordre d’un commandant militaire du RCD-ML d’Aru et de l’administrateur du RCD-ML pour le territoire d’Aru. Il a été accusé d’avoir fait des déclarations hostiles au sujet du RCD-ML et de collaborer avec des opposants à ce groupe armé. Toutefois, le motif réel de son arrestation semble être lié à une interview qu’il a donnée à la radio Voice of America au sujet de la terrible situation que connaît la région d’Ituri, à la fois sur le plan politique et en matière de droits humains. Amnesty International considère Honoré Musoko comme un prisonnier d’opinion.
INFORMATIONS GÉNÉRALES La province de Kibali-Ituri a été créée par l’Ouganda et son armée, les Uganda People’s Defence Forces (UPDF, Forces de défense populaire de l’Ouganda), dont le quartier général se trouve à Bunia. Soutenu par l’Ouganda, le RCD-ML affirme incarner l’autorité politique de facto dans cette région, qui est toujours sous le contrôle de l’armée ougandaise. Cependant, la province de Kibali-Ituri se trouve dans une situation de crise en matière de politique et de sécurité, à cause des activités factieuses du RCD-ML, des déchirements entre les unités des UPDF et de l’attitude ambiguë et changeante du gouvernement ougandais envers le RCD-ML. Le chaos qui en résulte a permis à de nombreux groupes de milices de se développer et a exacerbé les violences entre les Hema, les Lendu et les autres groupes ethniques de la région. Depuis 1999, au moins 50 000 civils sont morts du fait de ces violences, et des centaines de milliers d’autres personnes ont dû être déplacées. Le recours à des actes de torture et à d’autres formes de mauvais traitements lors de la détention, les exécutions illégales ainsi que d’autres graves atteintes aux droits fondamentaux sont monnaie courante. Les défenseurs des droits humains, le personnel des organisations humanitaires et d’autres personnes, soupçonnées d’être en contact avec la communauté internationale, sont régulièrement menacés et ont été victimes de telles
Yoweri K. Museveni
Office of the President
Parliament Building
PO Box 7168 Kampala
Ouganda
Monsieur le Président de la République,
Je me permets de vous écrire pour vous demander de bien vouloir intervenir auprès du Rassemblement congolais pour la Démocratie - Mouvement de libération, en vue d’obtenir la libération immédiate et sans condition d’Honoré Musoko, avocat et défenseur des droits humains.
Je suis en effet très inquiet à propos de sa sécurité. Honoré Musoko a été arrêté ce 3 septembre dans la ville d’Aru par des soldats appartenant au RCD-ML, et il serait détenu au secret. Je vous demande instamment de vous assurer qu’Honoré Musoko n’est pas soumis à des actes de torture ou à d’autres formes de mauvais traitements.
Pouvez vous faire en sorte qu’il puisse entrer en contact sans délai avec les organisations humanitaires et les associations de défense des droits humains, qu’il puisse consulter son avocat et bénéficier de soins médicaux si besoin est ?
En vous remerciant de l’attention que vous porterez à cette lettre, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.
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